Le préfet Toboula s’explique

Le préfet Toboula s’explique

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Océan Fm : Vous avez sorti tout récemment un arrêté stipulant un nouveau mode de paiement dans les supermarchés. De quoi s’agit-il ?
Modeste Toboula : C’est une mesure qui est en droite ligne avec la mesure concernant l’interdiction de circulation dans les zones des marchés. Nous avons convenu d’un certain nombre de choses à réaliser pour sécuriser davantage l’heure de travail et les populations en général. L’objectif de l’arrêté, c’est de diminuer les encaisses des supermarchés. Quand il n’y a pas de gouttes de miel, les mouches ne s’agglutinent pas. Si nous pouvons réduire considérablement le montant des encaisses, la liquidité dans les caisses des supermarchés, les braqueurs ne viendront plus les visiter. Ce n’est pas une panacée, ni le bâton magique qui pourra stopper l’insécurité dans son entièreté, mais ce sera désormais difficile à ces derniers d’opérer. Au-delà de ce mode de paiement négocié et obtenu avec les promoteurs et qui consiste à plafonner les paiements pour les personnes physiques à 50.000 francs Cfa et pour les personnes morales à 100.000 francs Cfa, nous avons deux autres dispositions qui renforcent les mesures sécuritaires. Il s’agit de l’érection à l’entrée des supermarchés d’un poste de gardiennage qui consiste à ériger un bâtiment de 2 mètres/2 avec des ouvertures de fenêtres sur trois côtés qui est un bâtiment par balle qui résiste à toutes les munitions, mêmes celles de guerre. Donc, l’objectif, c’est de mettre dans de bonnes conditions les agents qui doivent assurer la sécurité des supermarchés. La troisième disposition est celle de l’installation d’un mode de vidéosurveillance de qualité, puisque les films des derniers braquages perpétrés ne nous ont pas permis d’identifier directement les braqueurs. Ce qui pose le problème de la qualité et du respect des normes. Nous avons maintenant fixé les normes internationales. Nous avons insisté pour que ces vidéos soient visibles à la caisse devant le supermarché et dans un rayon considérable de gauche ou de droite. Il y aura une unité de vidéosurveillance dans les postes de gardiennage.
Est-ce que l’arrêté est déjà entré en vigueur ?

Normalement, il est déjà entré en vigueur, parce que nous avons convenu avec les promoteurs de faire la sensibilisation auprès des opérateurs Gsm. Ce n’est pas notre rôle. Je crois que théoriquement, l’arrêté n’est pas encore en vigueur même si juridiquement il l’est. Nous espérons qu’à partir du 1er novembre, il sera pratique et nous passerons au contrôle de ces dispositions au niveau de ces centres.
Les mesures sont propres aux opérateurs Gsm Mtn et Moov. Qu’en est-il des personnes qui ne sont pas sur ces réseaux ?
Les deux mesures ne font pas obstruction aux modes de paiement comme les virements bancaires ou les chèques. Mais les réalités font que ceux qui ont le matériel et le personnel pour répondre à ce genre d’opération ne le font pas.

Les frais d’envoi sont imposés. Qui paie ces frais ?

Les frais sont partagés et ce n’est pas les clients qui paient, mais les promoteurs. Les frais sont tellement dérisoires qu’ils n’ont pas d’incidences financières sur ces structures. Le paiement électronique entre dans une démarche de dynamisation de l’économie numérique. Toute chose qui a pour objectif de diminuer les faux frais, mais aussi de garantir la rentabilité, la viabilité et la rapidité des opérations de paiement. C’est même plus moins cher que les autres modes de paiement. Le monde évolue et dans des villes des pays de la sous-région comme Lomé et Abidjan, les paiements se font de façon électronique. Le contact avec l’argent est une source d’insécurité. Nous sommes en train de penser à règlementer le monde des cambistes qui exposent l’argent voire interdire l’activité. Nous avions pensé réglementer l’heure de fermeture, mais comme le principal gang qui opérait a été neutralisé par la police, nous avons laissé le débat à ce niveau.

Propos recueillis par Angèle Toboula

aCotonou

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