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Lutte contre le mariage forcé des enfants: La Campagne Tolérance zéro » lancée

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Le chargé de mission du président de la République, Denis da Conceicao Courpotin, représentant le Chef de l’Etat a procédé, ce vendredi 16 juin 2017, au Palais des congrès de Cotonou, au lancement officiel de la campagne tolérance zéro (CTZ) au mariage des enfants au Bénin portant sur le thème : « Accélérons la protection, l’autonomisation et l’égalité des chances des enfants en Afrique d’ici 2030 pour un développement durable, rapporte l’ABP.

Lancée à l’occasion de la journée de l’enfant africain pour une durée de trois ans, la Campagne tolérance zéro au mariage des enfants au Bénin vise à enrayer les violences sexuelles que subissent les enfants, y compris le mariage des enfants.
L’Unicef dont la mission est d’en finir avec les injustices et agir sans relâche pour que chaque enfant ait le droit à une enfance digne, regrette que 26 ans après l’adoption de la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant par les pays africains dont le Bénin, l’environnement de l’enfant n’est toujours pas un lieu de soins, d’affection et de protection.
Rassurant que les capacités seront renforcées à divers niveaux en vue de la mise en œuvre efficace des actions pertinentes à impact rapide sur les enfants mariés de force, le représentant du Chef de l’Etat, Denis da Conceicao Courpotin, a signifié qu’il sera entrepris sous le leadership du ministre en charge des affaires sociales, la mise en œuvre de la protection pénale des enfants.
« Je ressens la honte car dans ce beau pays, le Bénin, 3 filles sur 10 sont mariées avant 18 ans. J’ai honte car je ne comprends pas comment un homme de 50, 60 ans ou plus, trouve normal de prendre comme épouse une enfant qui a l’âge de ses propres petits enfants et pire, que les parents et la communauté soutiennent cette pratique funeste », s’est indigné le Dr Claudes Kamenga, représentant de l’Unicef.
Selon la ministre en charge des affaires sociales, Adidjatou Mathys, le mariage des enfants a pour conséquences, la déscolarisation, les grossesses à risque, la mortalité maternelle, juvénile et infantile, les risques d’infections sexuellement transmissibles (IST), y compris le VIH/SIDA, la maltraitance.

Siaka Coulibaly, le Coordonnateur résident du Système des Nations-Unies en affirmant son engagement pour en finir avec cette pratique avilissante, a souligné la nécessité d’agir immédiatement car si les tendances actuelles se poursuivent, le nombre de filles et de femmes mariées durant leur enfance dans le monde avoisinera 1 milliard d’ici 2030. Il se réjoui de l’arsenal juridique mis en place au Bénin pour venir à bout de ce fléau.

Il s’agit notamment du Code de l’enfant promulgué en décembre 2015 qui interdit le mariage des enfants en ses articles 181, 345, 377, 378 et prévoit des sanctions en cas d’infraction de cette loi, dont l’emprisonnement allant de 3 à 10 ans et une amende de 100 mille à 500 mille francs CFA.
La secrétaire permanente du Comité africain des experts sur les droits et le bien-être des enfants Mariama Cissé Mohamed, représentante du Commissaire aux affaires sociales de l’Union africaine a remercié le gouvernement béninois pour les différentes initiatives en faveur de la protection des droits des enfants mais souligne qu’il ne reste que le changement de mentalité.
Le Bénin est le 20ème pays à s’engager pour la Campagne tolérance zéro (CTZ) au mariage des enfants, une initiative lancée en 2014 au plan continental.

Armel TOGNON

Source : aCotonou

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