La nomination du Colonel Martin Houénassi au SSA décriée au sein des...

La nomination du Colonel Martin Houénassi au SSA décriée au sein des Forces armées béninoises

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Par : Jérôme DÉGUÉNON

La nomination du Médecin-Colonel Houénassi Dedonougbo Martin au poste de Directeur du Service de Santé des Armées (SSA) est contestée par de nombreux personnels des Forces Armées Béninoises (FAB). L’homme présenté comme une victime du régime défunt, par certains journaux (cf la Presse du Jour du 4 Juillet 2016) aurait été réhabilité par le gouvernement du Président Patrice Talon. Mais sa nomination de l’avis de certains hauts dirigeants militaires, n’est pas conforme à l’orthodoxie qui régit le choix du chef dans les forces Armées béninoises. Et pour cause, cet officier n’incarnerait pas dans son parcours de ces dernières années, un modèle de rassembleur ou de leader. Il constituerait même un exemple « d’indiscipline notoire » au sein des médecins militaires.

L’homme décrit comme une victime de l’acharnement du gouvernement du Président Yayi Boni a au contraire beaucoup profité de ce régime. Il a bénéficié d’un appui de poids dans la préparation de ses voyages d’études et d’une large mise à jour de sa bibliothèque sur le compte du Budget National dans le cadre de la préparation à son concours d’agrégation en 2008. Les autres candidats nationaux n’auraient pas bénéficié des mêmes appuis. Il a, dans la suite, été propulsé médecin-chef de l’HIA de Cotonou, cumulant en quelques mois le titre de maître de Conférence, le grade de Colonel et l’accession au rang de directeur de la plus grande structure hospitalière des FAB. L’homme ne devrait pas en principe bénéficier dans l’état actuel d’une quelconque promotion du Gouvernement de la Rupture, estiment certaines sources dans le rang des Forces armées béninoises.

En effet, son départ de l’HIA de Parakou, où il avait déjà été affecté par mesure disciplinaire en 2011 par le Ministre Kogui N’Douro, a été de nouveau par mesure disciplinaire. En effet, en octobre 2013, bravant un ordre formel, il refusa de se rendre de nuit de Cotonou à Parakou pour y recevoir en visite officielle le Président de la République. Par ce comportement, ce colonel aurait volontairement et en toute conscience violé la sacro-sainte règle militaire ‘’d’exécution avant réclamation’’. La sanction n’a pas tardé puisque, au constat de son absence lors du passage du Président de la République, il fut puni par le Chef d’État-Major de Armées le contre-Amiral Gbessemehlan Denis. Il est toujours sous le coup d’arrêts de rigueur ayant motivé une commission de discipline dont il bloqua les travaux par la réfutation de certains des membres. De fait, depuis deux ans cet officier marqué du sceau de l’indiscipline notoire n’a pas de fonction militaire et reste entièrement confiné à ses activités académiques à la FSS.

Cette situation d’indiscipline est bien connue de la troupe comme du Commandement et il n’est pas besoin d’investigations approfondies pour que l’Autorité s’en informe afin d’orienter sa décision. Ainsi la soi-disant réhabilitation prônée le gouvernement du Président Talon constitue aux yeux des Fab un faux pas d’importance qui pour eux, doit être rapidement corrigée. Il convient que les chantres de la Rupture en marche, s’éduquent à écouter les acteurs de terrain pour œuvrer dans le sens du respect des règles de fonctionnement qui garantissent la cohésion et la performance opérationnelle de chaque secteur, surtout dans le secteur militaire. Ici les faux pas sont porteurs de tension qu’il faut à tout prix prévenir ou corriger. Le Service de Santé des Armées traverse depuis quelques années une crise majeure qui demande pour être résolue, vision, action dans la durée, rassemblement et leadership véritable. Or, le Médecin-Colonel Houenassi devra faire valoir ses droits à la retraite le 1er Octobre prochain. Cette nomination, d’après ces hommes et femmes de l’armée béninoise, ne pourra rien apporter d’autre à ce Service que stagnation voire recul des performances, méfiance voire exacerbation des oppositions et instauration de l’indiscipline, que par cet acte le gouvernement de la rupture vient de récompenser.

aCotonou

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