Effondrement d’un immeuble de type R+4 à Cotonou : Un drame qui...

Effondrement d’un immeuble de type R+4 à Cotonou : Un drame qui donne raison à Lazare Sèhouéto

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Les populations du 1er arrondissement de Cotonou se sont réveillés hier jeudi 6 octobre 2016 le cœur meurtri. Un immeuble de type R+4 encore en chantier s’est effondré juste au carrefour Dégakon en face de la société Tundé Motors. En cause, les mauvais matériaux de construction.

Selon le bilan provisoire établi dans la soirée d’hier par des volontaires de la Croix-Rouge béninoise, trois personnes auraient trouvé la mort suite à l’effondrement de cet immeuble. Des blessés graves auraient aussi été enregistrés. Jusqu’à tard dans la nuit d’hier, les sapeurs-pompiers et le personnel du génie militaire s’affairaient encore pour tenter de sauver des vies humaines. Trois personnes, des ouvriers qui travaillent sur le chantier, seraient toujours coincées sous les décombres. De leur côté, les policiers et les gendarmes déployés sur les lieux ont mis un point d’honneur à la sécurisation du périmètre et à la régulation de la circulation.

De l’imposant bâtiment qui se dressait, il ne reste qu’un tas de briques et de ferraille. Comme on pouvait s’y attendre, chacun y est allé de son imagination pour commenter ce drame qui n’est pas une première dans la ville de Cotonou. Mme Arlette Saïzonou, Chef du 1er arrondissement de Cotonou a été on ne peut plus claire. « Les normes en matière de construction n’ont pas été respectées », a-t-elle dit de façon péremptoire au regard de l’aspect physique que présentaient les matériaux qui ont servi à construire la bâtisse. Analysant ces matériaux, elle a dit qu’il y a plus de sable que du ciment dans le béton. Plusieurs autres personnes ont évoqué la qualité du fer utilisé. « On ne peut pas utiliser autant de fer de 8 et de quelle qualité encore pour construire une maison à plusieurs étages à Cotonou », a lancé un technicien du bâtiment rencontré sur les lieux. Pour le moins qu’on puisse en tout cas dire, ce drame relance le débat sur la qualité des matériaux qui sont souvent utilisés pour construire les maisons au Bénin et singulière à Cotonou où la terre n’est pas aussi stable qu’à Calavi ou dans les autres villes du Bénin situées en plateau.

Quelques jours après sa prise de fonction, M. Lazare Sèhouéto, ministre en charge du commerce avait engagé une lutte contre ceux qui importaient des matériaux de construction, notamment le fer à béton de qualité douteuse. Son combat n’a malheureusement pas reçu un écho favorable. Par médias interposés, les patrons des cartels de ces fers à béton qui ne répondent pas aux normes s’en sont pris à lui. Certains sont même allés jusqu’à dire que « c’est parce qu’il n’a pas encore reçu sa part (sa valise d’argent) qu’il s’agite ». Aujourd’hui, nous y voilà. Un immeuble de type R+4 s’effondre avec à la clé, des pertes en vie humaine. Ce qui n’aurait pas pu arriver si Lazare Sèhouéto avait été suivi.
Un des responsables de la police nationale vu sur le terrain du drame hier a été clair. Et le promoteur de l’immeuble, et le conducteur des travaux et toutes les personnes impliquées dans ce sale boulot répondront de ce qui s’est passé, a-t-il dit. Mais hélas ! Des gens sont déjà morts.

Affissou Anonrin

aCotonou

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