Echauffourées entre forces de l’ordre et population à Bohicon:Jets de pierres, gaz...

Echauffourées entre forces de l’ordre et population à Bohicon:Jets de pierres, gaz lacrymogènes, chasse à l’homme…

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La ville de Bohicon a été mardi 17 mai 2016, le théâtre d’échauffourées entre la police et la population. Jets de pierres, gaz lacrymogènes, chasse à l’homme, motos saisies, pneus brûlés, ont été les séquences de cette scène déplorable.
Bohicon, le 17 mai aux environs de 9heures. Les forces de sécurité publique effectuant leur contrôle de routine, se sont positionnées devant le collège Mgr Steinmetz sur la voie bitumée reliant Bohicon à Abomey pour vérifier les pièces des motos.

Au cours de l’opération, un usager de la route a été brutalisé par un policier parce qu’il a refusé de se soumettre au contrôle initié lequel a permis d’arraisonner quelques motos qui ne sont pas en règle, la plupart sans rétroviseurs, clignotant et autres. N’étant pas en règle, l’usager a voulu contourner le dispositif mis en place quand le policier l’a immobilisé par le guidon. Dans ce face-à-face inédit, le motocycliste est tombé en syncope. Aussitôt, la réaction des conducteurs de taxi-moto en stationnement dans les environs ne s’est pas fait attendre. Dans la foulée, un groupe s’est formé pour s’opposer à l’évacuation de la victime à l’hôpital par les sapeurs-pompiers appelés. Dans la foule devenue nombreuse, des scènes de mécontentement éclatent. « Ce policier en fait un peu trop. Il est coutumier des brimades sur les usagers de la route », lance un manifestant au milieu de la masse. « Non ! Trop c’est trop ! Il faudrait qu’on en finisse avec ces jeunes policiers zélés », renchérit un autre. La tension est montée d’un cran. Devant une population en courroux, les policiers ont fait un repli tactique pour éviter un affrontement. Le commissaire de police Bamènou, épaulé par un impressionnant détachement, descend sur les lieux pour rendre possible l’évacuation de la victime. Cela n’a pas émoussé l’ardeur de la population. Dans cette atmosphère tendue, toute médiation était vouée à l’échec. Les manifestants, déterminés, n’ont pas voulu démordre. Du collège Mgr Steinmetz, le lieu de l’incident, à la mairie, le mouvement s’est généralisé. Branchages en mains, les manifestants ont brûlé des pneus sur les principales artères de la ville, perturbant du coup la circulation. Ils scandaient des slogans hostiles au maire. Ne pouvant plus contenir la foule surexcitée, la police a dû faire usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants. Ceux-ci ont riposté par des projectiles qu’ils ont lancés dans tous les sens. Dans cette confusion, des motos ont été saisies. Il n’en fallait pas plus pour raviver la colère des manifestants. Furieux, ils ont assailli la devanture du commissariat. Les éléments de la police, dans leur dispositif d’anti-émeute, sécurisent l’entrée des locaux et négocient tout en veillant au grain. Et pour faire baisser la tension, ils décident de restituer les motos saisies à leurs propriétaires.

La pluie comme sauveur

La foule exigeante voulait tenait à s’assurer que toutes les motos arraisonnées au cours de l’opération ont été rendues avant de se disperser. Elle en était là quand la pluie a commencé. C’était une pluie gracieuse pour les éléments de la Police nationale. Car, c’est ce qui a fini par émousser les ardeurs des manifestants. La police pousse un ouf de soulagement. L’étau se desserre d’elle peu à peu, puis définitivement. Le dieu tonnerre en était le bienveillant complice. Toutes les tentatives pour avoir la version de la police de Bohicon ont été vaines. Joint au téléphone, le commandant du commissariat a déclaré : « Je n’ai pas le temps de parler de ça, écrivez ce que vous avez vu sur le terrain ou cherchez à voir le commissaire s’il juge utile de faire une déclaration à ce sujet ».

Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou-Collines)

Actu Bénin

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