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CEP/2016 : « Les résultats qui donnent à réfléchir », dixit le prof. Désiré Baloubi

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Les résultats du Cep n’ont pas laissé indifférent le professeur Désiré Baloubi, Titulaire de Chaire, Chef de Département à l’Université de Shaw aux Etats-Unis. En vacances au Bénin, comme c’est le cas chaque Eté depuis quelques années, cette éminence grise pour ne pas dire cette compétence de la diaspora, s’est penché en quelques lignes, sur la question de l’éducation. Lire sa contribution à travers cette réflexion intitulée « L’Education nationale au Bénin: les Résultats qui donnent à réfléchir »

L’éducation nationale au Bénin est un secteur dont on ne parlera jamais assez. Mais il ne suffit plus de continuer à en parler.  Nous devons enfin commencer à prendre les mesures qui s’imposent et agir radicalement et franchement, de manière à rompre avec  les pratiques qui, jusque-là, nous empêchent de reconquérir notre label de “Quartier Latin de l’Afrique”. Les résultats de 39% de réussite au Cep qui viennent d’être annoncés cette année, nous interpellent tous en tant que parents, citoyens et surtout en tant qu’enseignants du primaire, du secondaire ou même du supérieur. C’est navrant, c’est écœurant, c’est inadmissible et si nous n’agissons pas maintenant et vite, le déluge sera inévitable et la catastrophe s’en suivra fatalement. Et puisque c’est de l’action salvatrice qu’il s’agit, je voudrais proposer une approche de solution qui n’est rien d’autre qu’un éveil de conscience ou comme le dit l’autre, un “éveil des génies”.

En réalité, il y a probablement encore une pléthore de génies au Bénin, mais nous les ignorons, nous les négligeons, ou plus vraisemblablement nous les laissons s’endormir et s’engloutir dans le marasme éducatif au rythme duquel l’attention est focalisée sur les individus, élèves, parents et enseignants plutôt que sur l’ensemble d’un système à évaluer de façon permanente. La solution, pour ma part, est de s’armer de l’audace ou du courage d’agir pour que plus rien ne soit comme par le passé. Nous le devons à la jeunesse du Bénin et à son peuple tout entier. Il s’agit de repenser notre Education nationale et non de repanser les plaies qu’elle porte afin de la revitaliser, car elle doit être considérée comme la source de toutes les formes de rupture qui puissent engager notre pays sur la voie d’un développement durable dans tous les domaines de la vie de notre peuple dont il faut combler les attentes et les aspirations les plus intimes. En Afrique, il y a quelques bons modèles et l’Organisation pour la Coopération et le Développement Economique (OCDE) a souvent classé le Bostwana, par exemple, parmi les meilleurs exemples. A quand donc le tour du Bénin?

La porte de sortie est inéluctablement celle de l’Education pour l’Innovation et le Développement dans tous les secteurs d’activités dans notre pays pour le grand Bonheur de chacun et de tous. Moi je continue d’avoir foi en notre jeunesse et je suis fier de son intelligence. Alors, déployons cette intelligence pour trouver et appliquer les solutions adaptées à nos réalités et valeurs socioculturelles. L’Education est une science universelle que nous devons mettre inévitablement au service de notre pays pour son développement au bénéfice de notre peuple, et pour son propre épanouissement. C’est pour cela que nous devons continuellement et avec témérité, briser le plafond de nos connaissances pour franchir les barrières et atteindre un “Jardin d’Eden” que d’autres peuples sous d’autres cieux trouveraient impénétrable ou inaccessible.

Pour me résumer, je dirai que nous devons inventer le Rêve Béninois selon lequel “l’impossible” dans la course pour le Bonheur individuel et collectif devient l’objectif de chacun et de tous. Pour transformer notre société et notre pays, rien ne sera impossible et aucun sacrifice ne sera de trop. Il nous faudra une école qui produise les résultats escomptés, une école qui renforce notre démocratie, une école qui nous attire la confiance de toutes les autres nations à travers une diplomatie agressive au sens inclusive du terme. Somme toute,  la transformation de notre Education nationale et l’usage de nos langues et cultures au service du développement  constituent la seule alternative a l’ère d’une ‘Rupture’ sincère et d’ un ‘Nouveau Depart’ décisif. La tâche qui nous attend sera rude, mais nous ne devons pas avoir peur d’échouer. Car, comme le dit si bien Paul Verlaine, “Ce n’est pas le chemin qui est difficile; c’est plutôt le difficile qui est le chemin. ”

Prof. Désiré Baloubi


Matin Libre

Commentaires

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2 COMMENTAIRES

  1. vraiment c’est décourageant notre nouveau programme sur le plans national 39% ce n’est pas la peine aujourd’hui un enfant de cm2 ne peut mème pas écrit son nom notre éducation est raté ce n’est pas la peine .

  2. je crois que nous en faisons un peu trop dans nos commentaires. en dehors de ce que le programme est difficile à s’exécuter par le maître (faute de moyens didactiques adéquats). il faut noter la politisation à outrance du système éducatif, les grèves intempestives mal négociées, les autorisations d’ouverture d’écoles pour les beaux yeux des parents d’élèves qui deviennent des électeurs de l’homme politique qui est à la base d’une telle situation et qui à oublié qu’il ne suffit pas d’ouvrir une école, mais faudrait-il encore disposer des infrastructures adéquates et du personnel enseignant formé. combien d’écoles publiques disposent de tout pour bien fonctionner. on a pendant longtemps à peine fini nos programmes, on presque pas recruté pour combler le déficit d’enseignants. l’examen en lui-même est-il du niveau du candidat moyen pour une année scolaire qui n’a réellement connue que trois mois de cours réguliers. les conditions de délibération qui changent et qui passent de quatre à six sur huit….

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