Drame de Tori-Avamè au Bénin: L ’ heure du bilan et des...

Drame de Tori-Avamè au Bénin: L ’ heure du bilan et des responsabilités

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Cotonou (Bénin) - Cinq jours après l’explosion d’une décharge d’incinération de sacs de farine de blé avarié à Tori-Avamè située à une quarantaine de kilomètres de Cotonou, la consternation et la tristesse sont palpables malgré le ballet d’autorités venues remonter le moral de ses habitants a constaté APA.

Dans ce hameau d’environ deux cents cases perdu dans une vaste palmeraie de l’arrondissement de Tori-Avamè, des femmes et des hommes pleurent leurs proches disparus ou agonisant à l’hôpital à Ouidah ou à Cotonou.

Pour le chef du village de Houngô, Hilaire Touko (qui a perdu son épouse dans le drame), l’heure n’est point au témoignage mais l’urgence est de sauver les vies humaines actuellement en péril dans les hôpitaux.

«Nous avons l’habitude de nous approvisionner sur ce site. Jamais un tel incident n’est survenu», déplore Joachin Akondé, un témoin des faits.

«J’étais aussi dans la fosse. Il n’y avait pas eu d’essence sur les sacs de farine de blé jetés dans la fosse d’incinération mais à notre grande surprise, une explosion s’est déclenchée dès l’arrivée de deux agents des forces de l’ordre alertés par des groupes de jeunes commis pour assurer la sécurité sur le site pendant les opérations», a relaté Joachin Akondé qui affirme avoir été épargné in extrémis par les flammes.

«Le désordre a été semé par les groupes de villageois de sécurité qui s’approvisionnaient en farine de blé et refusant aux villageois d’accéder au site. Et c’est lorsqu’ils ont été débordés par les villageois qu’ils ont fait appel aux forces de l’ordre»; explique-t-il en lieu et place d’un autre témoin endeuillé car sa sœur venait de succomber à ses blessures à l’hôpital de Mènontin à Cotonou.

Le drame est survenu Jeudi dernier, lorsque des populations de Tori-Avamè, sont descendues dans une fosse d’incinération de sacs de farine de blé avarié pour tenter de récupérer le produit prohibé quand elles ont été prises au piège par les flammes consécutives à une explosion.

Selon un bilan officiel mais provisoire, six personnes ont péri à l’hôpital en plus des deux 2 répertoriés avant les évacuations sanitaires et 87 blessés soit 85 pris en charge dans les formations sanitaires à Cotonou et Ouidah et Abomey-Calavi dont une quinzaine de cas préoccupants car brulés de 80 à 85 %.

Le gouvernement du président Patrice Talon a diligenté une enquête administrative et une autre judiciaire pour faire la lumière sur ce drame.

Lors de sa visite aux victimes vendredi le 9 septembre 2016, hospitalisées au Centre national hospitalier et universitaire de Cotonou, le Ministre de l’intérieur et de la sécurité publique, Sacca Lafia a annoncé que la fosse sera clôturée.

Sur le site où le feu a mis à rude épreuve des vies humaines, les traces de farine jonchent encore le sol en plus de la grande quantité de cendre dans cette fosse d’environ 15 mètres.

«Les populations viennent de plusieurs localités pour s’approvisionner et cela occasionne des discordes qui dégénèrent parfois en bagarres sur le site», lance un habitant de Houngô.

Augustin Vianou, Chef d’arrondissement de Tori-Avamè, affirme avoir voulu mettre fin à cette activité qui se déroule dans une zone culturale mais très vite dissuadé par les nombreuses interventions dont celle du promoteur du site (ABBA Sarl) et des administrés.

A Tori-Avamè, l’incinération selon les explications d’Augustin Vianou, se fait sans des précautions idoines de sécurité sur un site sans clôture dans une fausse à ciel ouvert et profond de 10 à 15 mètres.

«Quand j’ai vu la façon dont cette activité se déroule sur ce site, je m’étais posé des questions. En septembre 2015, j’ai décidé de fermer ce site», déclare le Chef d’arrondissement de Tori-Avamè qui confie avoir interpelé, à quelques deux jours du drame, le promoteur par une lettre au sujet d’un déversement inapproprié de produits alimentaires avariés.

Selon un bilan officiel mais provisoire, six personnes ont péri à l’hôpital en plus des deux 2 répertoriés avant les évacuations sanitaires et 87 blessés soit 85 pris en charge dans les formations sanitaires à Cotonou et Ouidah et Abomey-Calavi dont une quinzaine de cas préoccupants car brulés de 80 à 85 %.

Le gouvernement Talon a diligenté une enquête administrative et une autre judiciaire pour faire la lumière sur ce drame.

DJ/of

aCotonou

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