Erosion Côtière à Cotonou:Quelques impressions

Erosion Côtière à Cotonou:Quelques impressions

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Placide Clédjo, climatologue : « J’avais prédit cela en février »

« Pas de berge lagunaire, c’est la côte. En fait, j’avais fait des émissions sur Sikka Tv, sur BB24 et j’avais prédit déjà en février. On a eu 10 mètres d’érosion côtière. L’année passée, on a eu 45 mètres après l’installation des épis. Alors c’est tout à fait normal lorsqu’on installe les épis que l’érosion évolue un peu et se stabilise. Mais, après les épis, après le dernier épi, compte tenu de la configuration de notre côte, l’érosion doit s’accentuer.

Donc, il n’y a pas de problème là. Alors, ce qui s’est passé maintenant si vous observez bien, c’est le mois d’avril, en cette période c’est la zone de pic en fait. C’est la zone ou la mer charrie plus de sable. Donc, ce qu’on a constaté au niveau du port de Cotonou, c’est qu’ils ont eu à faire des travaux. Ces travaux ont eu de répercussions sur l’ensemble des épis. Deuxièmement, vous constatez la chaleur à outrance qu’on a ces derniers temps. J’avais parlé de ça. Vous aurez beaucoup de pluies et elles ne vont pas évoluer puisque l’année 2015, je le répète, a été l’année la plus chaude depuis 1880 qu’on a commencé par relever les données. L’année 2015 a été la plus chaude et la descente n’est pas pour tout de suite. La descente ira jusqu’au mois de juin avant de commencer par se refroidir. Alors, les calètes glacières et cette année ça s’est coïncidé avec le phénomène Ennio pour ceux qui sont à l’est. Tout ceci fait qu’il y a beaucoup de foudre ou fonte de glacier. Donc, il doit y avoir relèvement du niveau des mers. La quantité d’eau que la mer doit charrier est très importante. C’est ça que la mer envoie maintenant. Ce qui augmente l’érosion côtière. Voilà les deux explications. Vous avez le niveau de l’eau qui a monté et il y a aussi le fait que nous avons eu à faire des amé-nagements sur notre port. Ces deux phénomènes font qu’ils ont créé un puits au niveau de la côte, parce que cela va accroître l’érosion côtière. Il n’y a pas d’autres solutions que de mettre des épis. Et pour mettre des épis, nous ne devons pas mettre seulement des épis là où on s’est arrêté. On doit continuer jusqu’à la frontière nécessairement parce que le Togo a fait l’avancement au niveau de sa côte pour la protéger. Nous, maintenant, on a adopté l’épi et pour insérer les épis, il faut un certain nombre de mètres qui séparent chaque épi. Mais, ces matériels doivent être sur toute la côte. Donc après le dernier épi, on doit continuer. Seulement, il est prévu dans le programme du gouvernement qu’on doit installer un port en eau profonde au niveau de Sèmè. Si on installait ce port, ça allait corriger l’érosion côtière ici. Mais ce n’est pas encore installé. Soit, on continue par placer les épis jusqu’à la fin ou bien on installe le port en eau profonde et l’épi le plus grand du port va constituer une zone d’engraissement pour pouvoir stabiliser ce que nous avons au niveau de la côte ici. Il y a plusieurs propositions, mais la proposition que nous avons choisie, est la moins coûteuse. C’est la construction des épis, sinon nous avons des brise-lames, les brise-lames c’est que nous allons dans la mer construire des murs pour casser la forces des vagues. C’est plus coûteux. On ne peut pas faire ça. Il y a aussi l’enrochement. L’enrochement, c’est que vous allez protéger toute la côte par des roches. C’est plus coûteux. C’est pourquoi on a adopté pour joindre les épis, c’est-à-dire avec les épis, il n’y aura plus évolution. La mer n’érode plus. C’est cela qu’on a choisi après étude pour le Bénin ».

Hubert Sodabi, riverain : « Il faut que le gouvernement réagisse »

« Depuis hier, je n’ai pas encore dormi. C’était aux environs de 16heures. Quand ça a commencé, on s’est empressé de secourir les enfants. La mer a ravagé le mur de l’école maternelle. Il faut que le gouvernement réagisse ».

Seidou Moustapha, riverain : « La mer a tout emporté devant moi »
« Cela a été subit. Nous avons été surpris par les vagues. Nous n’avons même pas pu sauver nos bagages. Elle a tout cassé. Je suis un cordonnier. Je fabriquais 25 paires de chaussures. La mer les a toutes emportées devant moi. J’ai aussi une caisse d’argent dans laquelle j’économise. Tout est parti ».

Doris Alapini : « On est responsable de tout »

« Depuis qu’ils ont fait l’extension du port, la mer n’arrête pas de détruire tout sur son passage, parce que dans la logique de faire une extension du port, il faut faire des brises là pour protéger le quartier Jak. On ne peut pas se lever et faire une extension du Port, sans penser qu’il y a des quartiers qui vont partir. On est responsable de tout ce qui se passe, parce qu’on peut anticiper sur tout ».

Grégoire Djidonou, chef quartier Enangnon : « 300 cases ont été ravagées »

« C’était hier aux environs de 16h que cela s’est passé. J’étais à la maison quand l’un de mes conseillers est venu me voir pour me dire que la mer a commencé par être très violente. Ça a commencé par ravager les cases. Vraiment, ça ne va pas du tout. Si rien n’est fait jusqu’à deux ou trois mois, notre quartier risque de disparaître. 300 cases ont été ravagées ».

Délonix Kogblévi, chef 4ème arrondissement : « Les vagues ont avancé de près d’un kilomètre »

« Pendant que nous sommes en train de chercher à régler le problème de l’érosion côtière, c’est à ce moment que la violence des vagues prend de l’ampleur. La dernière fois, c’était plus de 500 mètres que la mer a avalés. Aujourd’hui, les vagues ont avancé de près d’un kilomètre et causé d’énormes dégâts sur le plan matériel. C’est la désolation totale. La première des dispositions qu’on peut déjà commencer par prendre, c’est la sensibilisation. Sensibiliser les populations pour pouvoir au moins déplacer les enfants et les personnes âgées. On lance un sos à toutes les personnes sur le plan national comme sur le plan international pour nous secourir. Cette situation dépasse l’entendement ».

Actu Bénin

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1 COMMENTAIRE

  1. les autorits n’ont qu’ a faire quelque chose au lieu de se drain l’un derrire l’autre et faire le tour sur tour.

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