Le Dec/Memp Bio Zoumarou Chabi Gado à propos des résultats du Cep...

Le Dec/Memp Bio Zoumarou Chabi Gado à propos des résultats du Cep : « Ce n’est pas une catastrophe, c’est la vérité des chiffres »

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Depuis la proclamation des résultats du CEP 2016, les parents ne savent plus à quelle fin se vouer. La lecture faite de ces résultats est diverse puisque beaucoup d’enfants ont été recalés. Afin de mieux comprendre ce qui s’est passé, votre quotidien s’est rapproché   de Bio  Zoumarou Chabi Gado, Directeur des examens et concours du Ministère des enseignements maternel et primaire.

Matin Libre : les rideaux sont tombés sur le CEP 2016, les résultats sont catastrophiques, c’est ce qui se remarque. Vous en tant qu’acteur principal de la tenue de cet examen quelle lecture faites-vous des résultats du CEP 2016 ?

Bio Chabi Gado : A vue d’œil les résultats sont catastrophiques mais ils ne le sont pas. Ils ont toujours été catastrophiques, mais à force de racheter, les candidats réussissent beaucoup. Il s’est agit cette année de regarder la vérité en face, de l’affronter pour qu’on observe la tendance inverse. Nous sommes, tout le temps, nostalgiques du Bénin quartier latin d’Afrique et nous nous amusons avec le niveau de nos enfants en demandant de racheter. Racheter, c’est bien mais quand on transforme en règle générale, ça devient un souci collectif et ce n’est pas bien pour le pays. En un mot, c’est parce qu’on rachetait beaucoup que les taux de réussite étaient élevés. On a dû faire arrêter la saignée et maintenant regarder ce que nos enfants font. En respectant les textes, nous sommes sûrs d’amener tout le monde à prendre ses responsabilités, aussi bien les enfants, les parents, que les enseignants et même les pouvoirs publics. Les enfants comprendront qu’on ne passera plus facilement. Nous n’avons accordé aucun rachat, nous sommes restés fermes. Les textes disent que sur les huit matières, il faut éliminer 6. Nous avons rigoureusement respectécela. Autrefois, on descendait jusqu’à 5 même 4 matières. Cela était permis puisque c’est un examen, et comme beaucoup le disent,  c’est un processus de formation. L’enfant peut ne pas avoir un bon niveau mais dans le cours de la formation, il remonte la pente. Seulement, l’expérience a montré, qu’au lieu de remonter, ils s’enlisent. Dans ces conditions, devrons-nous encore continuer à nous amuser avec l’avenir de nos enfants ? On a exigé, pour cette fois-ci, à l’enfant d’éliminer 6 matières, ce n’est donc pas tout le monde qui pouvait réussir. Il a été constaté que les matières les plus vite éliminées par les enfants, sont ceux de contact, c’est-à-dire l’orale, le dessin, le sport et l’ES. Avec 4 matières, ils pouvaient tous réussir mais ils ne touchaient pas aux matières fondamentales qui sont le moteur du mouvement, à savoir : l’expression écrite, la lecture, la mathématiques et un début de sciences à travers la physique et la biologie. Si on rachète à 5, on constate qu’ils réussissent avec les quatre matières là en plus de l’ES. Ce n’est pas une catastrophe, c’est la vérité qui est sortie.

Quelles solutions envisagées maintenant ?

Les solutions sont évidentes. Si vous vous croyez beau alors que vous ne l’êtes pas, commencer alors à vous maquiller. De la même manière, si les résultats sont mauvais, chacun doit regarder la vérité en face. Les enseignants doivent travailler, nous ne travaillons pas, il faut l’avouer. Les pouvoirs publics doivent jouer leur partition à savoir faire l’effort de construire des classes dignes de nom parce que la population augmente, mettre en place la documentation et créer les conditions qui permettent de bonnes études pour les enfants. Je sais que c’est difficile, je ne leur demande pas l’impossible, mais chacun doit faire l’effort pour faire ce qu’il doit faire.

Le niveau bas des enfants, à qui incombe la responsabilité ?

C’est tout un processus. Il y a d’abord les parents d’élèves. Beaucoup de parents ne connaissent pas les maîtres de leurs enfants. Ils prennent des maîtres mais ils ne viennent pas jeter un coup d’œil pour voir ce que le maître apprend aux enfants. L’enfant regarde la télévision à longueur de journée, on ne lui dit pas d’aller apprendre ses leçons. Quand on est illettré, on dira le système « Approche par les compétences » je ne la maîtrise pas. Mon père n’est pas lettré mais il savait dire « vas apprendre tes leçons ». Il faut vérifier, et les maîtres vous le diront, comment votre enfant travaille : c’est cela un suivi. C’est ce qui fait la différence entre les privés et le publique. Les enseignants des privés sont moins diplômés que ceux du publique mais leurs résultats sont meilleurs : c’est le suivi. A 7heures, vous voyez le directeur d’école qui est déjà là. Vous ne viendrez pas raconter votre vie à vos élèves. Vous devez régulièrement faire des évaluations. Il y a un carnet de correspondance et on exige la réponse des parents. Voilà des réalités qu’il faut regarder en face et corriger. Ce n’est pas le programme qui est mauvais, c’est nous même, c’est la mise en œuvre et le suivi. Aucune œuvre humaine n’est parfaite, c’est vrai mais voyez au même moment les gens exécutent un même programme, d’un côté c’est bon avec moins d’enseignants qualifiés et moins d’enfants et de l’autre côté, c’est mauvais. J’ai souvenance, qu’autrefois, seuls allaient dans les privés, ceux qui n’ont pas réussi. C’est le contraire aujourd’hui. Je suis heureux pour les privés mais lorsqu’il y a un problème et vous ne cherchez pas de solution, vous êtes stupide.

La décision du respect des 6 matières est venue de qui ?

Aux délibérations il y avait toujours eu des débats, il y a des tendances. J’ai même dit ne laissez pas les enfants être victime des insuffisances que connaît le monde des éducateurs. Un enfant qui n’a pas de maître, ne demandez pas le miracle. On essaie de dire que l’enfant peut ne pas connaître aujourd’hui, mais dans le processus de formation, il peut s’améliorer mais nous constatons, qu’il s’enlise. Qu’est-ce qu’il faut faire,  il faut continuer ou arrêter ? Pour ma part, il faut arrêter.

Propos recueillis par Kola PAQUI


Matin Libre

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2 COMMENTAIRES

  1. Dites à ce t’homme de fermer sa bouche cet examen n’est pas leurs fruits.mieux ils font rien encore bon. le problème ce n’est la tête mais plutôt chercher véritablement
    solution ont s’agitent .parce que ont veux montré qu’on intellectuel .intellectuel taré oui…..

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