Le maire Tamou Bio Sarako au sujet de la catastrophe dans sa...

Le maire Tamou Bio Sarako au sujet de la catastrophe dans sa commune : « Depuis environ trois semaines, Banikoara est sous l’eau »

0
PARTAGER

Les incessantes pluies torrentielles qui s’abattent depuis un moment sur le septentrion sont à la base de la montée drastique des eaux dans presque toutes les communes. A Banikoara, commune reconnue comme première productrice de coton, la situation est critique. La montée des eaux constitue une menace pour le rendement. Dans une interview, le maire Tamou Bio Sarako fait le point de la situation, des actions menées par le conseil communal et ses attentes.

Matin Libre : La commune de Banikoara est essentiellement menacée par les eaux de pluies torrentielles ces derniers jours. Quel est l'état des lieux sur le terrain ?

Tamou Bio Sarako  C'est vrai. Depuis environ trois semaines, la commune de Banikoara est sous les eaux. Disons-le ainsi parce qu'il n'est pas ces 48 heures où il ne pleuve dans la commune. Il est vrai que les pluies sont une grâce divine, mais en même temps elles constituent une menace pour les espèces végétales, animales, et le genre humain. Depuis que la pluviométrie a très vite monté, nous autorités communales et locales n'avons plus le sommeil. Les souffrances de nos populations se sont multipliées. Les plaintes sont de plus en plus récurrentes. Les routes sont beaucoup dégradées, des constructions en terre battue s'effondrent telles des châteaux de cartes.

Face à une telle situation, que faites-vous pour soulager les peines de vos administrés ?

Comme vous le savez, la Mairie n'est pas compétente dans tous les domaines. Mais nous faisons quand même des efforts pour répondre aux cris de cœur de nos administrés. Ce n'est pas facile.

Voyez-vous par exemple, quand des routes nationales comme celle reliant Banikoara à la commune sœur de Kérou ou encore Banikoara-ville à l'arrondissement de Founougo, Banikoara-ville à l'arrondissement de Soroko menant à la frontière Bénin-Burkina Faso, sont coupées par les eaux de ruissellement, il est difficile pour l'administration communale d'intervenir directement et efficacement. Aussi voudrais-je faire remarquer que la mairie ne dispose pas de ressources suffisantes pour assumer un plan d'urbanisation de la ville de Banikoara et de ses environs. D'où les récurrentes inondations enregistrées dans notre ville.

Quelles sont les démarches que vous menez en direction des autorités gouvernementales en place ?

J'allais en venir là. Vous le savez, notre responsabilité est grande. Quand ça ne va pas, toute de suite, c'est nous autorités communales et locales qui sommes interpellées. Conscient de ce fait, le conseil communal de Banikoara ne dort pas sur ses lauriers. Pour preuve, bien qu'étant absent du territoire de la commune pour une mission, nous avons instruit nos services compétents, notre deuxième adjoint et les chefs de tous les services déconcentrés de l'État dans la commune pour une tournée de constatation physique et de recensement de tous les sinistrés en vue d'un plaidoyer à l'endroit du gouvernement et des Partenaires techniques et financiers. Cette tournée a été effectuée dans la journée du jeudi 08 septembre dernier dans les dix arrondissements que compte la commune de Banikoara et compte rendu nous a été fait. Un dossier en bonne et due forme sera déposé à qui de droit pour le soulagement des peines de nos braves populations. Nous sommes en contact permanent avec les nouvelles autorités gouvernementales qui se montrent ouvertes et préoccupées par la situation qui prévaut dans la commune de Banikoara. Je veux préciser l'absence totale de routes dans la plus grande commune agro-pastorale du Bénin. Et à ce sujet, nous autorités communales et locales, nous nous demandons comment se fera l'évacuation du coton à la fin de la saison. Toutes les infrastructures routières ont atteint un niveau de dégradation extraordinaire. Il n'y a que des initiatives du genre "participation citoyenne" qui permettent aux activités économiques de tourner cahin-caha.

Monsieur le maire, tout porte à croire que la mairie ne fait rien dans le domaine de la construction et de l'entretien courant des routes qui relèvent de sa compétence

Non ! Monsieur le journaliste, je vous ai dit ci-haut que la Mairie de Banikoara, tout comme beaucoup d'autres mairies, dispose de maigres ressources financières pour faire face aux charges relatives à la construction et à l'entretien courant des routes. Néanmoins, nous faisons beaucoup d'efforts déjà. Seulement que ces efforts se révèlent très insignifiants face aux défis qui se dressent devant nous. Alors, que faire ? C'est la réponse à cette interrogation que nous, autorités communales recherchons lorsque nous prenons à chaque fois notre bâton de pèlerin pour aller en direction des partenaires techniques et financiers, des autorités gouvernementales qui surtout ne nous ferment pas leurs portes. Au passage j'exprime mes profondes gratitudes au Président Patrice Talon et les membres de son gouvernement pour les prouesses réalisées dans le domaine de l'agriculture pour le compte de la campagne agricole en cours. Je veux parler de la disponibilité des intrants agricoles au profit de nos braves producteurs.

Votre mot de fin, monsieur le Maire ?

Une fois encore merci monsieur le journaliste pour l'intérêt que vous accordez à la commune de Banikoara.
Pour finir, je voudrais dire qu'à la Mairie de Banikoara, le conseil communal nourrit l'ambition et garde l'espoir que l'urbanisation de notre ville sera une réalité. La mise en chantier des nombreuses routes dégradées va bientôt être concrétisée parce que nous croyons aux nouvelles autorités étatiques. Elles ont beaucoup d'ambitions pour le pays et donc pour la commune de Banikoara qui reste et demeure un des plus grands pourvoyeurs de richesse à l'économie nationale.
Je vous remercie.

Propos recueillis par Abdou Aziz OROU KPANDE     


Matin Libre

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE