Gestion de la filière coton : les troublantes révélations de l’ancien Dc/Maep...

Gestion de la filière coton : les troublantes révélations de l’ancien Dc/Maep Yacoubou Touré

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Le Gouvernement de la rupture a décidé lors du Conseil des Ministres du 15 juin dernier de la suppression des subventions à la filière Coton. Cette décision n’est pas du goût de l’ancien Directeur de cabinet du Ministère de l’agriculture Yacoubou Touré qui pense qu’il s’agit d’une grave décision qui risque de démotiver les producteurs. Il l’a fait savoir au détour de la sortie médiatique des Forces Cauris pour un Bénin Emergent (FCBE) le mercredi 17 Août dernier.

Abordant la question de la gestion de la filière Coton par le nouveau régime, l’ancien Directeur de cabinet du Ministère de l’agriculture Yacoubou Touré a d’abord rappelé l’origine de la brouille entre l’Etat et l’Association Interprofessionnelle des Cotonculteurs (AIC). «L’AIC a géré la filière jusqu’en 2012, 2013. Nous avons eu des résultats. Je crois que le meilleur résultat que nous avons pu avoir c’est 174.000 tonnes de coton graines. En réalité, dans nos prévisions à l’époque on s’attendait à 240.000 tonnes de coton graines. Ce résultat nous a amené à nous interroger. C’est ça l’origine de la brouille entre l’AIC et le Gouvernement», a-t-il fait savoir. A en croire ses propos, l’accord-cadre entre le Gouvernement et l’AIC devrait normalement fait l’objet de relecture avant la reprise des activités de l’AIC. Ce qui n’est pas malheureusement pas le cas. Il craint ainsi le bégaiement de l’histoire. «A l’époque, j’avais demandé la relecture rapide de l’accord-cadre entre l’Etat et l’AIC plutôt que sa suspension. Ça n’a pas été fait et les mêmes causes devant produire les mêmes effets, nous sommes là en 2016, l’AIC a repris du service sans que l’accord-cadre ait fait l’objet d’une révision. C’est grave», a-t-il laissé entendre. L’autre chose qui est grave, selon ce dernier, c’est la disparition de la centrale d’achat des intrants agricoles (CAIA). «Dans la mise en œuvre du plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA), il avait été dit qu’il fallait mettre un chapitre appelé ‘’conditions de succès du PSRSSA’’ et ce chapitre a imposé la création des agences notamment une agence pour l’importation et la distribution des intrants vivriers, la CAIA. Aujourd’hui, je suis en train de constater la disparition de cette agence», a regretté Dr Yacoubou Touré avant d’insister: «Si vous ratez une campagne agricole vivrière, vous en avez pour cinq ans de disette. C’est ce qui est grave. Il faut rapidement que le Gouvernement corrige le tir. On peut faire des réformes, on peut changer des choses. Mais il y a des choses qu’on ne change pas. Il faut plutôt les améliorer». Il n’a pas manqué de déplorer la suppression de la subvention au niveau de la filière Coton. «Par rapport à la filière coton, l’AIC a repris du service avec des réformes inquiétantes parce que si nous sommes passés de 174.000 tonnes en 2012 à près de 400.000 tonnes en 2015, il y a donc des choses qui ont été faites notamment la subvention de cette filière par l’Etat», a indiqué l’ancien DC Yacoubou Touré. Selon ses explications, c’est ce qui se passe dans tous les pays. «C’est ça qui donne l’engouement aux producteurs et je ne connais pas un seul pays au monde où le coton ne soit subventionné. Même en chine, même aux Etats-Unis. Donc cette suppression de la subvention est grave», a-t-il martelé. Par ailleurs, l’ancien Directeur de cabinet du Ministère de l’agriculture, Yacoubou Touré a souhaité la promotion des autres filières à part le Coton notamment le palmier à huile.

Benn MICHODIGNI

aCotonou

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