Aucune mesure urgente pour soulager les victimes de l’érosion de la...

Aucune mesure urgente pour soulager les victimes de l’érosion de la Côte à l’Est de Cotonou

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Selon les explications données par Philippe Régistre Zoumènou, coordonnateur du projet de protection de la Côte à l’Est de Cotonou, l’Etat béninois a grande conscience de la situation et travaille pour en finir définitivement. Un projet est en cours de réalisation pour protéger aussi la zone.

« … C’est un phénomène naturel. C’est comme cela que notre côte fonctionne. En fait, c’est l’incidence des courants marins qui génère ce phénomène…. ». Cette déclaration faite hier par le coordonnateur signifie que la situation ne constitue aucune surprise pour les techniciens. C’est prévu et cela devrait arriver dans cette période. Seulement, il n’a pas donné la garantie de ce que d’ici quelques jours, que des actions seront menées pour soulager les populations riveraines de la côte en danger. A l’écouter, il s’agit d’un phénomène naturel et les populations n’ont qu’à se patienter pour que toutes les étapes de réalisation du projet de protection soient respectées.« Le débordement des vagues qui s’observent en ce moment au niveau de la côte est un phénomène naturel prévu, compte tenu de la caractéristique des courants qui traversent notre côte et qui se situent dans le Golfe de Guinée », a expliqué Philippe Régistre Zoumènou. Il a même précisé la période dans laquelle le phénomène peut être observé. D’après lui, il y a globalement deux saisons de marée sur la côte béninoise : la saison des marées hautes qui s’étend du mois de Mars jusqu’à Septembre, voire Octobre et la deuxième période qui est celle des basses marées, donc une saison plus calme où la mer s’agite moins qui part d’Octobre à Mars-Avril. Le technicien va plus loin en démontrant que lorsque les marées montent, le marnage augmente. Ce qui augmente donc l’énergie du déferlement (la chute des vagues sur la côte). C’est ce phénomène, poursuit-il, dans cette période qui fait que le niveau de l’eau monte et les vagues augmentent de vitesse et déferlent beaucoup sur la côte. Résultat : l’eau sort de son lit et déborde pour toucher les installations riveraines. Le coordonnateur du projet de protection de la Côte à l’Est de Cotonou se fait clair en disant que ce phénomène va se poursuivre jusqu’à Juillet-Août (période de marée). « Durant cette période, on va enregistrer la plus forte hauteur. On parle de montée de vague… », a-t-il ajouté.

Les victimes n’ont qu’à se patienter

Philippe Régistre Zoumènou est très préoccupé par la situation et partage les peines des populations victimes des affres du débordement. Mais, visiblement, aucune magie n’est possible pour le moment à part les prévisions en cours. Pour lui, les populations n’ont qu’à se patienter et que le processus suive son cours normal afin que le problème soit définitivement réglé. Le pouvoir central se bat depuis longtemps à cet effet. Le coordonnateur a rassuré que le Ministre du cadre de vie est très préoccupé et travaille pour que les populations soient soulagées. Seulement, il n’y aura pas de saupoudrage, selon les explications de Zoumènou. « Je peux vous dire que dans la zone incriminée, il est prévu de mettre un revêtement linéaire d’environ 910 mètres qui va protéger toutes les installations situées dans le périmètre, tels que l’Ecole primaire publique de Enagnon, le siège de la Came, tout le quartier résidentiel Jak, l’hôtel Plm Alédjo… Il faudra finaliser la mobilisation du financement. Ce sont des travaux qui coûtent excessivement cher. Cette recherche de financement est en cours. Je crois que la mesure du problème est prise avec les nouvelles autorités qui ont pris en charge le pays et les décisions appropriées seront prises dans les prochains jours », a-t-il confié à notre équipe hier. Ses déclarations indiquent qu’il y a eu un projet qui a permis d’installer des ouvrages, partant de PK3 jusqu’au poste de péage. Ces ouvrages couvrent un linéaire d’environ 8km de côte. Ce segment, aujourd’hui, est protégé. Le segment situé entre la lagune et l’épi de Siafato ne faisait pas partie de la première phase du projet qui a été réalisée pour freiner l’érosion côtière. Il rassure que dans le traitement d’un nouveau segment, des études ont été réalisées, sur financement de la Banque islamique de développement. « Nous avons profité du partenariat avec cette institution, pour réaliser les études techniques d’avant-projet détaillé. C’est la toute première étape déterminante qui précède la phase d’exécution de tous travaux de Btp. Cette étape étant franchie, le consultant nous a fait des propositions concrètes. Il s’agit d’un certain nombre d’ouvrages qui ont été définis dans leurs structures, dans leurs dimensions et dans un certain gabarit », a ajouté le coordonnateur.

Epis de Siafato : Où en est-on ?

En réponse à cette question qui revient habituellement au sein de l’opinion publique, Philipe Régistre Zoumènou, coordonnateur dudit projet, apporte des clarifications : « L’épi de Siafato, c’est un des épis d’un système. C’est le tout premier d’un système à huit épis qui s’étend sur huit (8 km). Ce n’est pas sur toute la côte. Notre côte s’étend sur 125 km alors que l’épi couvre 8 km. Les travaux ont été répartis en deux lots. Les épis ont été construits. Le tout fait neuf ouvrages. L’ensemble des travaux a été réalisé. Le lot 2 a été réceptionné définitivement depuis 2015. Le lot 1 est achevé et est dans la phase d’observation prévue dans le contrat pour une durée de deux ans. Les résultats escomptés sont atteints. Les parties du littoral qui subissent la situation actuelle ne sont pas couvertes par les épis. Ce segment n’est pas concerné par le segment du projet Siafato », a éclairé définitivement le coordonnateur avant de poursuivre que le Gouvernement ne s’est pas tu. Cette partie a bénéficié du reliquat du financement projet de Siafato.
A la question de savoir si les populations riveraines sont informées de ce le phénomène est naturelle et cyclique, le coordonnateur a répondu que rien n’a été fait sans elles. A toutes les étapes, dit-il, les élus locaux et autres associations de quartiers sont informés. Les restitutions se font régulièrement et les populations savent ce qui se passe ici.

Félicien Fangnon

Actu Bénin

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