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En vérité : Perspectives ‘‘Bénin Taxis’’ !

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Trois cent véhicules neufs pour révolutionner le transport urbain à Cotonou. A tout point de vue, c’est une excellente initiative. C’est même un grand pas et à partir du 1er juillet, ce sera une réalité grâce au projet ‘‘Bénin Taxis’’. Tout au moins, Cotonou avant les autres grandes villes du Bénin, gagnera en mobilité urbaine, les risques d’accidents seront réduits tout comme la pollution atmosphérique. En plus, ce sont des emplois à gagner et une reconversion des Zem en marche. Car, il est à noter que ce sont des taxis qui seront mis à la disposition des jeunes qui devront payer progressivement et au bout de quatre ans, ils en deviendront les propriétaires.
Aussi, selon le Directeur général du Centre de partenariat et d’expertise pour le développement durable (Ceped), avec ces taxis, les commodités sont au rendez-vous. Nous avons simplement affaire à des taxis de nouvelle génération. C’est à la course qu’on paie. Et à l’intérieur, lesdits taxis disposent de ‘‘Call center’’ et de toute la technologie pour les repérer. Mais, avant d’applaudir à tout rompre ce projet de modernisation du transport urbain à Cotonou, esquissons une étude du marché et voyons voir s’il est possible d’en espérer un déclic ou de redouter un couac ?
Déjà, parlons-en. En matière d’infrastructures routières, Cotonou, c’est une ville encore impraticable. Les voies sont peu larges. Les Vons sont difficiles d’accès. A cela, il faut ajouter que c’est aussi l’une des capitales où la circulation est prise en otage par les taxis-motos. C’est même, pour le Béninois, surtout ceux des couches défavorisées, devenu un phénomène culturel. C’est dans cet environnement que le projet ‘‘Bénin Taxi’’ est lancé. Bien vrai que l’option est spécifiquement réservée aux touristes et autres privilégiés. Encore que, pour le moment, le boom touristique espéré tarde à devenir réalité.
Mais, si en plus, l’objectif annoncé et, comme on l’aurait souhaité, est de changer l’environnement du transport à Cotonou, de pallier les nuisances des Zem, les taxis Talon sont les bienvenus ! Mieux, on en redemandera encore et encore. Seulement, notons que ces Taxis modernes devront tenir compte non seulement de nos routes mais du niveau de vie des populations. Sinon, compétitivité, rentabilité, disponibilité et accessibilité en toute heure, c’est la loi du marché. Et, elle devrait être valable pour les nouveaux taxis. D’ailleurs, devront-ils composer avec les bouchons à n’en point finir et l’effectif déjà pléthorique des Zem, des Tokpa-Tokpa et quelques bus en circulation.
A priori, ça suppose d’abord un coût plus élevé que celui pratiqué par la concurrence en place et ensuite, malheureusement, un trafic plus dense. Alors, comment, parier sur la pérennité d’un tel projet sans, au préalable, réduire le nombre d’engins à deux et quatre roues en circulation ? J’exagère à peine, mais qu’en sera-t-il de ce projet si les Zem ne sont pas effectivement, comme jadis c’était annoncé, interdits des grandes artères ?
Avant d’espérer relever le pari de la modernité en ce qui concerne le transport en commun, que penser d’un tel dispositif sans davantage miser sur des bus avec une subvention de l’Etat ? Comment s’assurer que les conducteurs de Zem désormais reconvertis laissent définitivement leurs motos à la maison et n’en viennent pas à les confier à d’autres personnes ? Ou, que le marché concurrentiel pour les nouveaux promoteurs ne se réduise comme une peau de chagrin ?
Autant de préalables à régler si tant est que l’objectif est d’impulser un dynamisme au secteur du transport urbain. Les expériences de BenAfrique et des Bus de transport en commun de la commune d’Abomey-Calavi ont, pour un laps de temps, été utiles pour ce qui est de leur impact sur la circulation. Des centaines d’usagers les avaient adoptés avant de revenir au Zem et autres Tokpa-Tokpa. Même des touristes ne rechignent pas, comme on peut le penser, à emprunter nos Zem. Alors, l’option ‘‘Bénin taxi’’ survivra-t-elle dans l’environnement concurrentiel béninois et pour combien de temps ? Wait and see.
Angelo DOSSOUMOU

Source : aCotonou

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