Désignation d’Imam et affrontements meurtriers à Sèmèrè : Que s’est-il réellement passé...

Désignation d’Imam et affrontements meurtriers à Sèmèrè : Que s’est-il réellement passé ?

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La situation d'antagonisme et de climat d'émeute sociale dans le cadre de la désignation de l’Imam de la mosquée centrale de Sèmèrè date de plusieurs mois. Saisie par des plaintes de diverses sortes et correspondance écrite, la médiation de l'Union Islamique du Benin (UIB) n’a pu réconcilier Moubarack et Haroun qui sont les deux prétendants à I'Imam et qui pourtant proviennent de la même lignée familiale Watawata.

En effet, il y a quatre familles à Sèmèrè qui proposent tour à tour l'Imam central de la grande mosquée. Il s’agit de la famille Limam Watawata de Baparapé, la famille Limam Kadjiritide Ouramare, la famille Limam Issakou de Gao et la famille Limam Senide Baparape. Chose curieuse, au tour de la famille Limam Watawata de proposer un candidat, elle en propose deux en raison d’une certaine divergence au sein de la famille. Les conditions d'Imâmat précisant que lorsqu'un Imam est choisi, il l'est à vie sauf motif grave ou fautes abominables de sa part, les deux camps n’ont pu taire leurs querelles. Au cours de la séance de concertation de l’Uib conduite par une délégation composée de l'Imam Moutawakilou Boukari Malik et de El-Hadj Yekini Abou, mercredi 12 Octobre 2016, il a été rappelé aux protagonistes que la religion ne doit pas être une pomme de discorde sociale, de dispersion d'énergie mais plutôt une corde d'union, d'amour et de fraternité. « Nous devons à tout prix éviter des mensonges destructeurs, l'hypocrisie et cesser de faire de la religion musulmane, un commerce. Eviter à tout instant de mélanger la politique politicienne à la religion musulmane si nous ne voulons pas subir la colère d'Allah. Quand vous ne trouvez pas les solutions à vos problèmes en votre propre sein, ni avec vos autorités, alors retournez au coran et aux hadiths du Prophète Mohamed(SAW) », a déclaré l'Imam Moutawakilou Boukari Malik. Après concertation, les deux camps n’ont pu s’entendre sur un mode de désignation. Le camp de Moubarack soutient mordicus le mode par vote avec le principe d'alignement derrière le candidat pendant que le camp Haroun exige que les candidats soient départagés par un test. Après une seconde concertation, il a été donc décidé d’un test pour départager les protagonistes ou la famille Limam Watawata devra proposer un autre candidat neutre. En cas d'échec de ces conditions, il sera demandé à la famille Limam Issakou de Gao qui est au prochain tour de proposer son candidat. Rendez-vous avait donc été pris pour hier, lundi 17 octobre 2016, pour rencontrer les protagonistes à nouveau. Malheureusement, vendredi dernier, le camp Moubarak qui affirme être informée de l’ouverture de la mosquée fermée depuis plus de trois ans, a décidé de s’y rendre pour célébrer la prière du vendredi sous la conduite de Cheikh Moubarak Abdoulaye. Pour éviter des troubles à l’ordre public, des éléments de la gendarmerie de Ouaké ont tenté de boucler  la mosquée centrale. Mais ils ont été accueillis par des fidèles musulmans décidés à occuper les lieux. Des affrontements ont alors éclaté. Et plusieurs civils ont trouvé la mort.

Aziz BADAROU


Matin Libre

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