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Après s’être affrontés sur le terrain politique : Etudiants et professeurs de l’Uac se retrouvent dans les amphis

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Les acteurs universitaires se sont livrés une véritable bataille politique durant la récente campagne électorale dans le cadre du premier tour de la présidentielle 2016. Tout en se détournant et en détournant la communauté estudiantine de leur mission principale dans ce haut lieu du savoir, des autorités décanales, des professeurs et leurs assistants se sont dressés les uns contre les autres. Le paradoxe, c’est qu’une fois encore, des étudiants ont été enrôlés dans cette bataille politique. Après s’être donc affronté sur le terrain, l’on s’inquiète désormais quant à la nouvelle ambiance dans les amphithéâtres de l’Uac. Connue pour son manque de retenue quand il s’agit de lancer des propos par très courtois à leurs professeurs, la communauté estudiantine aurait, sans doute, offensé à nouveau durant la campagne ces derniers. N’ayant autre moyen de se rendre justice que les notes d’après sessions ou encore la dispensation des cours, le règlement de compte pourrait donc se faire bientôt dans les amphis.

Professeurs et étudiants préoccupés par la campagne que les cours…

Le gouvernement n’avait pourtant pas décrété les deux semaines de campagne électorale comme étant chômées et payées sur le campus d’Abomey-Calavi mais les amphis sont restés presque déserts ou encore ont servi à des meetings politiques. Chose curieuse, malgré le retard accusé dans le démarrage des activités académiques depuis les récentes crises, les activités académiques ont simplement tourné au ralenti ces derniers jours. Cette fois-ci, ce sont les professeurs et les autorités décanales qui mènent la danse. Ils préfèrent donc s’activer à concevoir des communications pouvant leur permettre de rallier des étudiants ou des mouvements d’étudiants à la cause de tel ou tel candidat. Rares étaient donc, ces entités qui faisaient les cours comme cela se devait. Une situation quand même déplorable dans la cité universitaire d’Abomey-Calavi.

Des étudiants créent des mouvements politiques, des universitaires divisés…

Si le Mouvement des universitaires pour le développement du Bénin (Mudeb) est composé uniquement des professeurs et doyens de faculté, plusieurs autres mouvements politiques dont le Mojeb (Mouvement des jeunes étudiants du Bénin), le Mojel (Mouvement des jeunes étudiants leaders) ont été porté sur les fonts baptismaux par des étudiants. Ceci, dans le cadre de l’élection présidentielle. Ces mouvements soutenant chacun, un candidat à la présidentielle. Chose surprenante d’ailleurs. Il est question de se demander si ces étudiants y sont pour se forger une carrière politique ou pour étudier et se faire délivrer un parchemin, porte d’accès à l’emploi. De l’autre côté, les universitaires ne parlent plus le même langage. C’est de bonnes guerres également par ici. Si le camp du désormais ex doyen de la Fadesp, Barnabé Gbago a très tôt choisi Lionel Zinsou, d’autres universitaires attendront la veille de la campagne électorale pour officialiser leur soutien à Sébastien Germain Ajavon. Les candidats Pascal Iréné Koukpaki, Abdoulaye Bio Tchané et Patrice Talon eurent aussi des soutiens de taille dans ce haut lieu du savoir. A cette allure, l’Uac pourrait au fil des années se voir attribuer le titre de « fief électoral ». Toute chose qui pourrait mettre à mal, la notoriété du campus.

Aziz BADAROU

Matin Libre

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