L’assainissement et le déguerpissement au Bénin : « le gouvernement veut mettre...

L’assainissement et le déguerpissement au Bénin : « le gouvernement veut mettre de l’ordre dans les villes »

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« Les 125 km de plages seront nettoyés et sécurisés. C’est une mesure qui s’inscrit dans la durée ». Ces déclarations du ministre du cadre de vie et du développement durable, José Didier Tonato montrent la détermination du Gouvernement à restaurer les plages béninoises et à les mettre en valeur. Invité hier sur Canal 3, le ministre a clarifié les enjeux de cette mesure d’assainissement des plages prise en Conseil des ministres le mercredi dernier. « Nos plages sont toutes sales. Pourtant, ce sont des écosystèmes fragiles et la biodiversité y est menacée à cause de l’insalubrité », a-t-il précisé. Prenant l’exemple de l’attractivité qu’offrent les plages sous d’autres cieux, José Didier Tonato a dévoilé les mécanismes qu’entend mettre en place l’exécutif pour imprimer un nouveau visage à ces lieux très fréquentés. Il s’agit entre autres de la mobilisation des jeunes organisés en Groupements d’intérêts économiques (Gie) avec qui l’Etat pourrait s’entendre sur un contrat de nettoyage et de surveillance.
Au-delà donc des enjeux environnementaux et sécuritaires, cette campagne présente des opportunités d’emplois aux jeunes. « Ces jeunes qui seront recrutés vont inciter à de bons comportements. Il y a des latrines, des plantations, des poubelles qui y seront installées. Et le principe est que le payement sera subordonné à la vérification des résultats. La Brigade de Protection du Littoral et de la Lutte contre la Pollution (Bplp), la police environnementale, seront également mises à contribution », a-t-il dit.

« Nous allons discuter avec les occupants… »
Le ministre du cadre de vie et du développement durable s’est aussi prononcé sur les opérations de dégagement des domaines publics. Pour le ministre Tonato, le point des opérations de marquage a été fait en conseil des ministres et des corrections seront apportées incessamment aux endroits où des erreurs ont été commises. « Les jeunes recrutés pour l’opération ne sont pas des spécialistes nous allons corriger tout ce qui a été marqué indument », a-t-il justifié. En ce qui concerne l’espace compris entre les trottoirs et les propriétés, il rassure de ce que des palliatifs sont en vue. « Nous allons discuter avec les occupants pour qu’ils fassent les aménagements nécessaires », a précisé José Didier Tonato.
Cependant, la libération de tous les trottoirs et terre-pleins centraux des principaux axes dans les villes devra être effective avant le 31 décembre prochain. A en croire le ministre du cadre de vie, toutes les dispositions sont prises à cet effet. Il en sera de même de la libération du reste du domaine public à compter du 2 janvier 2017. Il s’agit des trottoirs et terre-pleins centraux des autres axes urbains, de l’espace public entre les trottoirs et les propriétés de toutes les voies primaires et secondaires urbaines et les espaces naturels. Contrairement aux appréhensions notées çà et là, José Didier Tonato dit être rassuré de ce que « les Béninois sont aujourd’hui convaincus du bien-fondé de la libération des espaces publics. Il y a beaucoup qui le font déjà eux-mêmes ». Après avoir rappelé et expliqué l’intérêt de la récente décision interdisant l’occupation des voies publiques pour abriter diverses manifestations, le Ministre Tonato a fait comprendre qu’un dispositif de contrôle sera progressivement mis en place afin que force reste à la loi.

En finir avec le désordre à Cotonou
Désormais, plus rien ne sera plus être comme avant. L’exécutif prend ses responsabilités pour garantir un cadre de vie sain et un développement durable des villes. Pour le ministre Tonato, si Cotonou est encore dans cet état d’insalubrité, c’est parce que les structures contractantes pour faire le travail manquent d’efficacité. « Toute la ville est couverte par des contrats de nettoyage. C’est parce que les gens ne font pas leur travail. L’Etat va appuyer les collectivités locales pour le nettoyage », a-t-il souligné. Les terre-pleins centraux cesseront alors d’être des dépotoirs publics de la ville. Après le dégagement, l’Etat annonce mettre de la rigueur dans l’assainissement des villes, pour éviter, dit le ministre, qu’on en arrive à reculer encore.
Fulbert ADJIMEHOSSOU

aCotonou

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