Justice : La grâce présidentielle et après…?

Justice : La grâce présidentielle et après…?

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A la faveur du Conseil des ministres du vendredi 25 novembre 2016, tenu sous l’égide du chef de l’Etat, Patrice Talon, 519 prisonniers ont bénéficié de la grâce présidentielle. Cette décision combien salutaire, faut-il le rappeler, entre dans le cadre de la célébration de la fête de l’indépendance et ce, conformément au droit de grâce que confère la Constitution en son article 60 qui stipule «Le Président de la République a le droit de grâce. Il exerce ce droit dans les conditions définies par l'Article 130». Le gouvernement, en prenant donc cette décision, n’a pas voulu déroger à la tradition. D’ailleurs, Patrice Talon  n’avait-il pas annoncé la mesure de grâce au profit de certains prisonniers, le 31 juillet 2016, lors de son message à la Nation? Qu’il joigne l’acte à la parole est tout à son actif. Seulement, des interrogations se posent. Faut-il, pour la forme, continuer à gracier des personnes qui ont connu le milieu carcéral pendant des mois, voire des années, dans des conditions que nous connaissons tous? Quel dispositif est-il mis en place pour sauver tel ou tel détenu libéré, des liens du tabac pour s’être maladroitement familiarisé avec au cours de son séjour carcéral ? Même si la grâce présidentielle ne concerne qu’une catégorie de détenus, on peut toutefois s’interroger sur l’existence effective de mécanismes efficaces de réinsertion de certains détenus dans la société. Des préoccupations légitimes quand on sait qu’il n’est pas rare d’entendre des responsables de la sécurité, après avoir mis la main sur ‘’un hors-la-loi’’, dire que c’est un récidiviste, un repris de justice. Pis, c’est courant d’entendre des prisonniers libérés, manifester le désir de retourner en prison où ils prétendent vivre mieux? Il urge de penser à la situation. Et pour ce faire, il faut une véritable politique de réinsertion socio professionnelle. Des gouvernants aux Organisations non gouvernementales (Ongs) en passant par les familles, nul ne sera de trop.
Car, ceci participe du désengorgement des milieux carcéraux.

Cyrience KOUGNANDE


Matin Libre

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