Graves lacunes dans le processus électoral : Ce qu’on attend des candidats

Graves lacunes dans le processus électoral : Ce qu’on attend des candidats

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Demain, aucun homme politique ne verra derrière lui personne pour contester les résultats issus du scrutin, car il aura été suffisamment averti sur les moyens de fraudes.

Assez de milliards dans la campagne, mais pas du tout de milliards dans la veille citoyenne. Si les candidats se contentent des bains de foule, ils seront, une fois encore surpris, comme en 2011. La foule est un indicateur de réussite, une liste électorale et un processus électoral fiables en sont un autre, et d’ailleurs le plus déterminant. Il faudra dire aux candidats que personne ne sera là à écouter leurs lamentations aux lendemains des élections. Car ils l’auraient bien voulu. Un candidat, la semaine écoulée, s’est indigné de n’avoir pas eu à temps sa carte d’électeur. Il découvre que le processus est biaisé, mais pourtant continue sa campagne. Si rien n’est fait, il sera dans le regret de découvrir qu’il a perdu les élections. En fait, l’ensemble des candidats et des hommes politiques a été pris à contre-pied par le Cos-Lépi. Aucun d’eux ne peut certifier que la liste électorale jouit d’une fiabilité certaine. Aucun d’eux ne peut le dire, car tout ceci a été fait au moment où ils étaient préoccupés par ce que d’aucun appelle le « mercato politique ». Le Cos-Lépi a présenté la liste à la Céna depuis décembre, mais jusqu’à présent, aucun d’eux ne met la pression nécessaire pour que cette liste soit affichée, alors que la loi le permet. Aucun d’eux n’a pu diligenter ou tout au moins solliciter une mission de contre-expertise pour vérifier la fiabilité de cette liste alors que nombreux parmi eux ont les ressources nécessaires. Tout s’est passé comme une lettre à la poste. La liste est donc là avec, peut-être ses coquilles et ses doublons. Le second problème, c’est l’indisponibilité des cartes d’électeur. Cette fois-ci, il y a eu une action des acteurs politiques dits de la rupture qui a permis au Cos-Lépi de s’expliquer devant la Céna. Il en est de même de la Cour constitutionnelle qui a pris ses responsabilités. On peut dire que, pour une fois, la pression a un peu payé. Mais, cela n’a vraiment pas eu l‘impact souhaité. Le Président du Centre national de traitement (Cnt) a déclaré, la semaine écoulée, qu’ils sont à 35%. Lequel des candidats, 6 jours après cette déclaration, s’est rendu au Cnt pour s’enquérir de l’évolution ? Lequel d’entre eux peut dire, à l’heure actuelle, le taux de production de ces cartes par le Cnt ? Quels sont les équipements qu’il faut au Cnt pour démultiplier les productions et quel plaidoyer faire pour qu’il puisse les acquérir à temps pour réussir sa mission ? Les candidats et acteurs politiques, dans une démarche consensuelle, peuvent mettre la pression nécessaire sur l’Exécutif pour la mise à disposition de ressources y afférentes. Lequel d’entre eux ont tout au moins suscité le débat dans ce sens ? La Cour constitutionnelle a envisagé la possibilité d’utiliser les anciennes cartes. Quelle est la position de ces candidats ou des coalitions politiques ? Que faire pour que cette formule (si elle est admise) ne soit pas entachée d’irrégularités ? A l’allure où vont les choses, le Cnt qui clame partout qu’il pourra finir la production des cartes avant le vote, dira la veille des élections qu’il n’est pas capable de le faire. A cette allure, on tendra vers un nouveau report. Que fait la classe politique pour éviter cet énième report ? A quel taux sommes-nous pour ce qui est de la distribution des cartes d’électeur aux citoyens résidant à l’extérieur ? Tous évitent ces questions essentielles. On dira même que ces inquiétudes n’émeuvent aucun d’entre eux.

Le jour du vote se prépare avant

Selon certaines informations, l’état d’alerte sera maximal le jour du vote. Des dispositions seraient en train d’être prises à la fois par les organisations de la société civile et les équipes de campagne des candidats pour faciliter la collecte des résultats. Tout ceci est bien beau, mais ce n’est pas le plus dur. L’important c’est la capacité de ces candidats à avoir des observateurs sur toute l’étendue du territoire national. Comment faire pour empêcher les gens de procéder à des votes multiples ? Comment faire pour que les ‘’supposés doublons’’ laissés dans la liste ne servent pas un candidat ? Comment faire pour que des votes de mineurs constatés par le passé dans certaines localités ne le soient pas ? Comment faire pour que des démarrages tardifs dans certaines zones réputées bastion de tel ou tel autre candidats soient découragés ? Comment éviter les votes nocturnes, comme à Abomey-Calavi pendant les législatives. Comment éduquer les observateurs et électeurs à remonter les informations ou signaler des irrégularités ? Les défis sont énormes, les techniques de fraudes sont plurielles. Seule une veille citoyenne et un engagement affirmé des acteurs politiques, de la société civile, des partenaires techniques pourront aider à limiter les dégâts. Encore faudra-il qu’ils se réveillent vite.

AT

Actu Bénin

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