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Dr Claudes Kamenga, nouveau représentant de l’unicef au Bénin: «l’allaitement maternel participe à l’éradication de la pauvreté»

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Nommé nouveau représentant résident de l’UNICEF au Bénin, le 15 septembre dernier, Dr Claudes Kamenga estime que l’allaitement maternel est bien un enjeu de développement en Afrique et dans le monde. Se prononçant sur le thème de la 24e édition de la semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM) qui est « Allaitement maternel : clé du développement durable », il explique qu’il y a un lien qu’on peut faire entre l’allaitement maternel et les Objectifs de développement durable (ODD). Car, l’allaitement maternel à son avis participe à l’éradication de la pauvreté.

La Nation : Pourquoi l’UNICEF fait–il de l’allaitement maternel exclusif une de ses stratégies pour le développement et la survie des enfants âgés de moins de deux ans ?

Dr Claudes Kamenga : On estime qu’environ 77 millions de nouveau-nés dans le monde, soit un nouveau-né sur deux, ne sont pas mis au sein dans la première heure de leur vie, ce qui les prive des nutriments indispensables, des anticorps et du contact physique avec leur mère qui les protègent des maladies et de la mort.
Plus l’allaitement est retardé, plus le risque de décès durant le premier mois de la vie est élevé. Retarder l’allaitement de deux à vingt-trois heures après la naissance augmente de 40 % le risque de décès des nourrissons. Le retarder de vingt-quatre heures voire plus augmente ce risque de 80 %. Malheureusement au Bénin deux enfants âgés de 0 à 28 jours meurent chaque heure. C’est révoltant ! Et nous savons que l’allaitement dès les premières heures de la vie est de nature à renforcer l’immunité du nouveau-né.
De plus, nous conseillons l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois de la vie. Le lait contient tous les nutriments et anticorps nécessaires au bon développement de l’enfant. Aucune autre nourriture ne peut remplacer les bienfaits du lait maternel.
Au Bénin, d’après l’Enquête par grappe à Indicateurs multiples (MICS) réalisée en 2014, seuls quatre (4) nourrissons sur 10 sont exclusivement allaités au sein jusqu’à six mois. Quel sort pour les autres nourrissons ? La situation nous interpelle tous, il y a des efforts à faire pour changer cette situation. J’ajoute que dans un contexte où la pauvreté a augmenté ces cinq dernières années dans le pays, le lait maternel est un aliment gratuit !
En résumé l'allaitement maternel est sain, économique, naturel et durable. J’appelle tous les parents à prendre conscience de l’importance de cette pratique pour leurs enfants. Car, soutenir et encourager l'allaitement maternel, c’est protéger la vie.Cela relève de notre responsabilité à tous.

Le thème de la 24e édition de la semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM) est : «Allaitement maternel : clé du développement durable». Quel lien peut-on faire entre l’allaitement maternel et les ODD ?

Avant toute chose, rappelons que les Objectifs du développement durable (ODD) entrés en vigueur en janvier 2016 sont au nombre de 17. Bien que l’allaitement maternel trouve sa référence uniquement dans l’objectif 2 à savoir, «Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire, améliorer la nutrition et promouvoir une agriculture durable», il est difficile de penser que nous pourrons atteindre les ODD d’ici 2030 sans étendre la pratique de l'allaitement maternel. L’allaitement maternel participe à l’atteinte de l’ensemble des ODD.
Il participe à l’amélioration de la santé des femmes et des hommes en prévenant la malnutrition et certaines maladies chroniques ainsi qu’en réduisant la mortalité des enfants de moins de cinq ans. Il impacte positivement sur l’éducation et la productivité en améliorant les chances des enfants de s’épanouir en bonne santé à l’âge adulte.
L’allaitement maternel participe à l'éradication de la pauvreté, à la réduction des inégalités et garantit le droit à une alimentation appropriée, sûre, abordable et disponible pour tout bébé et petit enfant partout dans le monde quel que soit son statut socio-économique.
Enfin, cette pratique favorise la protection de l’environnement et des écosystèmes car sa production ne nécessite pas et ne génère pas de substances polluantes pour l’environnement et ne contribue pas aux changements climatiques.
L’allaitement maternel est bien un enjeu de développement en Afrique et dans le monde.

Vous venez d’être nommé à la tête de la représentation de l’UNICEF au Bénin. Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis Claudes Kamenga originaire de la République Démocratique du Congo (RDC) et de nationalité américaine. J’ai pris fonction en tant que Représentant du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) au Bénin le 15 septembre 2016. Précédemment, entre 2010 et 2016, au Sénégal, j’étais Conseiller régional VIH/SIDA à l’UNICEF pour la région de l’Afrique de l’Ouest et du Centre. À ce titre, j’ai assuré la Direction technique générale et l’appui aux 24 pays d’Afrique de l’Ouest et Centrale en matière de politiques et programmes de lutte contre le VIH/SIDA.
Avant d’entrer à l’UNICEF, j’avais travaillé pour Family Health International (FHI) entre 1994 et 2010, en Virginie, aux États-Unis, en tant que directeur principal pour l’appui technique et l’utilisation de la recherche. Précédemment, j’ai également travaillé en tant que Consultant épidémiologiste à la Banque mondiale, à Washington, D.C, aux États-Unis.
Je suis titulaire d’un doctorat en médecine de l’Université de Kinshasa, République Démocratique du Congo (RDC). Je suis également diplômé d’un master en santé publique de l’Université de Washington, Seattle.

Propos recueillis par Sabin LOUMEDJINON

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