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Comment se déroule une journée à l’intérieur de la Prison civile de Cotonou

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Véritable communauté comparable à un village ou quartier populeux de Cotonou, la prison civile, au-delà de son rôle d’incarcération, est un univers à part entière. A quoi ressemble une journée à l’intérieur de la prison civile de Cotonou ? Nous avons mené l’enquête auprès de quelques ex-détenus.

Une matinée animée

La sirène du réveil matinal retentit entre 7 heures et 8 heures en général. Les prévenus procèdent alors à un nettoyage général qui consiste en l’évacuation des déchets humains retenus durant la nuit (excréments, urines etc.). Il faut noter qu’il y a des bâtiments réservés aux femmes et d’autres, aux mineurs. Après quoi, tout le monde se dirige vers son activité journalière. Ainsi, alors que certains participent à des activités formatrices et génératrices de revenus (forge, production de gari ou klui-klui, coiffure, commerce etc.), d’autres préfèrent dormir ou rester couchés.

La soupe populaire, le grand rassemblement de midi

La soupe populaire est prête à 13h ou 14 h. Il s’agit souvent d’une ration alimentaire standard, réputée être de très mauvaise qualité. Tout le monde se met en rang, muni de bol, afin de pouvoir être servi. Les plus fortunés, bien entendu, n’en ont pas besoin. Ils ont les moyens de se procurer des vivres et de préparer eux-mêmes leurs repas. D’autres, par ailleurs, reçoivent régulièrement des visiteurs qui leur apportent à manger.

Un après-midi relax

A partir de 15 heures, quartier libre en général. De petits groupes de bavardage se forment ci et là (ils parlent de tout et rien) ; les uns se font des amis, d’autres des ennemis. Ils écoutent la radio, jouent aux cartes ou fument allègrement des cigarettes ou du chanvre indien. Certains détenus parviennent également à se procurer des téléphones portables qui leur permettent de communiquer et rester en contact avec l’extérieur. Les prisonniers s’arrangent généralement pour qu’il y ait de la bonne ambiance, histoire de garder de l’espoir malgré la situation d’incarcération qui n’est pas du tout facile et se déroule dans de très mauvaises conditions.

La nuit tombée

A 17h, la sirène retentit à nouveau et ils sont renvoyés dans les bâtiments, où ils sont entassés pour une autre longue et insupportable nuit. En effet, les détenus ne sont pas automatiquement dotés de matériel de couchage à part les femmes qui disposent de lits superposés (et même de postes téléviseurs) dans leurs bâtiments ventilés ; les plus aisés qui sont logés dans des cabines payantes et les hautes personnalités (qui vivent presque dans le luxe). Les autres dorment pour la plupart à même le sol. Ceux qui réussissent à s’en procurer partagent par solidarité leur couchage avec d’autres, tandis que certains usent de la violence et de l’intimidation pour en profiter. Les plus malchanceux se couchent quasiment les uns sur les autres, à cause de l’exiguïté des locaux.

Une dure expérience

« Il n’y a rien de pire ». C’est ainsi qu’un ex-détenu nous décrit son expérience de la prison. Malgré la vie communautaire très développée au sein du pénitencier, les conditions de vie des prisonniers restent exécrables. Les infrastructures sont saturées et l’hygiène entretenu dans cette proximité laisse à désirer. Certains détenus meurent de ces conditions d’incarcération. Les quelques rares démarches menées par les autorités locales pour les améliorer sont insuffisantes.

Bonjour Cotonou

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2 COMMENTAIRES

  1. La qualité d’une démocratie se mesure in fine à la façon dont il traite ses détenus. Espérons que les détenus qui sont des hommes après tout comme nous ne seront pas non plus les oubliés du Nouveau Départ.

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