Dépôt des déchets ménagers aux alentours des maisons à Lokossa:Des actes aux...

Dépôt des déchets ménagers aux alentours des maisons à Lokossa:Des actes aux multiples impacts sur la santé et l’environnement

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Dans la Commune de Lokossa, nombreuses sont les populations qui jettent les ordures ménagères dans la nature ignorant les conséquences qu’un tel comportement pourraient avoir sur leur santé et l’environnement. Le phénomène est criard dans les quartiers de Tchicomey et Agonvè où les habitants sont très hostiles à l’abonnement aux structures de pré-collecte de déchets solides ménagers.

Il sonnait environ 5h le jeudi 9 août 2016 quand dame Victorine âgée d’environ 40 ans, a balayé sa devanture. Au lieu de jeter les ordures dans la poubelle, elle a préféré les déposer sur le bord de la chaussée qui fait face à son domicile à Tchicomey sis au cœur de Lokossa. Comme elle, plusieurs bonnes dames jettent, sans aucun scrupule, les déchets ménagers qu’elles ramassent au bord des voies et alentours de leurs maisons. Mais chose plus grave, c’est que ces déchets sont parfois déposés dans les caniveaux qui servent à l’écoulement des eaux usées et de ruissellement. Quant aux vendeuses du marché de Lokossa, elles ignorent presque les règles d’hygiène. Elles jettent les débris de boissons et des aliments aux alentours de ce lieu réservé au commerce. On y découvre parfois des déchets organiques qui dégagent une odeur nauséabonde et qui polluent leur cadre de vie. Pour certaines d’entre elles, c’est l’insuffisance des structures de ramassage des ordures qui les amène à agir ainsi. D’autres avouent que c’est parce que l’abonnement aux structures de collecte de déchets est cher qu’elles préfèrent les jeter dans les coins du marché ou au bord des rues. Mais ces actes ne sont pas sans conséquences sur leur quotidien. La preuve, à Agonvè, une jeune dame a failli être lynchée par ses voisins lorsqu’elle a voulu jeter ses déchets devant leur portail. Les occupants de cette maison ont agi ainsi parce qu’ils avaient marre des odeurs que dégagent ces déchets que cette dame verse tous les jours dans leur environnement immédiat. « Tout le temps, nous inhalons des odeurs nauséabondes. Nous n’arrivons plus à bien respirer. La fois dernière, un de nos enfants a « attrapé » la toux à cause des gaz provenant de ces déchets. Nous sommes allés dépenser beaucoup d’argent pour ses soins à l’hôpital », a confié le chef de foyer de cette maison qui voulait en découdre avec cette pollueuse. Mais ce n’est pas seulement ces difficultés que les acteurs de la pollution peuvent rencontrer. Ils courent beaucoup des risques de maladies et autres désastres de la nature.

Les conséquences de l’acte sur l’environnement et la santé

Pour l’inspecteur de l’environnement, Germain Sacramento, en service à la direction départemental de l’environnement du Mono-Couffo, le dépôt des déchets dans l’environnement a plusieurs conséquences. D’abord, a-t-il confié, cela dégrade la nature et détruit l’écosystème dans lequel les populations vivent. Encore appelés déchets solides ménagers (Dsm), ces déchets sont selon lui, très dangereux pour l’écosystème. « Les conséquences de ces actes sont énormes et se présentent sur plusieurs volets. Par rapport au volet esthétique, ce n’est pas beau. C’est vilain de voir des déchets dans les villes phares comme Lokossa », a-t-il confié. Sur le plan sanitaire, la prolifération de ces dépotoirs sauvages entraine selon le technicien de l’environnement, de nombreuses maladies dont la diarrhée et le paludisme. « Les boîtes de conserve et certains ustensiles hors d’usage que les gens jettent dans les rues reçoivent les eaux et entrainent la prolifération des moustiques dont l’anophèle qui pique et qui rend malade », a-t-il précisé. Sur le plan environnemental, l’air et l’eau ne sont pas épargnés par ces comportements des populations. L’environnementaliste a indiqué que sous l’effet des rayons solaires, les déchets se décomposent et produisent des éléments chimiques dont les hydrocarbures qui entrainent le réchauffement climatique. Aussi, a-t-il mentionné que lorsque ces immondices s’entassent à un endroit précis, elles peuvent, sous l’effet de la chaleur, produire des détonations. « Cela s’est produit une fois dans un pays européen », a-t-il mentionné. Poursuivant sa démonstration, Germain Sacramento a fait savoir que le rejet des déchets peut également entrainer des infections dans les poumons, la toux et l’étouffement. « Il est aussi démontré que quand on construit sur ces déchets tout le temps, on peut contracter l’anémie en raison des ondes qu’émettent ces déchets », a-t-il déclaré.

La sensibilisation, comme remède

Le dépôt des déchets solides ménagers dans la nature a de lourdes conséquences sur l’homme et la nature. Il urge donc d’y mettre fin. En effet, pour remédier à cette situation, des Ong de pré-collecte et de recyclage ont été créées dans la Cité de l’espérance. Pour l’environnementaliste, la mairie de Lokossa doit signer un partenariat avec ces structures en vue de mettre un terme au dépôt anarchique de ces déchets solides dans la ville. Mieux, il estime que la mairie doit avoir, dans son programme d’exploitation, des espaces pour la décharge intermédiaire. « Il est conseillé qu’on installe cette décharge à 5 km de la dernière habitation. Il est aussi recommandé que les communes aient un lieu pour abriter des décharges finales afin d’éliminer la prolifération de ces déchets », a-t-il confié. Par rapport aux ménages, le spécialiste de l’environnement recommande que chacun d’eux ait une ou deux poubelles. Une pour les déchets solides ménagers dégradables et une autre pour les déchets solides non dégradables. Cela facilite, selon lui, la tache aux structures en charge de pré-collecte. « Ainsi les déchets non biodégradables, dont les sachets plastiques, sont ré-exploités pour la fabrication des imperméables. Donc, vu les conséquences que ces actes créent dans la nature, il urge que les populations soient sensibilisées. Il faut qu’elles soient informées des dommages que ces déchets peuvent causer à leur santé et ce qu’elles peuvent tirer de la bonne gestion de ces déchets. Cela y va de leur bien-être », a-t-il conclu. Pour l’agent de pré-collecte des déchets, Alexis Djossou, beaucoup de difficultés plombent la bonne marche de leur métier. Au nombre de ces dernières, il y a le manque d’intérêt des populations à s’abonner et un espace adéquat pour déposer les ordures qu’ils ramassent. C’est pourquoi il a invité les populations de la ville de Lokossa à s’abonner aux structures de pré-collecte d’ordures. « Il faut que les abonnés paient à temps leurs frais d’abonnement. Il faut qu’ils le fassent pour protéger leur environnement. Ce n’est pas bon de vivre avec les déchets. Une fois que l’abonnement est fait, les agents de pré-collecte passeront au moins deux fois par semaine pour le ramassage des ordures », a-t-il fait savoir.

Claude Ahovè (Br Mono-Couffo)

 
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