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Opinion: Emmanuel Macron, un exemple de féminisme en Afrique

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L’Afrique a suivi avec beaucoup d’intérêt la palpitante élection présidentielle française qui a porté le jeune et brillantissime Emmanuel MACRON à la tête de l’une des cinq premières puissances mondiales. La France, un pays avec lequel notre cher et beau continent, l’Afrique, surtout dans sa large partie francophone entretient des relations séculaires pour le meilleur et pour le pire. Mais ici, une certaine satisfaction que nous procure l’actualité nous dicte de ne parler que du meilleur. Cette élection qui représente une formidable espérance pour la France, l’Europe voire le monde entier, constitue aussi une véritable source d’inspiration pour l’Afrique en raison de plusieurs problématiques dont il convient d’en souligner au moins deux : le renouvellement des élites dirigeantes, la prépondérance du rôle de la femme et la parité.

S’il est vrai que le monde reconnait à l’Afrique son réel potentiel de croissance économique et d’émergence dans les décennies à venir, il urge cependant que les dirigeants africains opèrent la réforme de leur modèle de gouvernance sociétale et politique à l’instar de la dynamique qu’impulse actuellement dans l’Hexagone le Président Emmanuel MACRON.

Ce sera la seule façon d’éviter de nouvelles formes de crises, en plus de celles que le continent connaît déjà aujourd’hui. La fragilité de nos tentatives démocratiques en cours, la mal gouvernance dans laquelle excellent la plupart de nos gouvernants souvent avec leurs groupuscules de parents et d’amis privilégiés ont tôt fait d’installer des injustices notoires, des exclusions , des frustrations politiques, des inégalités sociales et une pauvreté endémique, toutes productrices de crises sociales récurrentes qu’il convient d’exorciser dès maintenant pour éviter le pire, à court, moyen ou long terme.

La nécessité s’impose de faire davantage de place à la jeunesse et à la femme africaines dans la gouvernance de nos pays. Car pour occuper la place qui est la sienne dans ce monde de globalisation et de mondialisation, l’Afrique devra se vêtir des vertus de tous ses enfants. Il se révèle de plus en plus comme un non sens de mettre sous le boisseau près de 52 % des forces laborieuses du continent (les femmes) dans une marche vers le progrès.

C’est pourquoi, les humanistes et les féministes d’Afrique se doivent de saluer l’audace personnelle, citoyenne et politique du nouveau président français pour trois raisons particulières.

Tout d’abord, la place de sa propre épouse, madame Brigitte MACRON née TROGNEUX, dans sa vie personnelle et la lucidité avec laquelle il apprécie le rôle capital de cette valeureuse dame dans son épanouissement et dans son ascension sociale : « Sans elle je ne serais pas moi », a t-il déclaré sur scène au soir du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril dernier. Quel bel hommage à la femme!

Il convient de souligner ensuite la place accordée par le candidat d’alors à des personnalités d’origine africaine dans son dispositif de campagne. La Sénégalaise Sibeth NDIAYE était sa conseillère presse . Etaient aussi de son équipe d’autres personnalités franco-africaines. A l’exemple de Fodé Sylla , l’ancien Premier ministre béninois Lionel ZINSOU  ainsi que Jules-Armand ANIAMBOSSOU, ancien ambassadeur du Bénin en France. C’est à l’évidence, là aussi, des signes d’une démarche inclusive, des marques d’attention à la fois pour la diversité de la France et un intérêt pour le continent africain pour lequel ces personnalités pourront apporter sans doute au président français des clés particulières de compréhension et donc pourraient être de véritables catalyseurs de coopération .

Enfin, comment ne pas saluer le respect par le président français de son engagement de campagne pour la parité, à la fois dans la formation du gouvernement et dans l’investiture des candidats aux élections législatives des 11 et 18 juin prochain.

Quelle fierté pour toute féministe, d’où qu’elle soit, de voir des personnalités comme Sylvie GOULARD occuper le portefeuille régalien des Armées , Agnès BUZYN, médecin spécialisé en hématologie et enseignante à l’université ; au ministère des Solidarités et de la santé ; la merveilleuse éditrice et actrice de la société civile Françoise NYESSEN au ministère de la Culture. Une autre grande figure de la société civile, Murielle PENICAUD occupe le fauteuil du ministère du Travail ; pour ne citer que celles là. Un contingent de onze femmes de talent qui aux côtés de onze hommes forment l’équipe de combat du nouveau président pour faire face aux défis qui se présentent à la France d’aujourd’hui et préparer des lendemains meilleurs à ce beau pays.

Pour les élections législatives de ce jour 11 juin et du 18 prochain , les centaines de candidates investies à parité avec les hommes et qui donneront un visage plus rayonnant, plus féminisé, plus divers, bref plus authentique au Palais Bourbon, représentent indéniablement une fierté pour la gent féminine.

Parmi elles, nous ne citerons qu’une seule guerrière des temps modernes  : La toréra Marie SARA, candidate de La République en Marche dans la deuxième circonscription du VAR. Comme elle, 260 autres braves femmes ont été investies sur les 520 candidats de La République en marche, et ceci dans des circonscriptions ‘’gagnables’’ par ‘’En Marche’’ aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Il est quasi certain que la présence des femmes dans la prochaine assemblée française sera largement au dessus des 155 élues actuelles.

 

Les humanistes et féministes d’Afrique et d’ailleurs ne peuvent que se réjouir de ce nouvel élan que prend la France grâce au volontarisme et au discernement politique d’Emmanuel MACRON. Nous lui souhaitons plein succès et un mandat réussi, afin qu’il inspire encore davantage l’Afrique d’aujourd’hui et de demain.

De toutes façons, l’Afrique ne doit pas rester indifférente à cette nouvelle dynamique, celle de la parité. C’est la seule voie de salut. Bannir l’exclusion, la misogynie, la phallocratie devient une exigence pour un développement harmonieux des nations.

Dans le lot, notre cher et beau pays le Bénin ne devra plus trainer les pas ; lui qui occupe pratiquement le dernier rang en la matière dans la sous région devra se surpasser s’il ne veut pas continuer d’être la queue. Seulement 3 femmes sur 21 membres du gouvernement et 7 femmes députés dans l’univers très masculinisé de l’Assemblée Nationale du Bénin (7/83). Des chiffres qui restent très loin des ( au moins) 30% projetés par les programmes d’action de Beijing.

Quels psaumes, quels sourates réciter pour fléchir la tendance ? Sans aucune peur, sans craindre les tribulations, nous femmes, mènerons le combat tant que nous en aurons la force. Nous continuerons à déranger les tympans jusqu’à ce que les cœurs fléchissent.


Source : Benin web TV

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