Médiatisation des séances d’entrainement ou de simulation de l’armée : L’autre faille...

Médiatisation des séances d’entrainement ou de simulation de l’armée : L’autre faille du dispositif sécuritaire béninois

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Le Bénin comme tout pays de la sous-région ou encore du continent pour ne pas dire, de la planète, est en proie à des menaces terroristes. S’inscrivant dans une dynamique préventive et grâce à ses relations avec les Etats-Unis d’Amérique, la Belgique et la France, le Bénin procède depuis peu au renforcement des capacités d’intervention de ses forces de sécurité. Nos flics, soldats, gendarmes et autres forces paramilitaires deviennent plus aguerris à l’issue d’une série de formations initiées et organisées à leur intention. Tout ceci se passe malheureusement en présence des caméras des télévisions nationales et internationales. Toute chose qui, loin d’être une force, faiblit plutôt le système sécuritaire béninois.

Le dernier exercice de simulation de l’armée, largement médiatisé, remonte à la date du 3 mai 2016. Des crépitements de balles blanches s’étaient fait entendre au Palais des Congrès de Cotonou. Les riverains affolés, avaient poussé leur curiosité pour finalement constater qu’il s’agissait d’une opération peu habituelle qui s’inscrit dans le cadre d’un exercice des unités spécialisées du Raid et du Gign (Groupement indépendant de la gendarmerie nationale).Ceux qui avaient renforcé la serrure de leur porte en s’enfermant en auront le cœur net en suivant le Journal télévisé de 13heures. Le monde entier était donc informé qu’il y a eu une simulation des unités spécialisées de la Police et de la Gendarmerie.Plusieurs autres séances d’entrainement notamment sur les tirs de précision, la formation des tireurs d’élites, la fouille des véhicules, la formation dans les arts martiaux, la progression, la pénétration, la délivrance d’otages, la procédure de détection des suspects, la palpation des suspects et sur plusieurs autres modules de surveillance et de défense du territoire, se déroulent généralement en présence des caméras. Mais à quelle fin ? Difficile de répondre ! Par contre, la seule chose dont on peut s’assurer de la certitude est que cette trouvaille de médiatisation des exercices de l’armée ne la rendra point efficace mais plutôt la faiblit.

Les récents braquages en disent long…
Il n’y a pas plus informé que le criminel : La caméra, la faiblesse du dispositif sécuritaire béninois…

Devrait-on encore se poser la question de savoir par quelle alchimie, ces malfrats atteignent leur cible, opèrent et disparaissent sans trace ? Inutile de méditer longtemps pour se rendre à l’évidence qu’ils sont plus informés que quiconque. Ils suivent tout de près et attachent du prix aux renseignements. Quant aux terroristes dont on craint si tant les attaques, il faut reconnaitre qu’on ne fait que leur faciliter la tâche avec la médiatisation, la mise en ligne des vidéos des simulations de l’armée béninoise. Faut-il le rappeler,  les terroristes déboursent des fortunes pour obtenir des renseignements sur les systèmes de sécurité des pays qu’ils ciblent.  Avec l’avancée technologique réduisant le monde en un village planétaire et du fait que nos télévisons nationales soient sur satellite, le risque d’infiltration des criminels devient grand et nos stratégies de défense fragilisées. En pensant pouvoir riposter efficacement aux attaques et autres tueries planifiées, l’on risque, à cette allure, de ne même pas trouver d’ennemis à affronter sur le terrain lors des forfaits.

Aziz BADAROU

Matin Libre

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