Les douaniers ont repris espoir sous le régime Talon dixit Marcellin Laourou

Les douaniers ont repris espoir sous le régime Talon dixit Marcellin Laourou

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Très en vue dans les luttes syndicales sous Boni Yayi, Marcellin Laourou l’est beaucoup moins depuis le 6 avril que Patrice Talon est au pouvoir. Ce dimanche, le Secrétaire Général du Sydob, le syndicat principal de la Douane, a fait sur les antennes de Océan Fm, une analyse critique des six premiers mois du nouveau régime mais surtout a donné sa lecture de la mauvaise santé des régies douanières.

Très critique sous Boni Yayi, Marcellin Laourou s’est également se montrer assez élogieux vis-à-vis du gouvernement car le syndicat « ne critique pas pour critiquer » a-t-il lâché avant d’annoncer que la Douane a repris espoir depuis six mois qu’une nouvelle équipe gouvernementale est à la tête du pays. « La Douane se porte très bien. Mais le moral des agents de cette administration n’est pas haut. Le moral est bas… Nous sommes restés longtemps sans le minimum. Heureusement que des signes annonciateurs nous font penser que les choses vont changer avec la remise en vigueur de notre statut » s’est-il réjoui avant d’expliquer que « Le statut particulier qui a été remis en vigueur est le pivot de la carrière du douanier. Il parle du déroulement de la carrière du douanier… Il y aussi des mesures de disciplines. Avant, on essayait de fonctionner mais chaque Directeur Général essayait de fonctionner avec sa méthode ».

Pourtant tout n’est pas rose au niveau de la Douane depuis quelques mois avec la dévaluation du Naira qui a conduit à une baisse drastique des recettes douanières. Marcellin Laourou le regrette même s’il tient à dégager la responsabilité de ses collègues. « Quand les gens parlent de baisse de recettes, c’est faux. Ce n’est pas une baisse des recettes ; c’est une contre-performance. Ce qui se passe aujourd’hui à la Douane est une contre-performance. Les conditions pour atteindre les objectifs ne sont pas réunies. Les causes ne dépendent pas exclusivement des douaniers. Il y a des causes exogènes. Ce ne sont pas les douaniers qui font de l’importation. Vous savez, le problème du Nigéria avec la dévaluation du Naira », a défendu le SG du Sydob avant de saluer les réformes en cours en ce moment notamment la mesure de restriction prise par Claver Tossou, le Directeur Général de la Douane, pour interdire l’importation par voie terrestre de certains produits. « Tous ceux qui pensent que la décision est illégale, qu’ils prennent le code des douanes… La loi lui donne le pouvoir de dire que compte tenu de telles informations que nous avons et qui menacent les recettes, de prendre telles mesures pour préserver les recettes douanières. Tout a montré qu’au niveau des produits concernés, des choses se passent. Ce qui a été fait est légal et autorisé par la loi », a précisé Marcellin Laourou.

Pas de PVI à l’ordre du jour.

Seules des réformes peuvent permettre durablement d’inverser la courbe actuelle au niveau des régies douanières a soutenu le Secrétaire Général du Sydob. Mais au nombre de celles-ci, ne figure pas le Programme de vérification des importations (Pvi). En tout cas, il n’en a pas eu connaissance jusque-là et n’a pas voulu en rajouter à polémique qui annonce un retour imminent de ce programme tant critiqué par son syndicat en 2012. « Je n’ai pas envie de répondre à cette question pour ne pas susciter plus de polémiques. Ce qui s’est passé avant fait que, lorsqu’on entend parler de Pvi, on a une mauvaise impression. En réalité, le Pvi est un programme. Cela n’a rien à voir avec la méthode et les contrats de sa mise en exécution ». Selon Marcelin Laourou, « Si la décision est prise, nous saurons s’il est important de réagir. Le rôle du syndicat n’est pas de critiquer pour critiquer » a-t-il rappelé avec un brin d’humour.

Privilégier le dialogue avec les étudiants

Hasard du calendrier ou non, Marcellin Laourou sort du bois pour sa première grande sortie médiatique sous l’ère du « Nouveau départ » quelques jours seulement après les tirs groupés des centrales et confédérations syndicales contre le gouvernement. Le Secrétaire Général du Sydob s’est montré lui plus modéré sur les questions concernant les libertés publiques et d’associations. Très embarrassé par la question de la suspension des activités des mouvements estudiantin dont il se reconnaît volontiers être un produit, il a lâché « En ma qualité d’ancien président de la Bef, je dirai que c’est une mauvaise décision », avant de s’empresser de préciser sa pensée et de s’attarder sur les causes profondes de cette solution : « Moi je me suis gardé de réagir. La situation ne date pas du gouvernement en place. C’est un ancien recteur qui a autorisé les forces de l’ordre à entrer dans les cabines qui l’a encouragée. Les gouvernements successifs ont aussi violé les franchises universitaires. Dans aucun pays du monde, vous n’avez des mouvements étudiants pacifiques. Vous avez vu les derniers mouvements en Afrique du Sud. Mais on ne va pas encourager çà… ». A l’avenir, Marcellin Laourou suggère au gouvernement de privilégier la concertation avant toute décision touchant aux libertés publiques. « Moi je conseillerai au gouvernement que chaque fois qu’il y a des mesures dans le domaine des libertés, qu’il y ait un dialogue », a-t-il conclu.

Abib Ishola Arouna

aCotonou

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