Célébration du mariage traditionnel dans le Mono-Couffo:Le fondement d’une union solide entre...

Célébration du mariage traditionnel dans le Mono-Couffo:Le fondement d’une union solide entre l’homme et la femme

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Dans la famille africaine, le mariage coutumier est une alliance entre l’homme et la femme et les lignages ou clans de ces derniers. Mais, force est de constater que, de nos jours, cette pratique qui a été, jadis, le fondement de toutes les unions solides et durables des couples, tend à disparaître au profit des mariages chrétiens. Bon nombre de jeunes préfèrent se marier, suivant les pratiques chrétiennes avec à la clé les cas de divorce, que de tisser leurs liens de mariage selon les rites traditionnels. Face aux conséquences fâcheuses de ces pratiques modernes, il importe de se demander s’il faut continuer de se marier selon ces pratiques modernes importées ou non.

Le mariage traditionnel est le lien qui scelle durablement les relations entre l’homme et la femme et leurs lignages en Afrique. C’est le facteur clé de l’épanouissement de l’être humain et des ménages. C’est une union qui s’inscrit aux premières loges des facteurs qui rendent responsable la femme ou l’homme dans le foyer. Malheureusement, cette pratique qui était célébrée suivant les rites traditionnels est en voie de disparition en raison de la modernisation qui gagne du terrain dans les pays africains dont le Bénin. Dans les départements du Mono et du Couffo, ces rites traditionnels tendent à disparaître au profit de la célébration des mariages religieux. Alors qu’ils revêtent, selon les chefs traditionnels, une importance capitale dans l’épanouissement et la survie des ménages. Encore appelé mariage coutumier, le mariage traditionnel se fait en vertu des us et coutumes de chaque région des départements du Mono et du Couffo. Dans certaines localités du Mono Houéyogbé et Bopa par exemple, le chef traditionnel réunit les futurs époux et leurs familles. En compagnie des tantes, il leur dévoile, au vu et au su de tout le monde, les interdits des mannes des ancêtres et leur fait boire de l’eau et leur donne à manger les colas. Après cette étape, il leur prodigue des conseils qui doivent les aider à vivre heureux dans leur ménage. « Chez nous les Sahoué, avant l’union sacrée des futurs époux, on demande aux époux de se mettre devant la foule et on leur dit tous nos interdits. Ensuite, nous leur fournissons des conseils en présence de leurs familles », a fait savoir le chef traditionnel Guèdèhounguè de Houéyogbé avant de déclarer que le mariage coutumier est le socle de l’union entre l’homme et la femme.

Les interdits et désapprobation des jeunes

Le mariage coutumier revêt beaucoup d’avantages. Il protège les futurs époux contre les éventuels ruptures et divorces. Il contribue à la survie des ménages et suscite le respect dans la famille. Il sécurise également le couple contre toutes les éventualités. Vu sous cet angle, la célébration de ce mariage impose des interdits. Dans certaines localités du Mono-Couffo, c’est sur la femme que reposent la plupart de ces interdits. Elle ne doit pas selon certains rites traditionnels, saluer avec sa main ni faire de ‘’bisous’’ à d’autres hommes, autre que son mari. Elle ne doit, non plus balayer la chambre le matin sans aller à la douche. Autant d’interdits qui repoussent les jeunes gens d’aujourd’hui à contracter ce mariage. Interrogée, Firmine, jeune femme de vingt cinq ans, confie qu’elle ne va jamais s’unir avec son futur époux selon les rites traditionnels car ils embrigadent sa liberté. « Moi, je ne peux jamais contracter ce mariage, parce que je ne pourrai pas suivre tous les interdits des ancêtres », a-t-elle avoué. Si pour elle, ces rites sont nuisibles à sa liberté et à sa vie, pour Koffi, un jeune adepte du culte vodoun Hêbiosso à Lokossa, c’est la condition sine qua non de sa future union avec sa dulcinée. C’est sur cet élément important qu’il va fonder sa future vie de couple, car il en marre des divorces, des blessures sentimentales qui s’enregistrent quelques semaines ou mois après le mariage. « Moi, je ne ferai jamais le mariage chrétien. Je préfère le mariage traditionnel. Car, avec ces interdits, ma femme et moi pourrons vivre en paix dans le couple. Les ancêtres pourront protéger notre couple. La peur du gendarme étant le début de la liberté, ma femme aura peur, et ne commettra pas d’infidélité », a-t-il soutenu.

Appel des chefs traditionnels aux jeunes

Vu les conséquences qui découlent du mariage moderne, les chefs traditionnels ont souhaité que les jeunes recourent aux rites du mariage traditionnel qui leur seront bénéfiques. Ils ont préconisé qu’ils n’abandonnent pas ces pratiques qui consolident le lien entre les époux. En fait, pour le chef traditionnel Guèdèhounguè, l’homme qui a suivi les rites du mariage traditionnel et qui enfreint à ces interdits ne connaitra pas d’évolution dans sa vie. Il sera confronté à beaucoup de problèmes, car il aurait trahi son âme sœur. Il en est de même pour sa femme si elle trompe son mari. Elle risque selon les propos du chef traditionnel, des peines allant jusqu’à la mort. « Le mariage traditionnel est le sous-bassement de l’union entre l’homme et la femme. Entre l’homme et la femme, personne ne peut trahir l’autre car leur relation est assise sur les bases ancestrales. Avant, lorsque la femme qui a suivi ces rites commet l’adultère et meurt, le mari nous convoque. Sinon que le mariage traditionnel est la meilleure alliance entre l’homme et la femme. Et quiconque parmi eux commet l’adultère doit subir la colère des ancêtres », a fait remarquer le chef traditionnel.

Claude Ahovè (Br Mono-Couffo)

Actu Bénin

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