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Mise en œuvre du code foncier et gestion de la terre nourricière: Synergie paysanne pour une agriculture écologique et familiale

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Le Syndicat national des paysans du Bénin (Synpa-Bénin) exhorte à la mise en œuvre du code foncier et domanial et la promotion d’une agriculture durable et familiale. A la faveur d’une conférence de presse animée en collaboration avec l’Anoper, mercredi 19 octobre à Parakou, cette organisation a passé au crible les maux qui freinent l’essor de l’agriculture.

« Même si le climat change, nous pouvons mieux adapter notre alimentation et notre agriculture et rendre moins pauvres les agriculteurs et éleveurs qui assurent notre nourriture ». C’est la conviction du Syndicat national des paysans du Bénin « Synergie paysanne » (Synpa-Bénin) exprimée mercredi 19 octobre, à la faveur d’une conférence de presse tenue à Parakou en partenariat avec l’Association nationale des organisations professionnelles d’éleveurs de ruminants (Anoper) et autres organisations paysannes. Cette sortie médiatique s’inscrit dans le cadre de la commémoration de la Journée mondiale de l’alimentation célébrée dimanche dernier sur le thème « Le climat change, l’alimentation et l’agriculture aussi ».

Le syndicat des paysans plaide pour la disponibilité de la terre nourricière et la promotion des pratiques qui évitent son épuisement. Pour ce faire, Synergie paysanne demande aux décideurs d’intensifier la vulgarisation des dispositions du Code foncier et domanial et l’opérationnalisation des outils de transaction foncière autres que l’achat et la vente. Il importe d’accélérer la mise en œuvre des dispositions de la loi promulguée depuis 2013 pour contrer l’achat massif et la thésaurisation des terres, notamment par des étrangers, souligne Dramane Chabi Akpo, secrétaire général du Synpa. Tout en saluant les efforts faits pour l’installation de l’Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF) et les quatorze bureaux communaux du domaine et du foncier (BCDF), il souhaite l’installation des structures locales de gestion foncière dans chaque village indépendamment de la mise en place et de la généralisation des plans fonciers ruraux. Non seulement, il faut tenir compte des couloirs de passage et des aires de pâturage mais aussi voter rapidement un code pastoral afin de limiter et prévenir les conflits sanglants agriculteurs-éleveurs, renchérit Ambarka Djialiri Maodé, trésorier général de l’Anoper.

Autres préoccupations

Djegga Demmon, vice-président de l’association, abonde dans le même sens pour dénoncer la stigmatisation et la discrimination dont font l’objet souvent les éleveurs, lesquels quittent en masse le Bénin en général et les départements du Borgou et de l’Alibori en particulier pour d’autres destinations.
La promotion de l’agriculture écologique et familiale, l’opérationnalisation du Fonds national de développement agricole (FNDA) et l’accessibilité aux intrants spécifiques à toutes les spéculations agricoles à l’instar du coton, préoccupent également le Synpa. Pour satisfaire la demande en aliments de la population sans cesse galopante, « L’agriculture et les systèmes alimentaires devront s’adapter aux effets négatifs du changement climatique et devenir plus résilients, plus productifs et plus durables », préconise Dramane Chabi Akpo. La prise de dispositions légales telles que la loi d’orientation agricole et la loi sur les changements climatiques devrait à terme « garantir le bien-être des écosystèmes et des populations rurales », selon le conférencier. Cela amène, poursuit-il, à cultiver des aliments de façon durable en adoptant des pratiques permettant la régénération de la terre et de produire plus sur une même superficie en faisant un usage judicieux des ressources naturelles. L’agriculture extensive sur brûlis, l’utilisation abusive des pesticides, des herbicides, des engrais chimiques, contribuent à la dégradation massive des terres arables et mettent en péril les bases alimentaires et les sources de revenus de la population composée en majorité des petits paysans et des éleveurs. Aussi, importe-t-il de réduire les pertes alimentaires en améliorant la récolte, le stockage, le conditionnement, le transport, le fonctionnement des marchés, ajoute Chabi Akpo.

aCotonou

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