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Création d’une cellule des voyages officiels par l’Etat : Les promoteurs d’agence inquiets, expriment leurs préoccupations

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Le gouvernement du Président Talon, à la faveur du conseil des Ministres du 20 juillet 2016, a décidé de la mise en place d’une cellule des voyages officiels. Une initiative qui, au dire des promoteurs d’agence de voyage, vient sceller le sort des privés et ne participe pas du partenariat public-privé tant prôné par le Président Patrice Talon.

C’est bientôt la mort programmée des agences de voyages privées au Bénin. Les réformes et autres plans de récession n’ont pas raté ce secteur qui vivait depuis dans une léthargie. Alors que le gouvernement défunt avait fait de ce domaine une gestion clanique, les chantres de la rupture qui inspirait l’espoir chez les promoteurs d’agences ont définitivement sacrifié ce secteur. En effet, selon le compte rendu du conseil des ministres, les frais de transport à l’étranger connaissent depuis quelques années une croissance inquiétante. Les voyages des personnalités politico-administratives, des boursiers et des évacués seraient passés à plus de 17 milliards en 2012, avec à la clé des procédures erronées. C’est pourquoi dans le souci de maîtriser les dépenses et planifier les transports à l’étranger, le gouvernement a décidé de la création de cette cellule étatique. Elle aura pour mission de rationaliser les dépenses dans ce domaine a avancé le porte-parole du gouvernement.

Qu’en pensent les promoteurs d’agence de voyage

De l’avis général de ces investisseurs privés, cette idée n’est pas la bienvenue. Même si beaucoup d’entre eux admettent une réorganisation du secteur, la démarche du gouvernement est selon eux, inappropriée. Approchés, certains responsables d’agence annoncent la fermeture programmée ou des licenciements. Pour dame Sikiratou rencontrée dans une agence de voyage à St Michel, le chiffre d’affaires de son agence a considérablement baissé depuis 6 mois. Elle ne comprend rien aux 17 milliards avancés pas le gouvernement et suggère au Président Talon de rechercher la traçabilité de ces fonds au lieu de punir tous les acteurs. Le ton est plus dur chez Monsieur Léonard, responsable commercial dans une autre agence à Guincomey. « Je ne comprends pas cette manière de procéder du gouvernement a-t-il déclaré sur l’opportunité de la création de cette cellule. Nous qui avons cru en lui et avons placé un espoir parce qu’il vient du privé, il veut nous sacrifier. » Et il poursuit en ces termes « Avec l’ancien régime, ce sont des amis qui se sont accaparés le marché des voyages officiels, malheureusement c’est ce que l’on craint avec la création de cette agence étatique ».
Un autre responsable d’agence joint au téléphone, après avoir exprimé sa désolation suggère au gouvernement d’associer le Conseil national du Patronat pour des solutions judicieuses et équitables dans le secteur. S’il est vrai selon lui, qu’un désordre a été observé par le passé, il demande au gouvernement de ne pas se substituer en commerçant. Il suggère de redéfinir les critères d’octroi de l’agrément aux agences privées et de conduire les négociations avec les prestataires. Ceci permettrait de connaître les coûts réels et de vérifier l’effectivité des voyages des autorités politico-administratives. Toute autre action serait mal perçue par les investisseurs privés du domaine qui risquent de mettre la clé sous le paillasson et de mettre en péril les relations et partenariats extérieurs noués au prix de plusieurs négociations. Ce qui irait malheureusement à l’encontre des propos du Président Talon.

Comme l’on le remarque aisément, les acteurs du secteur ont les fesses sur le chaudron. Même si pour l’heure, aucune action collective n’est menée, ils entendent faire un vibrant plaidoyer à l’endroit des décideurs pour éviter une caporalisation du secteur. Aucune nation ne peut se développer sans le secteur privé et le gouvernement l’a d’ailleurs si bien compris en faisant voter il y a quelques jours, la loi sur le partenariat public privé. Il urge que le Président Patrice Talon entende la voix de ces opérateurs économiques qui ne demandent qu’à contribuer au développement du Bénin.

Armel VIDEGNON

aCotonou

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