Autorisation de Samtal-Technologie Sarl d’établissement des cartes scolaires : Une décision enfin...

Autorisation de Samtal-Technologie Sarl d’établissement des cartes scolaires : Une décision enfin rapportée, Essè Iko et Chadaré dénoncent

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Par note de service n°166/Mestfp/Dc/Sp du 26 octobre 2016, le ministre des enseignements secondaires, Lucien Kokou a délivré un agrément à la Société Samtal-Technologie Sarl pour l’établissement de pièces d’identification aux apprenants et enseignants. Ceci moyennant un montant de six cents (600) francs pour les cartes des apprenants et sept cents (700) francs pour les badges d’identification des enseignants. A travers une note signée du ministre et rendue publique vendredi, 04 novembre 2016, les responsables de la société ont été donc autorisés à se rapprocher des directeurs départementaux et des chefs d’établissements pour les formalités d’usage. Une mesure d’ailleurs désapprouvée par les acteurs du secteur éducatif et du monde syndical. De sources concordantes, le Chef de l’Etat aurait dans la journée d’hier, dimanche 06 novembre 2016, intimer l’ordre d’annuler la décision au ministre Lucien Kokou. D’après certaines sources bien introduites, la société appartiendrait à un frère du Président Patrice Talon. Cependant, le ministre est sommé de rétropédaler et tout porte à croire que les décisions ne sont point muries sous la Rupture avant d’être prises. Approchés, les secrétaires généraux Paul EssèIko de la Cstb et Noël Chadaré de la Cosi-Bénin désapprouvent la décision et invitent les directeurs d’établissements à donner de la voix au cas où la décision serait toujours en vigueur.

Aziz BADAROU

EssèIko, SgCstb
“ Ça ne peut pas marcher“

« Mon avis est défavorable ! C’est la privatisation de tout le pays. Legouvernement actuel fait ce qu’il veut tout en privatisant tout. Ça ne peut pas marcher et nous sommes farouchement opposés à cela ».

Noel Chadaré, Sg Cosi-Bénin
“ C’est un quasi-monopole qu’on donne à une seule personne“

« C’est inédit, cette décision. On confie le monopole de confection des cartes d’identité scolaire à une société. On dessaisit les chefs d’établissements, les directeurs de certaines responsabilités. Quel pouvoir ont-ils finalement ? On centralise tout pour privatiser. Ce n’est pas normal. Je suis contre cette démarche. Toutes les cartes scolaires sont confiées à une seule société à raison de 600F cfa pour les apprenants et 700Fcfa pour les enseignants. La décision est prise de façon unilatérale et les directeurs d’établissements scolaires doivent pouvoir réagir. A cette allure, est-ce que les gens ne vont pas avoir leur carte d’identité en fin d’année ? A-t-ondiscuté de la faisabilité ? Si oui de concert avec qui ? Autant de questions qu’il faut se poser. C’est un quasi-monopole qu’on donne à une seule personne au nom de quoi et sur quelle base. Nous sommes contre cette décision. La gouvernance doit être inclusive et non celle qui vient du sommet et qui s’impose à tous. La Cosi-Bénin est contre cette décision. Les enseignants ont-ils besoin d’une carte de professeur ? On n’en a pas besoin. Mon souhait le plus profond est de voir le Président Talon réussir durant les cinq années mais ce n’est pas de cette manière et il faut qu’il évite au maximum les frustrations ».

Propos recueillis par Aziz BADAROU


Matin Libre

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