Accès aux services de sante en matière de VIH: ceradis-ONG et l’ans...

Accès aux services de sante en matière de VIH: ceradis-ONG et l’ans marquent les defis a relever pour 2020

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CéRadis-Ong et l’Agence nationale pour la santé (Ans), sont au devant de la scène pour dénoncer les écarts en matière de lutte contre le Sida au Bénin. C’est à travers une conférence de presse conjointe animée, mercredi 10 août à l’Infosec, pour attirer l’attention des décideurs sur le danger qui plane à l’horizon 2020, si le pays ne retrousse pas ses manches. Thème de la conférence: «Dysfonctionnements relevés par l’Observatoire de veille pour l’accès aux services de santé en matière de Sida (Ovas) : contributions de la Société civile au Bénin ».

Les challenges en matière de lutte contre le Sida sont imminents. Et pourtant, le Bénin semble avoir encore assez de grains à moudre. Les données rendues publiques par CéRadis-Ong et l’Agence nationale pour la Santé (Ans), présentent un tableau sombre de la situation. Tenant compte des objectifs 90-90-90, ultime échéance pour asseoir une véritable riposte contre la pandémie au Bénin et en Afrique, les conférenciers ont mis le doigt sur les dysfonctionnements qui plombent les efforts au plan national.
Si le premier ‘’90’’ recommande d’arriver au dépistage de 90% de personnes, le Bénin n’en est qu’à un taux légèrement supérieur à 50. Même insuffisance relevée par rapport au second objectif qui préconise la mise sous traitement antirétroviral (Tarv), d’au moins 63 990 personnes dépistées. Relativement au troisième objectif qui indique que 90% des personnes sous Arv aient une charge négative, le Bénin se retrouve pratiquement au bas de l’échelle avec un pourcentage de moins de 10. Autant de données qui interpellent et qui fondent la sortie médiatique des conférenciers. Mais la photographie présentée par Nourou Adjibadé, directeur exécutif de CéRadis-Ong, va au-delà de ces paramètres. Elle pointe fondamentalement la défectuosité des appareils de numération des lymphocytes CD4 à l’hôpital de zone de Ouidah, d’Aplahoué, de Dassa et de Kétou, aux Centres hospitaliers départementaux (Chd), de l’Ouémé-Plateau, de Lokossa et de Natitingou, et sa non-disponibilité depuis peu au Chd de Parakou. A ce tableau sombre, il faut ajouter les soucis d’ordre technique liés aux coupures intempestives d’énergie électrique sur certains sites, le faible taux de réalisation de la charge virale (Cv), le manque de formation d’agents qualifiés et l’insuffisance d’informations à l’endroit des acteurs des sites.
Ces informations sont confirmées par le coordonnateur national de l’Agence nationale pour la Santé (Ans), Arsène Adiffon, qui évoque surtout la faiblesse du Bénin en ce qui concerne la couverture de la prise en charge virale.

Sens de responsabilité

« La couverture moyenne du Traitements antirétroviraux est de 37% en Afrique. Au Bénin, elle est de 59.3% chez les adultes et 31% chez les enfants à fin 2015 depuis l’avènement des Arv alors que d’ici 2020, nous devons mettre 90% sous traitement», fustige-t-il. Mieux, argumente-t-il, seulement 6% des personnes vivant avec le Vih sous Arv ont pu supprimer leur charge virale. Il en conclut qu’il y a un gap de plus de 83% à combler d’ici à 5 ans.
Au regard de la situation non reluisante du Bénin en ce qui concerne la qualité de la prise en charge, les conférenciers en appellent au sens de responsabilité des acteurs à tous les niveaux, dont au premier rang se trouve l’Etat, en vue des actions conséquentes et durables.
Pour eux, les jalons que doit poser le pays pour tenir le pari à l’échéance 2020, devra intégrer quatre grands axes. Primo, Arsène Adiffon souligne la nécessité d’une implication politique soutenue. Secundo, il souhaite l’augmentation du nombre d’appareils CD4 dans les départements, en l’occurrence ceux qui en sont privés. Tertio, il indique la dotation des sites de personnels qualifiés de prise en charge (Pec). Quarto, il pointe la vulgarisation des circuits de demande de la Cv et les normes de Pec.
A ces doléances, le directeur exécutif de CéRadis-Ong ajoute le principe de la «volonté de payer». Exigence chère au Fond mondial (Fm), principal bailleur du Bénin en matière de lutte contre le Sida, qui exige à l’Etat de rester engagé sur la durée du programme à apporter son quote-part défini en amont de la signature des subventions. Autrement, avertit Nourou Adjibadé, «le Fm retiendra 15% des montants signés si ce principe n’est pas respecté».

aCotonou

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