Fiacre Alladaye à propos du Blé : «Cette céréale ne devrait pas...

Fiacre Alladaye à propos du Blé : «Cette céréale ne devrait pas être consommée au Bénin…»

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Une des céréales les plus consommées à travers le monde, le blé, de nos jours, s'impose comme un aliment de base. Au Benin, presque toutes les populations rurales comme urbaines mangent au moins une fois le blé par jour. Mais,malgré sa richesse nutritionnelle, sa consommation est fortement remise en cause par des professionnels de la nutrition et de la santé. Clarification avec Fiacre Alladaye, agro nutritionniste, président de l'Organisation non gouvernementale (Ong) Food and nutritional security for all (Sécurité alimentaire et nutritionnelle pour tous).

Du blé et de ses dérivés

Du genre Triticum, nous dira Fiacre Alladaye, plusieurs espèces de blé existent. La Triticuma estivum (blé tendre) est la variété la plus cultivée. Selon la Table de composition alimentaire de l'Afrique de l'Ouest éditée en 2012, une portion de 100g de blé entier fournit environ 326kcal d'énergie, 12.4g de protéines, 2.2g de lipides, 58.7g d'hydrate de carbone, 10.8g de fibres, des minéraux comme le calcium (30mg), le fer (4,7mg), le magnésium (140mg). Le blé, poursuit-il, contient également du phosphore, du potassium, du sodium, du zinc, du cuivre. On y trouve également du carotène (précurseur de la vitamine A), les vitamines du complexe B, C, D, et E. Au Benin, les produits dérivés du blé sont aussi divers que variés et inondent tous les marchés. «Le consommateur non averti consomme dans le même plat, le blé avec le blé comme en prenant du spaghetti accompagné de pain;de la bouillie de farine importée avec pain ou galettes de blé; mélange de friand, croissants, et pains lors des pauses-café. Il n'est pas aussi rare de voir le consommateur manger du blé après le blé dans la même journée sans s'en rendre compte. C'est le cas du thé accompagné de pains sucrés ou salés, de la bouillie de farine de blé aux petits enfants, galettes ou gâteaux au petit déjeuner, un plat de spaghetti avec pains au déjeuner, et pourquoi pas du couscous ou la pâte de semoule au dîner sans oublier l'autre morceau de friands ou croissants, ''charwama'', hamburger, pizzas, ''swangni'', ''atchonmon'' ''yovo-doko'', biscuits sucrés, salés, lactés, chocolatés, pris au goûter. Il ne peut pas en être autrement si déjà maman ne va pas au service sans sa part dans son sac.Et pourtant, l'excès en toute chose nuit, dit-on», soulignera le nutritionniste. A l'entendre, le blé sert aussi de matières premières pour certaines bières très appréciées par les Béninois. Ainsi, va-t-il alors conclure, le danger réside davantage dans la consommation abusive du blé et la forme sous laquelle, elle est consommée.

«La consommation régulière et abusive d'un aliment non cultivable dans notre environnement immédiat peut indisposer et fragiliser notre organisme...»

Il faut reconnaitre qu'à l'origine, le blé avait une très bonne valeur nutritionnelle, une qualité organoleptique exceptionnelle et dispose des propriétés physico-chimiques très recherchées par l'industrie, affirmera le président de l'Ong Fnsa. Malheureusement, indique-t-il, outre les modifications génétiques, l'industriel met sur le marché des farines très raffinées. La farine de blé raffinée ou blanche est celle qui émane du blé dépourvu du son et de germe et ayant subi éventuellement d'autres traitements. Le son du blé, très riche en fibres alimentaires (majoritairement insolubles) et en éléments nutritifs, induirait la couleur brune dans la farine. Le germe, connu aussi pour sa richesse en micronutriments (minéraux et vitamines) et en lipides, est écarté du fait qu'il réduirait la durée de conservation de la farine, le pouvoir de gonflement du pain et son élasticité. Des cas d'intolérance et de sensibilité au gluten du blé sont aussi fréquents; révèle l'homme. Le gluten, selon ses explications, est la protéine du blé qui confère la texture moelleuse aux pains et gâteaux. Le blé contiendrait aussi de la gliadine, une protéine qui serait aussi nuisible à la santé humaine. Par ailleurs, va renchérir Fiacre Alladaye, la production du blé à grande échelle ne serait effective sans le concours des engrains chimiques dont les conséquences néfastes sur l'organisme ne seraient plus à démontrer.«Aussi, il faut remarquer qu'aucune variété de blé n'est cultivée au Bénin», fait-il observer, et d'ajouter que cet état de chose est préjudiciable pour le bien-être de l'homme. «La consommation régulière et abusive d'un aliment non cultivable dans notre environnement immédiat peut indisposer et fragiliser notre organisme. Ce dernier sera amené à chercher l'équilibre entre son contenu et son environnement. Ce faisant, notre système immunitaire peut s'affaiblir et nous exposer à de nombreuses maladies chroniques», va alerter le président de l'Ong Fnsa. Pour ce nutritionniste, «cette céréale ne devrait pas être consommée au Bénin».Il estime, en effet, que l'homme étant à l'image de ce qu'il mange, sa santé en dépend entièrement. «Ce sont les aliments qu'il mange, qui remplacent, entretiennent, et nourrissent ses cellules pour ne pas dire son corps.», a conclu Fiacre Alladaye.

Cyrience KOUGNANDE


Matin Libre

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