Les organisations estudiantines réduites désormais au silence : Comment Talon a opéré...

Les organisations estudiantines réduites désormais au silence : Comment Talon a opéré sans bistouri

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De la répression de la gigantesque marche des étudiants à Cotonou à l'interdiction hier de toute manifestation  aux organisations estudiantines, les choses sont allées très vite sous la Rupture.  Le chef de l'Etat a frappé fort. En effet, Patrice Talon chicotte bien les étudiants puis leur interdit de pleurer. Comment a-t-il opéré?

A l'analyse de la dernière décision, certains observateurs n'hésitent pas à affirmer que le président Talon s'était servi du masque Touboula ( allusion faite à Modeste Toboula, préfet du département du Littoral) pour réprimer  la marche des étudiants ( fin juillet 2016). Quelques jours plus tard, 21 étudiants ont été exclus pour 5 ans de l'Université pendant que l'année académique 2015-2016 est déclarée invalidée à la Faculté des Lettres, Arts et Sciences humaines par les autorités de l'Université. Le gouvernement de Patrice Talon qui était attendu pour concilier les deux camps n'a pas daigné tenter une quelconque démarche. Dans la foulée, Séraphin Agbahoungbata, Jacques Ayadji et Guy Mitokpè dans les arcanes du pouvoir et anciens responsables des organisations syndicales d'étudiants ont affirmé jouer une médiation dont l'issue n'a plus été sue du public. On en était là quand l'une des trois organisations syndicales estudiantines notamment la Fneb, l’organisation la plus représentative des universités et dont le premier responsable fait partie des 21 exclus, a fait défection en faisant son mea culpa aux autorités gouvernementales et rectorales. Tout ceci se passait à un moment où la décision de réduire la carte universitaire du pays a été prise par le gouvernement sur fond de remous. Comme si cela ne suffisait pas, à quelques jours de la rentrée académique, le gouvernement de la Rupture interdit toute manifestation de revendication sur les campus. Mais à bien analyser bien les circonstances de la surprenante décision, on se rend compte qu'elle intervient au lendemain de la promotion au ministère des Sports, de plusieurs anciens responsables d'étudiants notamment de la Fneb qui s'est désolidarisée. Selon nos sources, ce sont d'ailleurs ces anciens étudiants promus, en tout cas au nombre de trois ou quatre, qui ont réussi à fragiliser la fronde à l'université d'Abomey-Calavi et baliser le chemin désormais au gouvernement pour ses "opérations". Parlant d'opération,  on apprend que d'autres décisions pourraient tomber dans les prochaines semaines quant à la scolarité jusque-là gratuite en Faculté. Visiblement le gouvernement n'aura plus de résistance sur son chemin et pourra agir comme bon lui semble dans nos universités.  A regard de ce qui précède, on pourrait donc conclure que les nominations, la semaine écoulée, d'anciens  jeunes présidents de la Fneb, serviteurs du gouvernement, au poste de Directeur de ci ou Directeur de ça ne sont que la rançon de leur coup réussi. Nous allons revenir dans nos prochaines parutions sur ces nouveaux promus.

J.B


Matin Libre

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