Geneviève Adjidokpa au sujet des Consultations postnatales :« C’est pour vérifier l’état de santé...

Geneviève Adjidokpa au sujet des Consultations postnatales :« C’est pour vérifier l’état de santé de la mère et de l’enfant »

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Bien que recommandées par les médecins, peu sont les femmes qui se rendent aux consultations post-accouchement. Selon une étude américaine, moins de la moitié des nouvelles jeunes mamans vont à ces visites. Pour permettre aux femmes de mieux comprendre l’importance des Consultations postnatales, nous nous sommes rapprochés de la sage-femme Geneviève Adjidokpa en service à la maternité centrale de Comè. Voici ce qu’elle en pense.

Le Matinal : Que peut-on entendre par consultations postnatales 1, 2 et 3 ?

Geneviève Adjidokpa : Ce sont les visites qui interviennent pendant la période postnatale qui dure 41 jours. Elles commencent à partir du premier jour de la naissance de l’enfant jusqu’au 41ème jour.

Dans les hôpitaux ou centres de santé, qui sont les agents qui s’occupent de ces visites post-accouchement que les nouvelles mères doivent effectuer ?
Il est recommandé d’aller voir le gynécologue ou la sage-femme qui a suivi la femme durant sa grossesse, à la maternité ou au cabinet. Car, ils connaissent ses antécédents. Le médecin traitant peut également s’en charger si elle le souhaite.

En quoi les consultations postnatales sont-elles importantes ?
Lors de la grossesse, et surtout pendant l’accouchement, le corps de la femme est soumis à rude épreuve. Après l’accouchement, la nouvelle mère doit faire les consultations postnatales pour vérifier son état de santé et celui de son enfant. Car, il y a des fois, l’enfant peut être bien né, mais il peut ne pas trouver le lait de sa maman pour téter. La mère doit également aller à l’hôpital pour voir si son utérus évolue normalement et si les blessures de couche sont cicatrisées. Ces consultations obligatoires permettent aussi de vérifier l’état des comportements psychologiques de la mère et les relations de la mère et de l’enfant. Nous vérifions également la température, la tension artérielle, l’involution utérine, l’aspect des lochies, la cicatrisation éventuelle du périnée, les seins et les mollets. Car, une jeune accouchée ne doit pas présenter de fièvre ni de tension artérielle élevée.

Comment se déroulent-elles ?
Au cours des consultations postnatales, nous essayons de détecter les causes urinaires à travers l’Examen cytobactériologiques des urines (Ecbu), les causes utérines et les causes périnéales. Lorsqu’on détecte par exemple les pathologies dont les infections urinaires, l’inflammation de la muqueuse utérine, ou une épisiotomie, nous donnons aux patientes, des antibiotiques, des amoxicillines, des méthergins, selon les cas, et nous leur appliquons des soins locaux répétés à la Bétadine. Il peut également y avoir, au cours de ces périodes postesnatales, des complications causées par l’hémorragie, les thromboses et la dépression puerpérale.
Dans les cas d’hémorragies liées à l’endométrite, la sage-femme transfère le malade en milieu hospitalier pour faire pratiquer une échographie afin de vérifier la vacuité utérine. En cas de phlébites ou de thrombose hémorroïdaire, nous recherchons une douleur à la palpation du mollet et à la dorsi-flexion du pied et faisons une incision de la veine à l’aide d’un bistouri. Si, entre-temps, elle a des complications psychiatriques, nous l’orientons vers une consultation spécialisée ou l’hospitalisons en milieu psychiatrique. Si, elle fait l’enfant par césarienne, on lui fait le pansement.
Pour le cas de l’involution utérine, nous vérifions si l’orifice interne du col est fermé dès le deuxième jour et si celui externe du col est fermé dès le vingtième jour. Les lochies sont un écoulement de sang non coagulé durant les trois premiers jours qui suivent l’accouchement, puis séro-sanglant jusqu’au huitième jour.
Quant à la consultation du périnée, nous conseillons aux nourrisses une toilette périnéale soigneuse tous les jours. Pour les seins, nous vérifions la montée laiteuse. Nous pratiquons également un massage aréolaire des seins de la patiente afin de déclencher le flux d’injection du lait. Lorsqu’il y a abcès des seins, nous conseillons à la patiente de prendre des antibiotiques et des amoxicillines 3g par jour.

Propos recueillis par Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)

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