Interview du Premier ministre dans «L’Express»: Lionel Zinsou s’est crucifié

Interview du Premier ministre dans «L’Express»: Lionel Zinsou s’est crucifié

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L’interview du Premier ministre, candidat à l’élection présidentielle, dans le journal français « L’Express », continue de susciter des commentaires. L’analyse minutieuse de ses déclarations, montre au lendemain du premier tour, que Lionel Zinsou s’est fait hara-kiri.

L’interview accordée au journal « L’Express » à la veille du scrutin du dimanche 6 mars 2016 a été perçue comme une prétentieuse insolence insupportable à de nombreux Béninois. Plusieurs personnalités indexées ainsi que des autorités religieuses la considèrent comme une provocation inutile. Elle a contribué à une désaffection qui se confirmera sans doute au soir du deuxième tour, le 20 mars prochain. Au lieu de présenter son projet de société et de battre campagne, Lionel Zinsou, qui se réjouissait de l’avance confortable présumée de l’alliance républicaine, a passé son temps à justifier ses affiliations au pays. « Ma grand-mère est de Djidja. Mon père est de Savalou. Nous avons une maison familiale à Ouidah… » Pendant qu’il tenait ce discours, ses concurrents occupaient le terrain. C’est aussi l’une des causes de son échec. Cela démontre, s’il en était encore besoin, que Lionel Zinsou ne connaît pas suffisamment les réalités béninoises. Par le passé, le pays a élu des représentants qui ne sont pas des hommes de couleur. C’est le moment de rappeler avec insistance que le débat actuel, exige l’appel pressant à la grâce du discernement excluant rigoureusement le particularisme ethnique agité et dénoncé ici et là. Ce pays, le Dahomey, aujourd’hui Bénin, a sollicité et a élu avec enthousiasme Francis Aupiais et Jacques Bertho comme ses premiers députés à l’Assemblée nationale Française en 1946. Ils étaient des « Blancs » d’origine. Mais ils parlaient les langues dahoméennes, étaient contre les humiliations de leurs compatriotes dahoméens, encourageaient les espérances. A titre illustratif, les 15 vœux du Père Bertho cités dans « Le bonheur de servir » du professeur Albert Tévoédjrè, en témoignent éloquemment. Ils étaient disciples de Pierre Claver, jésuite espagnol dont la devise était : « Esclave des Noirs pour toujours ! » Ils aimaient Dahoméens, et les Dahoméens les aimaient. Les propos et le comportement de Lionel Zinsou l’éloignent clairement d’une telle proximité.

Jean-Claude Kouagou

 

Actu Bénin

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