Bénin : Conflit au sein de l’église « EPMB », voici comment est née...

Bénin : Conflit au sein de l’église « EPMB », voici comment est née la crise.

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La crise au sein de l’église Protestante Méthodiste du Bénin (EPMB) a pris dans la journée de ce dimanche 15 mai 2016 une nouvelle tournure. En conflit depuis près de vingt (20) ans, les deux protagonistes qui disputent de la dénomination d’une église ont décidé de refaire l’actualité et cette fois-ci, avec plus de vigueur et d’engagement. Dans ce bras de fer qui oppose les frères et sœurs en Christ, et si Patrice Talon et son équipe s’invitaient dans ce débat lors de leur conseil des ministres de ce mercredi.

La réunion hebdomadaire des ministres du nouveau départ se tient ce mercredi 18 mai 2016 sous la présidence effective, sauf changement de la dernière heure, du Président de la République Patrice Guillaume Athanase TALON. L’ordre du jour et les points à aborder  n’étant jamais dévoilés d’avance, on pourrait déjà suggérer, au vue du dernier développement de la crise qui oppose les chrétiens protestants, que le gouvernement s’autosaisisse afin, non seulement de voir clair dans la crise, mais également de prendre les mesures idoines pour mettre fin à cette guéguerre qui dure près d’une vingtaine année.

Pour rappel des faits, l’église a eu son autonomie lors du synode tenu en Novembre 1992 et qui a consacré l’élection avec acclamation, du Président Moïse SAGBOHAN pour un mandat de cinq (5) ans renouvelable une seule fois. Trois ans après son élection, en 1995, le président initie un projet de révision des textes, statuts et règlements intérieur qui régissent ladite église. La circulaire qui aurait reçu l’assentiment des autres membres n’a pas connu la même approbation lors du synode tenu en février 1997.  Rejetant les termes de 1992, le Président Moïse SAGBOHAN avait décidé de modifier afin de permettre au président d’exercer jusqu’à sa retraite. Une chose qui, selon les dissidents, ne respecterait pas les dispositions statutaires préalablement fixées en 1992. Ainsi naquit le conflit entre les fidèles de l’église Méthodiste protestante du Bénin. Ne cautionnant donc pas cette nouvelle façon de vouloir diriger l’instance de décision de l’église, le groupe, l’aile qu’on pourrait qualifier de conservateur, a décidé de porter l’affaire devant les juridictions compétentes du pays. Il leur a fallu deux ans après ce congrès « conflictuel » avant que le tribunal de première instance de Cotonou ne rende son jugement N°32 du 7 Juin 1999 qui annule les nouveaux statuts de 1997 du pasteur Moïse SAGBOHAN.

Le tribunal prend également acte de la nomination d’un président intérimaire et ordonne le déguerpissement de l’ancien président du presbytère qu’il occupait déjà sans titre ni droit. Le 9 Août 2000, par arrêté N°108, la Cour d’Appel confirme le jugement du tribunal du 7 Juin 1999. Des décisions et jugements  qui n’émoussent aucunement les ardeurs du Président considéré comme un ‘imposteur’ à ce poste. Ce dernier s’engage dans la procédure d’enregistrement de dénomination au niveau du ministère de l’intérieur. Ainsi donc, le 27 novembre 2000, Moïse SAGBOHAN formule une nouvelle demande d’enregistrement avec le nom de l’Eglise Protestante Méthodiste du Bénin-Conférence. Deux jours plus tard, c’est-à-dire le 29 novembre 2000, sa demande d’enregistrement connaît une suite très favorable. Cette autorisation du ministère de l’intérieur n’a duré que moins de six (6) ans puisque le 13 juillet 2006, la Chambre Administrative de la Cour Suprême a annulé le récépissé portant enregistrement de l’EPMB-C.

Cette bataille juridico-religieux aurait causé assez de mal dans les familles depuis ce temps. Les différentes médiations à divers niveau n’ont pas pu aboutir depuis 1997, année d’éclatement de ladite crise religieuse. Et pour rappel aussi, la crise a connu les interventions, en particulier, de la Communauté des Eglises de Toute l’Afrique (CETA), de la Communauté des Eglises en mission (CEEVA), de l’église Méthodiste de Grande Bretagne et de l’Eglise Méthodiste du Nigéria avec l’implication personnelle de son prélat. Mais toutes ces interventions ont été vaines. La preuve, la crise est plus que jamais présente avec un rebondissement le jour de la Pentecôte. L’aile des « conservateurs » ont préféré cette journée de la descente des saints Esprits pour mettre en pratique, disent-ils, les décisions de la justice.

A l’air du nouveau avec des reformes conséquentes dans tous les secteurs dans le pays, il serait opportun que le gouvernement de Patrice TALON saisisse la balle au bond afin de mettre définitivement fin à cette crise pour, par ricochet, éviter un conflit interreligieux sanglant aux fils et filles du Bénin. La journée de ce mercredi 18 mai, jour de la tenue de la réunion des membres du gouvernement, pourrait être mise à profit pour régler cette question. Cela y va de la préservation de la paix dans le pays.

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