La crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Aucun...

La crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Aucun cœur n’a jamais souffert alors qu’il était à la poursuite de ses rêves

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L’ancien préfet des départements de l’Ouémé et du Plateau Moukaram Badarou et président du parti Conscience citoyenne était sur Café Média Plus vendredi 09 septembre 2016. Avec un parterre de professionnels des médias, les échanges ont porté sur le thème : Réformes et développement du Bénin : la place de l’autorité de l’Etat.

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Monsieur le Coordinateur de Café Media Plus
Messieurs les membres de la coordination de Café Media Plus
Mesdames et Messieurs de la presse

Tout le plaisir et l’honneur est pour moi d’être à nouveau parmi vous pour animer cette importante causerie. Oui, cette précieuse causerie qui permet d’échanger sur un thème et plusieurs aspects des faits liés à la vie socio politique de notre cher pays, le Bénin. Si elle n’avait pas existée, il fallait l’inventer parce que de tels cadres manquent cruellement aujourd’hui dans le pays où les acteurs clés fuient la parole, où la vie politique n’est pas animée, où les acteurs politiques et même de la société civile se retrouvent comme dans un bal masqué où on ne sait qui fait quoi. La parole n’est plus libérée à temps réel au point que pratiquement la vie politique est animée par la presse. Ceci crée d’ailleurs des difficultés aux journalistes qui parfois ont du mal à savoir ce que pense tel ou tel acteur politique, ce que pense tel ou tel groupe politique. Votre causerie est un creuset d’échange formidable et je voudrais modestement vous inviter à continuer. Je voudrais vous inviter à vaincre tout obstacle pour continuer et même pour améliorer. Cela participe d’un exercice citoyen et porteur pour non seulement la presse elle-même mais aussi et surtout pour le Bénin.

Mesdames et Messieurs, soyez-en félicité et remercié pour la noble initiative de cette causerie. J’y suis toujours avec beaucoup de joie et de bonheur mais aussi de fierté pour la presse de mon pays.

C’est la deuxième fois que je prends part à cette causerie qui est significative à mes yeux. Cela témoigne de l’importance que j’y accorde, cela témoigne surtout de son importance dans le giron médiatique de notre pays.

Le thème quej’ai le plaisir de partager avec vous est intitulé « Reformes et développement : la place de l’autorité de l’Etat »
Ce thème vient à point nommé parce que nous sommes à l’ère du Nouveau Départ, nous sommes à l’ère des reformes. Et les reformes,notre pays en a besoin. Ce besoin est même crucial d’autant plus qu’il est la source de nos difficultés. Le Bénin est à la croisée des chemins et les béninois semblent trouver chaussures à leurs pieds à travers l’arrivée du Président Talon. La nécessité de la rigueur républicaine n’est plus à démontrer. La nécessité de la fermeté est devenue un impératif. Chacun convient de la perte des valeurs et de l’habitude du non respect de la chose publique. Chacun convient de l’affaissement de l’Etat et de la nécessité du rétablissement de l’ordre républicain. Chacun convient de l’impérieux devoir de remettre les béninois au pas citoyen pour que l’Etat puisse être fort afin de mieux abriter ses citoyens que nous sommes. Chacun convient de la nécessité de l’application stricte des textes et du respect scrupuleux de la séparation des pouvoirs. Ainsi, il est plus que nécessaire que l’autorité de l’Etat soit au centre des reformes à opérer par le Président Talon et son gouvernement.

Il n’y a même pas un autre choix à opérer tellement nous sommes à la frontière du pire. Le contraire nous conduit droit au mur si nous n’y sommes pas encore.
Mesdames et Messieurs,

L’autorité est le pouvoir de commander, d’obliger à quelque chose, d’être obéï ; elle implique donc la légitimité.
Dans un Etat, l’autorité est le pouvoir politique, l’ensemble des institutions, l’administration publique chargée de faire respecter la loi telle que préétablie.

