Bénin : destitution en cascade des maires pour mauvaise gestion

Bénin : destitution en cascade des maires pour mauvaise gestion

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A peine 13 mois après l'élection des maires au Bénin, nombre d'entre eux ont été destitués, alors que la même menace plane sur plusieurs autres.
La plupart des maires destitués ou menacés de destitution sont accusés de mauvaise gestion du plan de développement de leurs localités.

Mercredi dernier, à Allada, chef-lieu du département de l'Atlantique (sud), 12 des 18 conseillers ont soutenu la destitution du maire Mathias Djigla, accusé de "gestion opaque et solitaire du plan de développement de la commune".
A Parakou, ville métropole du département administratif du Borgou (nord), sur les 25 conseillers que compte le conseil municipal, 19 ont signé une motion de destitution du maire Karimou Adamou Souradjou, lui reprochant une gestion autocratique et solitaire du plan de développement de la commune.

Pour les 19 conseillers, la gestion du maire Souradjou est marquée par "une navigation sans boussole", une gestion solitaire des affaires de la cité, une gestion opaque caractérisée par des commandes et contrats de marchés sans aucun respect des normes et dispositions du code de passation des marchés publics en République du Bénin".
L'autorité de la municipalité a promis de conduire le processus de sa destitution à terme.
Dans les communes de Malanville, de Djougou, de Djidja et de Zakpota, les maires sont accusés des actes de mauvaise gestion des ressources de leurs communes et sont sous les menaces de destitution.
Mais face à cette situation, le président de l'Association des communes du Bénin (ANCB), Luc Atropko, a appelé les conseils communaux et municipaux des 77 communes que compte le pays au calme.
"Ces situations de crise mettent à mal non seulement la cohésion au sein des conseils communaux, mais handicapent surtout la mise en œuvre des politiques publiques locales", a-t-il estimé.
Pierre Assogba, expert en gouvernance locale, a déclaré à Xinhua que ces destitutions en cascade de maires mettent en rude épreuve le processus de décentralisation en cours au Bénin depuis mars 2003.
"C'est avec une grande inquiétude que nous assistons à ce comportement de nos populations et de certains conseillers communaux qui sont parfois manipulés par certains hommes politiques de notre pays", a-t-il déploré, regrettant que la destitution de ces maires n'ait pas respecté les dispositions de la loi portant organisation des communes au Bénin.
"Les dispositions ont prévu qu'en cas de désaccord grave ou de crise de confiance entre le conseil communal et le maire, le conseil peut, par un vote de défiance à la majorité des 2/3 des conseillers, lui retirer sa confiance", a-t-il fait observer.
L' expert en gouvernance locale explique également que le maire ou l'adjoint qui commet une faute lourde, peut être révoqué de ses fonctions.
Pour l'expert en gouvernance locale, Pierre Assogba, ces vagues de destitutions qui planent sur les nouveaux maires installés à peine un an, ne leur permettent pas d'avoir le temps de mettre en œuvre leur plan communal de développement.
"La destitution d'un maire d'une commune constitue un véritable handicape pour le développement de cette localité", a-t-il déclaré, expliquant que le maire déchu n'aura non seulement plus le temps de mettre en application son plan de développement, mais aussi les bailleurs de fonds n'auront plus confiance à cette localité.

aCotonou

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4 COMMENTAIRES

  1. Vivement j’appelle à la conscience des populations de nos 77communes sachant bien que le pouvoir reste au peuple. Ces destitutions des Maires en cascade ne peuvent qu’entraver le dvpt de nos Communes. Bon dimanche.

  2. Si les faits de mauvaise gestion reprochés aux maires sont avérés, il vaut mieux les deconstituer car ils ne pourront réaliser aucun projet de développement

  3. La destitution n’a même pas encore touché ces ennemis de la décentralisation qui se moquent de la population en fêtant pour des milliards chipés aux peuples. La décentralisation est, malheureusement un malheur pour mon pays. toutes nos communes, aujourd’hui, sont moins développées qu’il y a 20 ans en arrière. C’est dommage pour mon pays.

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