Mise en œuvre et suivi des réformes de l’administration du système éducatif...

Mise en œuvre et suivi des réformes de l’administration du système éducatif : Les appréciations et propositions du Front

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Au détour d’un entretien exclusif accordé à votre journal, le porte-parole du Front d’action des syndicats de l’éducation, Maxime Okoundé a livré ses réflexions à vif sur les différentes réformes annoncées par le gouvernement du Président Patrice Talon dans le secteur éducatif. En effet, au cours du Conseil des ministres du 11 mai 2016, il a été adopté un projet de décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Comité technique de mise en œuvre et de suivi des réformes de l’administration du secteur éducatif.

Ledit comité aura la mission de  faire le point exhaustif de tous les organes administratifs existants et analyser leur pertinence par rapport à la nouvelle vision du Conseil national de l’éducation ; d’élaborer et conduire les stratégies de mise en place du Conseil national de l’éducation (Cne) dans sa nouvelle forme ainsi que des autres organes prévus ; définir les bases de la politique gouvernementale en matière de professionnalisation des formations en vue d’accroître l’employabilité des jeunes ; élaborer un document-cadre de politique de formation et de professionnalisation des métiers d’enseignant ; définir les mesures urgentes susceptibles de favoriser la mise en synergie des activités des trois (3) ordres d’enseignement avant l’installation du nouveau Conseil national de l’éducation (Cne) dont les membres seront    élus. Il dispose d’un délai de quarante-cinq (45) jours pour remettre son rapport au Chef de l’Etat.

(Lire les appréciations et propositions du porte-parole du Front).

Matin libre : Outre les nombreux efforts consentis par l’ancien régime pour la dynamisation du secteur éducatif, l’actuel gouvernement évoque la nécessité d’amorcer de nouvelles réformes dans le secteur. Quel est votre avis sur lesdites réformes et la stratégie de la mise en œuvre et du suivi ?

Maxime Okounde : Conformément à son projet de société, le Président a annoncé des réformes concernant l’administration de l’éducation. C’est une promesse électorale qui est en passe d’être tenue. Et c’est bien. Le délai imparti est raisonnable. Toutefois, le Comité sera-t-il en mesure de faire un ratissage large et des acteurs et des problèmes et Dieu sait qu’ils sont multiformes. Mon vœu est d’associer toutes les compétences disponibles et les partenaires sociaux. Nous avons notre approche. Je ne connais pas la liste des membres, mais je suis sûr que ce sont des compétences confirmées qui ont été choisies. J’espère que des personnalités comme Affagnon Raoufou, les inspecteurs Djennontin Wilfrid, Cossou Magloire, Mariam Zimé Talata, Pierre Gbénou Adjinahou, Philippe  Kakpo Bessan, les anciens ministres de l’éducation, les membres du Bureau Permanent du Cne ancienne formule, seront associés. Il faudra des débats de fond et des décisions politiques majeures à prendre sans complaisance. Le succès du quinquennat en dépend. Je rappelle que son Excellence, le Président Patrice Talon a été le premier que le Front d’Action des Syndicats de l’éducation a auditionné publiquement le samedi 9 janvier 2016 sur les questions de l’éducation. Ce jour, il a montré une bonne maîtrise de nos problèmes avec une vision claire des solutions à apporter. Il nous a promis faire des réformes du secteur de l’éducation, l’élément phare de son mandat. Nous nourrissons beaucoup d’espoirs et nous serons à l’avant-garde du succès de la Rupture. J’y crois fermement, mais je suis très réaliste.

Dites-nous alors quels sont ces défis du secteur éducatif qui devront être relevés?

Il y a avant tout, la motivation des enseignants qui passe par la revalorisation de la fonction enseignante, notamment la mise en œuvre diligente et consensuelle de nos Statuts particuliers arrachés de haute lutte à Yayi Boni. Les mesures devront être planifiées à court, moyen et long termes. Ensuite, il faut mettre en place un plan de recrutement, de formation et de recyclage des enseignants en privilégiant la professionnalisation des profils et des diplômes. Donc il faut une réflexion et des mesures pour mettre fin à la question des vacataires et à toutes les formes d’emploi précaires comme ceux appelés Anpe ou Volontaires. Nous souhaitons que ces types d’enseignants ne reviennent plus pour abêtir et renforcer l’insécurité pédagogique des apprenants. Enfin, en dehors de ce qui est déjà annoncé dans le projet de société du Président Talon, il faut mettre fin à la politisation à outrance de l’éducation à travers les nominations, les affectations, les créations d’écoles, de collèges et de lycées, de même que les autorisations de structures privées de formation. Un gel des assises des conseils consultatifs nationaux pour faire le point de l »existant, rationaliser les ressources et les orienter vers l’équipement des écoles. Douloureusement, il faudra fermer les écoles et établissements qui sont créés en violation des normes EQF (École de Qualité Fondamentale), qui sont sans enseignants qualifiés avec uniquement de vacataires à profils douteux. Dans le même sens, il faut repenser la gratuité des frais de scolarité et donner des moyens et des outils modernes de gestion de nos écoles et établissements secondaires. La réforme du CEP ou sa suppression pure et simple, la réforme du BEPC pour le soustraire du soupçon de résultats manipulés, l’introduction du civisme dans les apprentissages pour transmettre les amours éthiques et républicains aux plus jeunes, la question du lien fonctionnel entre les trois sous-secteurs au regard de l’APC et du LMD, la question des langues nationales et la problématique de leur apprentissage en cohabitation avec le français, la réforme du cycle et des rythmes scolaires de la préscolarisation à l’université : journée continue pour y introduire les activités coopératives et davantage du sport à l’école, la qualité et le contrôle de la qualité à tous les niveaux, l’offre éducative et la zone franche du savoir pour faire du Bénin un pays exportateur de savoirs et de ressources humaines.

Ce n’est donc plus un doute. Des réformes s’imposent, selon vos dires pour relancer le secteur en vue d’une éducation de qualité. Quelles sont alors vos propositions quant à la composition du comité technique de mise en œuvre et de suivi des réformes de l’administration du secteur éducatif ?

Concernant nos propositions relatives à la composition du Comité, nous pensons qu’il faut élargir les groupes de travail à d’autres compétences citées supra, associer nous autres partenaires sociaux en amont et en aval de tout pour la restauration d’un contrat de confiance solide et éviter les confrontations inutiles, partager avec nous les conclusions du comité après approbation du gouvernement, permettre un débat national sur les grandes options et aboutir d’ici deux à trois ans à un seul ministère de l’éducation avec des secrétariats d’état et de grandes directions viables et pertinentes. Je vous remercie.

Propos recueillis par Aziz BADAROU

Matin Libre

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