Bénin : quand les jeunes diplômés se tournent vers l’agriculture

Bénin : quand les jeunes diplômés se tournent vers l’agriculture

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De plus en plus de jeunes Béninois diplômés de l'enseignement supérieur se lancent dans l'agriculture pour survivre face au problème du chômage.
"J'ai commencé un petit élevage d'agoutis il y a moins de deux ans, et aujourd'hui je dispose d'un grand nombre d'animaux. Je livre environ 2.500 kg de viande de cet animal tous les mois aux restaurants et hôtels de Cotonou, à raison de 3.000 FCFA par kilo. Je fais donc chaque mois une entrée d'argent de 750.000 FCFA", a indiqué à Xinhua Benjamin Tossa, un jeune éleveur d'agoutis à Houédo, dans la commune d'Abomey Calavi, à une trentaine de kilomètres au nord de Cotonou, la capitale économique béninoise.
Titulaire d'une maîtrise en sciences économiques avec une spécialisation en gestion des banques, ce jeune Béninois a indiqué qu'il avait choisi de devenir éleveur après avoir passé plus de cinq ans à rechercher un emploi dans l'administration publique béninoise.
"Dès ma sortie de l'Université d'Abomey Calavi en 2010, j'ai cru avoir une chance de trouver une place dans la fonction publique. J'ai passé tout mon temps à postuler à des emplois dans le système administratif, en vain. Déboussolé par le spectre du chômage, je me suis alors tourné vers le projet Songhaï à Porto-Novo pour une formation de courte durée en agriculture biologique avant d'obtenir un prêt de 200.000 FCFA pour m'installer à mon propre compte", a-t-il indiqué.
Il a affirmé que les recettes de la vente de viande d'agouti lui permettaient de subvenir à ses besoins et à celui de sa famille, qui compte quatre membres.
"Je n'exerce plus d'autres activités génératrices de revenu. Je me suis donné corps et âme à cet élevage d'agoutis. Une entreprise agricole est très rentable, c'est ma source de richesse", a-t-il précisé.
Tout comme cet éleveur d'agoutis, plus de 750 autres jeunes diplômés sans emploi se sont lancés dans l'agriculture grâce au projet de promotion de l'entreprenariat agricole pour la transformation socio-économique des zones rurales.
Ce projet de plus de 15 milliards de francs CFA financé par le gouvernement béninois et ses partenaires au développement, notamment le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), vise depuis son lancement en 2010 à améliorer le capital humain dans le secteur agricole en renforçant les capacités des jeunes déscolarisés engagés à faire carrière dans l'agriculture.
Pour la ministre béninoise du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, la question du chômage et du sous-emploi des jeunes demeure préoccupante, malgré les multiples initiatives et mesures de promotion de l'emploi prises par le Bénin.
"Le Bénin enregistre un taux de sous-emploi visible de 31,5% et invisible de 50%, et un taux de chômage de 14,3% chez les jeunes de 15 à 29 ans exerçant dans le secteur informel", a-t-elle indiqué à Xinhua.

aCotonou

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