Crise à l’Université d’Abomey-Calavi : Quand la Fneb infantilise le mouvement étudiant

Crise à l’Université d’Abomey-Calavi : Quand la Fneb infantilise le mouvement étudiant

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Suite à la décision de l’équipe rectorale de l’Uac invalidant l’année académique 2015-2016 à la Flash et excluant 21 responsables étudiants de la Flash pour 5 ans, les organisations estudiantines à caractère syndical à savoir la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (Unseb) et l’Union nationale des étudiants du Bénin (Uneb) ont déclenché un mouvement de grève illimité en vue de contraindre les autorités rectorales et décanales à revenir sur leurs décisions. Un mouvement d’ailleurs très suivi par les étudiants qui étaient désormais dos au mur. Chose curieuse, depuis mercredi dernier, la Fneb a, de façon unilatérale, procédé à la levée de la motion de grève. Loin de tenter de sauver l’année, la Fneb aurait simplement infantilisé le mouvement étudiant.

La bande à Emmanuel Assimada n’avait-elle pas de couilles ? A-t-elle mûri ses réflexions avant de s’engager dans un bras de fer avec les autorités de l’Uac ? La Fneb, à travers cette décision, défend-t-elle les intérêts personnels ou ceux de la communauté estudiantine ? Autant de questions qu’il convient de se poser après une analyse de l’acte posé par le Président de la Fneb, Emmanuel Assimada et son bureau. D’abord, de la divergence entre les trois organisations, il ressort simplement que cette décision est motivée par le fait que le président de la Fneb soit personnellement concerné par la décision d’exclusion. Ceci ajouté au fait que plus de dix étudiants des 21 exclus seraient membres de la Fneb. Parlant d’une quelconque sortie de crise, cela s’apparente simplement à du leurre car les raisons qui sous-tendent cette décision d’invalidation prise par le Conseil rectoral sont pertinentes. Selon le doyen Flavien Gbeto, la décision d’invalidation de l’année est motivée par le fait que la Flash ne dispose plus du temps matériel pour conduire les activités pédagogiques au titre de cette année. Ceci, ajouté au fait que les divergences autour de l’organisation de la session de rattrapage demeurent. Lorsqu’on sait qu’actuellement, les professeurs sont déjà en congés en dehors du territoire national et que le décanat s’active déjà à préparer la prochaine rentrée, il importe de se demander si la Fneb ne s’est pas plutôt ridiculiser en infantilisant le mouvement étudiant. L’unité d’actions entre les trois organisations estudiantines de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) ayant volé en éclats, il faudra encore du chemin pour qu’on accorde de la crédibilité aux luttes en milieu estudiantin. Quand bien même, conformément aux textes la régissant, la Fneb jouit d’une autonomie de gestion,  cet acte vient de fragiliser le mouvement étudiant. Les jours à venir nous édifieront davantage sur cette crise qui perdure à l’Uac.

Aziz BADAROU


Matin Libre

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