Chenilles dans les champs de maïs : la solution à l’IITA d’Abomey-Calavi

Chenilles dans les champs de maïs : la solution à l’IITA d’Abomey-Calavi

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(« A notre niveau, nous envisageons une lutte biologique », a déclaré Dr Manuele Tamo, représentant résident de l’IITA au Bénin)

Des champs de maïs dévastés par des chenilles. La réponse pérenne se trouve au centre agricole de recherches qui ne bénéficie pas toujours de l’attention de l’Etat, à savoir, l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA). En lieu et place des produits chimiques, cet institut propose une lutte biologique qui n’affecterait pas le coût de revient du maïs.

Le mercredi 13 juillet dernier, au siège de l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA), Dr Manuele Tamo, représentant résident de l’institut au Bénin, a répondu à la question ci-dessous, qui permet de cerner comment lutter contre les chenilles dans les champs de maïs. Un phénomène également observé au Nigeria et qui s’accentue au Bénin.

La question

« L’IITA s’est fixé pour ambition d’œuvrer, par le biais de ses recherches, à l’accroissement des revenus et du bien-être des populations. Il y a moins de deux mois, il a été vendu sur le marché béninois une paire de tomates à 50 ou 100 FCFA, le piment se fait rare et le prix du maïs a flambé. Nous avons l’impression que les fruits de vos 50 ans de recherches ne profitent guère à ces populations ».

La réponse

« D’entrée, veuillez noter que l’IITA ne s’occupait pas de la tomate. Mais, de plus en plus, nous allons nous y consacrer parce que le problème de la cherté de la tomate est dû en partie à des ravageurs. Ce qui relève de notre ressort. Ces ravageurs sont des envahisseurs qui n’existaient pas en Afrique et qui sont actuellement en train de causer d’énormes dégâts au Nigeria et au Niger. Pour le cas du Bénin, nous n’avons encore aucune certitude mais des dégâts ont été observés par les producteurs dans le bassin de Malanville. Ces insectes résistent aux pesticides chimiques ordinaires et il faut utiliser des pesticides chimiques très chers qui vont affecter la rentabilité de la tomate. Car, ces pesticides coûtent plus cher que le prix de vente de la tomate. Pour à nouveau assurer la rentabilité de la tomate, il faut lutter contre ces envahisseurs, qui sont au nombre de deux, en passant par ses ennemis (ndlr la chenille) naturels. C’est ainsi que nous sommes interpellés à l’IITA et nous nous attelons déjà à trouver les réponses adéquates.

Même situation pour le maïs. L’IITA ne s’occupait pas du maïs. A ce niveau, il y a un insecte envahissant qui vient d’apparaître sur le continent et qui détruit tous les champs de maïs. Le phénomène a été observé cette année au Nigeria, au Bénin et au Togo au point où les victimes parlent du Boko Haram du maïs et pour le cas de la tomate, de l’Ebola de la tomate. Ces espèces envahissantes sont des espèces migratoires qui risquent d’envahir toute l’Afrique de l’Ouest. Les pesticides chimiques existent sur le marché mais leur utilisation affectera le coût de rentabilité du maïs, comme c’est le cas de la tomate. Ceci étant, la lutte doit être intégrée. A notre niveau, nous envisageons une lutte biologique et déjà nous avons identifié un virus spécifique qui peut anéantir les effets de ces envahisseurs ».

Vadim QUIRIN

aCotonou

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1 COMMENTAIRE

  1. Le bien etre et le bonheur du peuple béninois se repose sur la sécurité alimentaire. Ce qui se passe au Bénin pour les questions d’infestation des champs de maïs par les chenilles de Spodoptera, doit attirer l’attention de tout citoyen béninois. Bien avant l’avènement de ce fléau, la production du maïs était encore au stade embryonnaire au Bénin. Je veux dire que la production ne couvre pas encore tous les besoins. Or le maïs, est la base alimentaire dans tous les ménages de ce pays. Si aujourd’hui rien n’est fait pour arrêter la prolifération de ce ravageur, les béninois vont se retrouver dans une situation très désastreuse. Les acteurs du monde agricole doivent réfléchir notamment à cette situation pour enlever la doute, l’inquiétude qui envahissent le cœur de tous les béninois et celui de tous les Africain. Pour ma part, en tant qu’Agronome, je propose une Lutte intégrée comme l’a souligné Dr. Tamo, Directeur de l’IITA-Bénin. Le Cout élevé des pesticides chimiques ne permettra pas aujourd’hui d’envisager une lutte aussi efficace pour contrer dans l’immédiat cette infestation; encore qu’il s’agit de grandes superficies (plus de 4000ha) qui ont été dévastées par les chenilles. Conjuguons tous nos efforts pour sauver l’agriculture béninoise.
    Merci

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