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Confiscation des libertés chèrement acquises à l’ère de la rupture : l’Odhp appelle à la mobilisation contre la dictature qui s’installe

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L’interdiction des activités des organisations estudiantines dans les quatre universités du Bénin continue de susciter des réactions. La dernière en date est celle de l’organisation de défense des droits de l’homme et des peuples (ODHP). A la faveur d’une conférence de presse tenue à la Bourse du travail ce jeudi 13 octobre 2016, Me Aboubacar Baparapé et les siens disent «Non» au bâillonnement des libertés chèrement acquises et invitent le Gouvernement à abroger cette décision qu’ils qualifient de «scélérates».

Dans sa déclaration liminaire, le Président de l’ODHP, Me Aboubacar Baparapé, a dénoncé la mesure prise par le Gouvernement portant interdiction des activités des organisations estudiantines. Le conférencier principal a exprimé son indignation face à cette mesure du Gouvernement de la rupture qui, selon lui, est une atteinte grave aux libertés, en particulier la liberté d’association, de manifestation et de réunion prévues par les articles 25 et 98 alinéa 1 de la loi fondamentale du 11décembre 1990. Très attaché à la consolidation des acquis démocratiques, le Président de l’ODHP a fait l’historique des différentes luttes ayant contribué à l’acquisition des libertés publiques qui entrain d’être remise en cause. «Les libertés démocratiques sont très chères à nos peuples comme la prunelle de leurs yeux. Il en résulte qu’aucune raison(…) ne peut justifier les atteintes à ces libertés», a-t-il insisté avant de souligner que les travers enregistrés lors des luttes revendicatives ne peuvent que l’œuvre des personnes infiltrés dans le mouvement étudiant par le pouvoir et les autorités rectorales dans le but de discréditer ce mouvement et aboutir à la prise de cette mesure qu’il a qualifié de «liberticide». «Le Gouvernement prétend détenir des vidéos, des photos. Pourquoi n’ont-ils pas pu identifier les auteurs et procéder à leur arrestation?», s’est-il offusqué. Me Aboubacar Baparapé y voit aussi non seulement l’incapacité du pouvoir à assurer la sécurité des biens et des personnes dans le pays mais également une pure diversion face aux réels problèmes existentiels des Béninois. «En lieu et place de la satisfaction des légitimes revendications des étudiants, le régime Talon n’a trouvé rien de mieux que s’attaquer à l’âme de la démocratie que sont les libertés d’association et de réunion à l’Université. Après l’Université, à qui le tour?», s’est demandé le défenseur des droits de l’homme avant de laisser entendre «Après l’Université, ce sera le tour des centrales syndicales et après des Journalistes». Face à ce défi lancé à tout le peuple béninois par le Gouvernement de la rupture, l’ODHP exige non seulement l’abrogation immédiate et sans condition du décret contesté sans lequel aucune négociation n’est possible avec les étudiants mais aussi la satisfaction totale des revendications des étudiants surtout la fin du système LMD et le recrutement massif d’enseignant qualifié en vue d’assurer une instruction de qualité aux étudiants. Aussi, elle appelle à la mobilisation de tous les patriotes, démocrates et épris de libertés pour barrer la voie à cette volonté du Gouvernement de remettre en cause les acquis démocratiques. Toujours dans ce cadre, il faut préciser que Me Aboubacar Baparapé a également annoncé l’organisation d’une semaine de liberté et d’une gigantesque marche pour dire «NON» à la violation de la loi fondamentale.Il faut noter aussi la présence du Secrétaire général de la Fésyntra-Finances, Laurent Métongnon, le Secrétaire Général de la CSTB, Paul Essè Iko, les membres du Synarès sans oublier une forte délégation des étudiants.

Écrit par Benn MICHODIGNI

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  1. Disons-le d’emblée, haut et fort, cette décision est prise en violation flagrante des lois de la république, de la constitution, de l’esprit de la conférence nationale qui a consacré le caractère sacré des libertés individuelles et publiques. Elle nous renvoie aux pires moments de l’autocratie de Kerekou-Azonhiho, avec son cortège d’embrigadement et caporalisation des organisations et partis ; elle balaie d’un revers de la main, le préambule même de la constitution qui stipule :
    -Affirmons solennellement notre détermination par la présente Constitution de créer un Etat de droit et de démocratie pluraliste, dans lequel les droits fondamentaux de l’homme, les libertés publiques, la dignité de la personne humaine et la justice sont garantis, protégés et promus comme la condition nécessaire au développement véritable et harmonieux de chaque Béninois tant dans sa dimension temporelle, culturelle que spirituelle ;

    -Réaffirmons notre attachement aux principes de la démocratie et des Droits de l’Homme tels qu’ils ont été définis par la Charte des Nations-Unies de 1945 et la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948, à la Charte Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples adoptée en 1981 par l’Organisation de l’Unité Africaine, ratifiée par le Bénin le 20 janvier 1986 et dont les dispositions font partie intégrante de la présente Constitution et du « droit béninois et ont une valeur supérieure à la loi interne.

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