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Evaluation des objectifs du millénaire pour le développement : Le Bénin dans le rouge sur le front de l’éradication de la pauvreté

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« Eradiquer la pauvreté et la faim » à l’horizon 2015. C’est le premier des huit Objectifs du millénaire pour le développement que se sont fixés les pays membres de la communauté internationale. Au Bénin, les indicateurs sont encore au rouge pour cet OMD. C’est du moins ce que révèle le rapport d’évaluation réalisé par le Pnud en mai 2016.

Les fruits n’ont tout simplement pas tenu la promesse des fleurs. Après 15 ans, la pauvreté rythme encore la vie des Béninois. Après une baisse impressionnante de 11 points de pourcentage entre 2007 et 2009 (51,6 à 40,8 %), l’extrême pauvreté est remontée de 10 points au-dessus de son niveau de 1990, avec près de 02 Béninois sur 03 vivant avec moins de 01 Dollar US par jour en 2015 (63,5 % de la population). En cause, plusieurs facteurs. On cite par exemple la crise économique et financière mondiale qui a frappé durement le Bénin entre 2009 et 2010. Cette crise, selon le rapport du Pnud a entraîné une crise économique, alimentaire et énergétique en raison de l’augmentation du prix des matières premières. Depuis 2012, la croissance économique du Bénin, dépasse 5 %, mais elle peine à compenser une forte croissance démographique (3,5 % par an) et n’est de fait que partiellement converti en emploi productif.

« Au Bénin, 01 Béninois sur 03 est considéré comme sans emploi en 2015 contre 01 sur 04 en 2011. En outre, la croissance est tirée en grande partie par l’agriculture, à faible productivité et à valeur ajoutée », mentionne le rapport. Par ailleurs, ’indice d’écart de la pauvreté en baisse constante depuis 1990 (43,52 % à 18 % en 2015) indique un rapprochement des plus pauvres du seuil de pauvreté national et donc une moindre intensité de la pauvreté.

La particularité, indique le rapport du Pnud est que l’extrême pauvreté au Bénin touche un nombre croissant de travailleurs : plus d’une personne occupée sur deux en 2015 (52,2%, soit 20 points de plus qu’en 2011). « L’expansion du secteur informel qui représente 87,6 % de l’emploi total en 2015 (+20 points par rapport à 2006) est incontestablement l’un des principaux facteurs de cette précarisation de l’emploi », renseigne le rapport.

La faim à l’état stationnaire depuis 2005

« La prévalence de l’insuffisance pondérale chez les enfants de moins de 5 ans a diminué de 2001 à 2006 (21,9 % à 18 %) et reste stable, à quelques points au-dessus de la cible pour 2015 de 14,6 %. Après une amélioration de 2000 à 2005 de 35 à 31 %, la proportion de personnes au sein de la population générale n’atteignant pas le minimum d’apport calorique évolue peu depuis 2005 (30,8 en 2013). Paradoxalement, dans le cas d’un pays comme le Bénin qui reste fortement rural et agricole, la pauvreté alimentaire est plus forte dans les campagnes (28,4 % en milieu rural contre 23,2 % en milieu urbain en 2013) et les ménages achètent 80 % des aliments qu’ils consomment », a conclu le même rapport réalisé par le Pnud en mai 2016. Pour ce rapport, « l’augmentation du prix d’achat des produits alimentaires constitue une limite à la sécurité alimentaire.

Affissou Anonrin

aCotonou

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