L’autorité de l’Etat est en fait l’exercice du pouvoir d’Etat dans tous ses compartiments. C’est l’application de la loi, respect absolu du droit. L’autorité de l’Etat rime avec la démocratie, l’effectivité de la citoyenneté et le sens aigu du bien commun et de l’intérêt général. L’autorité de l’Etat commence par la protection de chaque personne dans le respect de ses droits, de chaque famille dans le respect de ses responsabilités, de chaque corps intermédiaire dans le respect de ses compétences. L’autorité de l’Etat se mesure à la qualité de ses interventions régaliennes.

L’autorité de l’Etat passe par une vision de la société empreinte de souci de justice. L’autorité de l’Etat n’est rien d’autre que de montrer le bon chemin, de savoir l’expliquer au peuple et d’y maintenir coûte que coûte la nation dans son unité et son harmonie. L’Etat doit être pédagogue, le discours et les actes de ses tenantsdoivent être en harmonie au point de servir de leçons magistrales auxquelles il doit être en mesure de faire adhérer la population dont il a la responsabilité.

L’autorité de l’Etat est donc un art qui relève de chefs politiques pleinement pénétrés de l’éminence de leur fonction et résolu à l’exercer en toute indépendance et sans complaisance. L’autorité de l’Etat implique donc et de manière impérative le droit, les lois et les règlements, la légitimité, l’esprit citoyen. Sans l’autorité de l’Etat, on ne saurait parler d’Etat encore moins de son développement. L’autorité de l’Etat conduit inévitablement au Mieux-Etat. Un Etat qui s’occupe de l’essentiel et laisse libre court à l’initiative privée. Un Etat qui s’affirme et qui n’est pas complaisant. Un Etat protecteur et épris de justice. Un Etat qui s’occupe du pauvre et du riche, du faible et du fort, bref un Etat qui est le trait d’union entre les filles et fils habitant son territoire.

En revanche, l’autorité de l’Etat n’a rien à avoir avec la dictature encore moins du totalitarisme. Les comportements autoritaires sont contraires à l’affirmation de l’autorité de l’Etat. Ainsi donc, l’absolutisme, le despotisme et l’oppression sont loin d’appartenir au champ de l’autorité de l’Etat parce que n’étant pas basé sur le droit et encore moins sur le bien commun et sur l’intérêt général. Dans l’affirmation de l’autorité de l’Etat, il faut donc se garder de prendre des décisions d’autorité mais il faut rechercher à appliquer avec rigueur la loi. L’autorité de l’Etat cesse de l’être et devient arbitraire dès qu’elle est coupée de son lien substantiel avec le bien commun, c’est-à-dire l’intérêt général. L’autorité de l’Etat cesse de l’être dès que la parole de son premier responsable ne peut pas être honorée ou dès qu’on tombe dans la banalisation des propos des premières autorités, surtout celle de la première autorité.

Le Bénin est arrivé à un carrefour où le droit existe, les lois et les règlements existent, la légitimité existe mais l’esprit citoyen manque cruellement. Il faut donc ramener l’esprit citoyen dans la cité quoi qu’en soit ce que ça doit coûter pour espérer le développement du pays. Les reformes doivent prendre en compte comment reformer le comportement des béninois, comment impacter le mental des béninois surtout des plus jeunes. Il va falloir miser beaucoup sur l’enseignement du primaire au supérieur en passant par le secondaire. Sensibiliser sérieusement la génération actuelle et donner les moyens à la justice pour sanctionner au besoin. Sans état d’âme, il faudra laisser place à la rigueur tout en appliquant les textes proprement dits à tous les niveaux. L’exemple doit servir de repère et donc du sommet à la base et tout doit converger vers l’intérêt général.

Mesdames et messieurs,

Comme on peut le constater aisément, l’autorité de l’Etat conduit inévitablement au développement. C’est pourquoi, il doit être au centre de toutes les réformes en cours dans notre pays. Le Président Talon qui a placé son mandat sous le signe des reformes doit tout faire pour aider au rétablissement de l’autorité de l’Etat au Bénin. De ces cinq mois d’exercice du pouvoir d’Etat, les signaux sont bons et il faut l’encourager à continuer. Il y va de l’intérêt du pays et de ses populations.

Merci pour votre cordiale attention.

aCotonou

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