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Interdiction de la marche contre l’assassinat du Caporal Dangou:L’Odhp dénonce les dérives du préfet Epiphane Quenum

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Il est finalement tombé dans le piège. Le préfet des départements de l’Atlantique-Littoral a interdit la marche pacifique appelée pour le vendredi 19 février 2016 contre l’assassinat du Caporal Dangou, l’arrestation et la mise au secret d’autres militaires qui ont revendiqué le non-payement de primes des militaires en mission onusienne en Côte d’Ivoire par la Ldh, l’Odhp, la Cstb, la Cgtb, la Fesyntra-Finances et le Cocumab. Dans ce communiqué de presse, l’Observatoire des droits humains et de la Paix (Odhp) dénonce « les dérives liberticides » de l’autorité préfectorale.

Communique de presse

Par arrêté préfectoral n°2/0086 du 17 février 2016, le préfet Kouassi Epiphane P.B. Quenum interdit la marche pacifique appelée pour le vendredi 19 février 2016 contre l’assassinat crapuleux du Caporal Dangou, l’arrestation et la mise au secret d’autres militaires ayant, avec le Caporal Dangou, dénoncé le vol des primes des militaires en mission onusienne en Côte d’Ivoire….

La marche pacifique en question a été initiée par des organisations démocratiques bien connues (Ldh, Odhp, Cstb, Cgtb, Fesyntra-Finances, Cocumab…). Il convient de rappeler que depuis la survenue de ce forfait inadmissible, les organisations ci-dessus n’ont cessé de s’indigner et d’inviter à ce que justice soit faite et que les auteurs de l’assassinat et du vol des primes soient sanctionnés en même temps que les militaires concernés soient libres de leur mouvement et indemnisés. Face au silence du Gouvernement et de la hiérarchie militaire, les organisations démocratiques se sont vues obliger de se faire entendre à nouveau et collectivement sur invitation de la Ligue pour la Défense des Droits de l’Homme au Bénin. Les 05 et 09 février 2016 elles ont décidé de conjuguer leurs énergies contre ce qui apparaît de toute évidence comme un gros attentat contre les libertés et la vie humaine qui est sacrée. Voilà les raisons légitimes de cette marche.

Dans les motifs de l’interdiction illégale par le préfet, on lit : « Motifs : -Considérant la sensibilité de la journée choisie, laquelle coïncide avec l’ouverture de la campagne électorale pour l’élection présidentielle ; – Considérant que le dossier du Caporal Rachid Dangou est pris en charge par le Procureur de la République et en phase d’informations et d’enquête ».
D’abord, le Préfet n’est pas fondé à interdire des manifestations qui sont garanties par la Constitution (Art.25). Secundo, c’est le maire qui assure les pouvoirs de police administrative dans la Commune. Les tentatives d’agir autrement ont été toutes les fois dénoncées par les organisations démocratiques y compris certains partis politiques avec des succès momentanés de rétablissement des libertés et des pouvoirs du maire (que ce soit à Cotonou, Parakou ou Abomey).
Quant aux mobiles alignés par le préfet, pour tenter de justifier l’interdiction de manifester, ils sont fallacieux et irrecevables, dans la mesure où ni la campagne électorale ni l’envoi d’un dossier en procédure judiciaire ne suspendent les libertés du reste protégées par la Constitution.
En fait, l’ancien député devenu préfet emboîte le pas à son prédécesseur (Placide Azandé, violateur des libertés publiques promu ministre de l’intérieur par le Chef de l’Etat alors même qu’il est sous le coup d’une procédure judiciaire : on se souvient que c’est lui Azandé qui, en violation de la Constitution et usurpant les pouvoirs du maire de Cotonou, a ordonné la répression de la marche pacifique du 27 décembre 2013 contre l’insécurité et les violations des droits humains à Cotonou).

Il apparaît donc que l’impunité cautionnée par le dictateur Yayi Boni encourage les forfaits contre les libertés et la vie humaine.
L’Odhp dénonce et condamne le préfet Epiphane Quenum pour la prise illégale de cette mesure arbitraire. Elle exige sa démission immédiate et sa remise dans les mains des tribunaux compétents pour répondre de ses forfaits.
Elle invite les citoyens Béninois, les organisations démocratiques diverses, les partis politiques, les organisations syndicales diverses ainsi que l’opinion internationale à poursuivre leurs pressions sur le Gouvernement (le Président de la République, les ministres de la défense et de la justice ainsi que la hiérarchie militaire afin que les assassins du Caporal Dangou soient identifiés, jugés et sanctionnés et que tous les militaires persécutés et mis aux arrêts incognito soient libérés et rétablis dans leurs droits.

Cotonou, le 20 février 2016 Le Bureau exécutif national de l’Odhp

Actu Bénin

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