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Conséquence du retour de l’AIC dans le coton : le gouvernement veut dissoudre l’ONS

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Les réformes engagées dans la gestion de la filière coton ne seront pas sans répercussions sur les structures existantes dans le secteur agricole. Dans les jours à venir l’Office National du Soutien des revenus agricoles (ONS) qui sera conjugué au passé.

« En définitive, la mission de l’ONS n’a plus un contenu, ce qui justifie sa dissolution.» Morceau choisis d’une correspondance du ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche Delphin Akodandé à son homologue de l’économie et des finances Romuald Wadagni en date du 17 août 2016 au sujet de la situation actuelle de l’Office National du Soutien des revenus agricoles (ONS).

En fait, selon le décret n°2006-114 du 20 mars 2006, cette structure sous tutelle du ministère en charge de l’agriculture a pour mission d’assurer le soutien interne et la sécurisation des revenus agricoles des producteurs. Les fonctions qui découlent de ces attributions portent sur : le soutien interne aux revenus des producteurs, la promotion de la prévoyance des risques agricoles, l’appui à la recherche de financement, le contrôle et la promotion de performances au niveau des filières agricoles d’exportation. A en croire le ministre Delphin Akodandé, l’avènement du Plan stratégique de Relance du secteur agricole (PRSA) élaboré de façon inclusive et adopté le 12 octobre 2011 a consacré des réformes institutionnelles qui ont prévu la création du Fonds national pour le développement agricole (FNDA) et de l’Assurance mutuelle agricole du Bénin (AMAB). L’ONS a activement participé à la création de ces deux structures en s’inspirant de ses multiples expériences pour le financement holistique de l’agriculture tout en prenant en compte les chocs internes et exogènes. De facto, une partie des prérogatives ou fonctions de l’ONS se voit transférée à ces deux structures. Mieux le Programme d’actions du gouvernement prévoit la mise en place des pôles de développement agricole, ayant au centre de leurs missions la promotion et me développement de filières phares. De ce fait, l’essentiel des fonctions de l’ONS est géré par d’autres structures répondant à la vision du PSRSA qui sera arrimé au Programme d’actions du gouvernement. Par ailleurs, la suspension en 2012 de l’accord-cadre entre l’AIC et l’Etat pour la gestion de la filière coton a entrainé une gestion transitoire et exceptionnelle de cette filière de 2013 à 2015 par l’Etat. C’est dans ce cadre que l’ONS s’est vu confié la gestion des flux financiers relatifs aux campagnes cotonnières. Aujourd’hui le rétablissement de l’accord-cadre entre l’Etat et l’AIC enlève à l’ONS cette activité.

Ce sont les arguments évoqués pour justifier la dissolution de cette structure de l’Etat qui un personnel de 42 agents. Comptant seulement 10 agents permanent de l’Etat, des inquiétudes persistent quant au sort réservé aux agents contractuels de l’Etat, agents contractuels locaux, agents conventionnels et agents en contrat à durée déterminée avec l’office. Ainsi la réhabilition d’un partenariat avec une structure privée (AIC où Patrice Talon et ses lieutenants sont patrons) peut faire disparaître une structure publique qui au titre de son récent exercice de 2015 a fait un bilan financier de 74 802 194 420 FCFA.

Raoul HOUNSOUNOU

aCotonou

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