Gestion des données d’immigration à l’Aéroport Cardinal Bernardin Gantin : La police...

Gestion des données d’immigration à l’Aéroport Cardinal Bernardin Gantin : La police reprend le monopole au détriment de Sécuriport

0
PARTAGER

La Direction générale de la police nationale et plus précisément la Police de l’Air et des Frontières vient de se voir réadjuger son droit de gestion des données personnelles des passagers collectées à l’aéroport international de Cotonou. De plus, ses équipements dédiés à l’enrôlement des passagers seront bientôt réinstallés dans l’optique de garantir une efficacité dans le traitement desdites données. C’est l’une des mesures prises par le gouvernement Talon, au cours du Conseil des ministres du 11 mai 2016, en vue du renforcement du dispositif de protection des données à caractère personnel à l’aéroport Cardinal Bernardin Gantin. Faut-il le rappeler, le gouvernement de la République du Bénin, par décision du Conseil des ministres, a signé le 26 janvier 2016, un contrat avec une société dénommée Sécuriport. Un contrat qui retire à la Police nationale notamment au service de la Police de l’Air et des Frontières une grande partie de ses prérogatives régaliennes notamment en matière de gestion des données d’immigration. Toute chose contraire aux dispositions de la loi n°2009-09 du 22 mai 2009 portant protection des données à caractère personnel en République du Bénin. Lesdites dispositions stipulant qu’aucun opérateur privé ne peut collecter et traiter des données à caractère personnel sans l’autorisation préalable de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) prévue à l’article 19 de ladite loi. La décision, faut-il le souligner, avait coulé beaucoup d’encre et de salive au sein des flics pour qui, c’est au mépris de ces dispositions qu’il a été concédé à un opérateur privé dénommé Sécuriport de procéder, après l’enrôlement des passagers par la Police de l’Air et des Frontières, à la gestion de données personnelles des passagers collectées à l’aéroport international de Cotonou sans l’autorisation préalable de la Cnil et ceci après avoir désinstallé les équipements de la Direction générale de la Police nationale. Et pour rétablir la police nationale dans ses droits, le Conseil des ministres a décidé de faire réinstaller par la Direction générale de la Police nationale, ses équipements dédiés à l’enrôlement des passagers. Une décision jugée salutaire au regard du caractère sensible de ces données et des menaces terroristes dans la sous-région.

Aziz BADAROU

Matin Libre

Commentaires

commentaires

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE