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Bénin: que dit l’administration Talon de l’épineuse question de la contrebande d’essence ?

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Vieille de plusieurs décennies, l’essence de contrebande est rentrée dans les habitudes de consommation des Béninois, des moins nantis aux plus riches. Au Bénin, « ce sont les riches qui vont à la station-service », explique Dominique, un vendeur d’essence de contrebande. Selon la quasi-totalité des consommateurs rencontrés, s’approvisionner en « Kpayo » (nom donné à l’essence de contrebande) revient moins cher et c’est beaucoup plus rapide. « On n’y perd pas son temps comme dans les files d’attente à la station-service », ajoute-t-il.

Selon un article du journal La Croix, publié il y a 4 ans, l’Etat béninois perdrait au moins 20 milliards FCFA, chaque année, en raison du non-encadrement du secteur. Après des années de répression inefficaces, le régime Yayi a instauré un programme de reconversion des acteurs du secteur qui a également échoué. Les dizaines de consultations, entre les barons du secteur et ce gouvernement, n’ont pas abouti et le commerce illicite, quoiqu’il qu’il faut se demander s’il l’est vraiment encore, prospère toujours.

Face à cette résistance, le gouvernement du président Patrice Talon entend adopter une stratégie différente. Interrogé par les députés, le 21 juin dernier, Romuald Wadagni, le ministre en charge des finances a répondu que « la répression n’est pas la meilleure formule ». Le gouvernement serait en train de plancher sur une stratégie de lutte basée sur deux axes : la différence entre les prix au niveau des stations et dans l’informel et la construction de stations-service pour réduire le déficit avéré de ce type d’infrastructures dans le réseau de distribution, sur l’ensemble du territoire national, indique le quotidien La Nouvelle Tribune. Le responsable a également annoncé, pour bientôt, une taxation des pôles de distribution de l’essence de contrebande.

Une annonce bien accueillie par l’opinion publique qui entrevoit la fin de la crise entre l’Etat et le puissant lobby du commerce illicite d’essence. Pour un observateur, « c’est une solution qui devrait facilement arranger les deux parties ». D’ailleurs, selon une source proche du dossier, l’Etat serait ouvert à des propositions de divers acteurs du secteur et investisseurs pour améliorer et légaliser la distribution de l’essence à travers le pays.

La contrebande d’essence en provenance du Nigéria représente des milliers d’emplois, plusieurs milliards de revenus, plus de 80% de la consommation intérieure d’essence mais un véritable manque à gagner pour les caisses de l’Etat.

Olivier de Souza

aCotonou

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