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Echec des négociations entre Organisations syndicales et gouvernement: Causes et remèdes au dialogue social au Bénin

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Dans une communication intitulée « Quel type de dialogue social pour l’efficacité de l’action syndicale ?» présentée lors de l’atelier de formation des secrétaires généraux des syndicats affiliés à la CSA-Bénin à Grand-Popo, Siméon Dossou, expert de la CSA-Bénin a fait le diagnostic des maux qui entravent le succès des négociations entre les Organisations syndicales et le gouvernement ou avec d’autres partenaires au Bénin.

Au sens large du terme, le «dialogue social» désigne toutes les transactions qui se déroulent entre le gouvernement et les Organisations d’employeurs et de travailleurs, concernant l’élaboration et l’application des politiques économiques et sociales, des lois et règlements sans oublier les conventions et tous les problèmes qui naissent dans le milieu du travail. Le dialogue social appelle donc la concertation, la discussion ou l’échange de vue entre deux ou plusieurs personnes ou groupements de personnes, visant à trouver un terrain d’entente. L’objectif du dialogue social est d’aboutir à une conclusion consensuelle.

Dans son exposé, le communicateur a montré les conditions fondamentales pour mener à bien le dialogue social. Au nombre de ces conditions, il a cité : l’existence d’un cadre institutionnel, la liberté syndicale, la représentativité, le respect de l’autonomie des acteurs, l’esprit de participation.

Forces et faiblesses du dialogue social

Malgré l’existence de quelques atouts comme la liberté syndicale au Bénin ; l’existence de nombreux organes du dialogue social, la disponibilité des autorités politiques et administratives et des Organisations syndicales, le dialogue social au Bénin souffre d’importantes faiblesses. Au nombre de ces faiblesses, Siméon Dossou a énuméré entre autres : l’insuffisance de formation des acteurs du dialogue social, la non installation de tous les organes de dialogue social, l’irrégularité dans le fonctionnement de certains organes du dialogue social qui existent, la prolifération des syndicats de base dans certains secteurs, et les conflits inter-syndicats. Il n’a pas oublié d’ajouter à cette liste le non respect de la procédure relative à l’exercice du droit de grève, la guerre de leadership entre Organisations syndicales et une concurrence à outrance entre Organisations avec pour corollaire, l’encouragement à la division des travailleurs dans les entreprises et services avec la création de plusieurs syndicats dans la même entreprise.
Les gangrènes qui minent le dialogue social, selon Siméon Dossou, sont aussi, l’absence de démocratie interne et d’alternance au sommet des organes dirigeants de la plupart des organisations syndicales surtout dans les syndicats de base, la confiscation du pouvoir syndical par une oligarchie, l’absence de solidarité qui est le fondement du mouvement syndical. Ce qui traduit une incapacité notoire des Organisations à s’autofinancer par un non payement par les membres des cotisations syndicales et par l’incapacité des dirigeants à trouver des sources alternatives.
Par ailleurs, le communicateur a souligné une faiblesse criarde de mobilisation des travailleurs lors des actions syndicales due fondamentalement à un faible taux de syndicalisation et l’incapacité des dirigeants à prendre les décisions idoines ou à mettre en place des stratégies adéquates allant dans le sens de la mobilisation des travailleurs. ?

Des conditions favorables à un dialogue social réussi

Pour Siméon Dossou, un dialogue social réussi nécessite un certain nombre de conditions.
En effet, explique l’expert de la CSA-Bénin, le dialogue social se mène dans un cadre formel d’où la nécessité de créer ce cadre ou de l’institutionnaliser. Ensuite, elle est conditionnée par l’existence d’organisation de travailleurs et d’employeurs qui doivent être libres et légalement constituées. En plus, les personnes ou les organisations désignées pour des concertations sociales doivent être représentatives afin que les conclusions des discussions soient acceptées par la majorité. En outre, chacun des acteurs du dialogue doit jouir de son autonomie d’action dans un esprit de participation qui est le levain de la volonté à aller l’un vers l’autre. Il s’agit ainsi d’un esprit de collaboration et de coopération pour une bonne écoute. Le dialogue social est aussi, souligne-t-il, un mécanisme très souple qui répond aux exigences de toutes sortes d’industries et professions, celles du secteur privé comme celles du secteur public. Il peut donc se mener dans toutes sortes d’entreprises et ouvre la voie à la participation des travailleurs aux décisions concernant la vie de leur entreprise, permettant ainsi de stabiliser les relations de travail grâce à un rapprochement des positions qui diminue le nombre des conflits sociaux. Le dialogue social peut permettre d’obtenir de bonnes conditions de travail et la stabilité de l’emploi car il constitue le meilleur remède contre les tensions économiques, sociales et politiques.
Dans un monde de plus en plus confronté aux crises de diverses natures, la vie ou la simple survie n’est possible sans coopération dont le dialogue et la participation sont les meilleurs supports. ?

Désiré GBODOUGBE

aCotonou

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