Abandon de plusieurs chantiers à Dassa-Zoumè:Les populations en colère, Fagnon appelle Talon...

Abandon de plusieurs chantiers à Dassa-Zoumè:Les populations en colère, Fagnon appelle Talon au secours

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Le maire de la Commune de Dassa-Zoumè, Nicaise Kotchami Fagnon, a effectué le mercredi 1er juin 2016, la visite de chantier de construction des voies pavées à l’intérieur de la ville. L’abandon des travaux par les entreprises et la pression de la population qu’elles subissent ont obligé l’autorité communale à sortir de son mutisme en attirant l’attention du gouvernement sur les difficultés de ses administrés.

A l’écoute de ses administrés, et sensible à leur ras-le-bol, le maire de Dassa-Zoumè, Nicaise Kotchami Fagnon, est descendu, pour la énième fois, sur le chantier de construction des voies pavées, pour évaluer l’état d’évolution des travaux. Sur le terrain, le constat est amer. « De ma dernière visite à aujourd’hui, je constate qu’il n’y a pas du tout eu d’évolution. C’est très gênant », se désole l’autorité communale. Le manque d’aménagement et d’achèvement des ouvrages plongent les riverains dans l’insécurité et créent des désagréments aux usagers. Les caniveaux à ciel ouvert font déjà de nombreuses victimes. « Il y a eu déjà mort d’homme ici », témoigne le maire. Il est alors difficile de circuler librement dans la ville et quasiment impossible d’accéder à l’hôpital de zone. « C’est la seule voie qui mène à l’hôpital de zone. Toutes les urgences passent par cette voie. Parce que le chantier est bloqué, l’hôpital n’est plus fréquenté. Aujourd’hui par exemple, on n’a pas encore reçu cinq malades. Les malades en souffrent surtout les femmes enceintes. Lors de l’évacuation sanitaire, on contourne. Ce n’est pas bien », s’est plaint Monge Adagbè, agent de recouvrement à l’hôpital de zone de Dassa-Zoumè.

Encore plus de 600 millions pour relancer les travaux

« Le point sur les décomptes porte sur environs six cent millions de francs Cfa », a déclaré le maire. C’est le montant à mobiliser en urgence pour relancer les travaux. Par rapport à la nature du projet, le maire dit n’avoir pas été associé ni à sa conception, ni à sa réalisation. Mais selon les documents, a-t-il expliqué, il s’agit du pavage de certaines rues de Dassa-Zoumè qui prend en compte le contournement qui traverse la ville de Tré à Sokponta en passant par l’hôpital de zone. Estimé à deux milliards soixante douze millions de francs Cfa, il est cofinancé par la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (Bidc). Au démarrage, les entreprises ont reçu de la Bidc, trois cent cinquante un millions deux cent soixante dix-huit mille francs Cfa hors taxe. De cette avance, le gouvernement défunt n’a pas mis un seul copeck. Le refus du gouvernement d’honorer ses engagements est à la base du malheur des populations. La Banque, dans ses protocoles d’accord, suspend tous les paiements jusqu’au respect des engagements contractuels à la partie béninoise. C’est ça qui a entraîné la suspension et l’abandon des chantiers dont les travaux sont saucissonnés en sept lots.

Un pavé dans la mare du gouvernement

Face à la pression des populations devenues très exigeantes et au regard des travaux abandonnés, le maire de Dassa-Zoumè, Nicaise Kotchami Fagnon, ne sait plus où se donner la tête. « Je reçois au quotidien la pression des populations qui ne veulent pas comprendre et qui ne comprennent pas. Dans la tyrannie des urgences, elles se sentent abandonner et me posent la question de savoir si mon affaire de « Nouveau Départ » là, c’est ça. Je suis profondément choqué et je ne dors plus », a confié le maire. Entre le marteau et l’enclume, l’autorité communale monte au créneau pour demander au gouvernement de parer au plus pressé pour sauver les meubles quand on sait que Dassa-Zoumè a résisté devant l’ouragan du pouvoir Yayi en optant pour « la Rupture » lors de la dernière élection présidentielle. Aussi, le pèlerinage à la grotte mariale Notre Dame d’Arigbo de Dassa est imminent. Or, ces rues en chantier sont d’une importance capitale dans la réussite du pèlerinage. Ne pas alors achever les travaux avant ce rendez-vous religieux serait remercié la population de Dassa-Zoumè en monnaie de singe. « Donc, il urge que cette situation ne dure plus. Si nous nous taisons, nous serons complices de ça. C’est pour quoi, j’ai choisi de ne pas me taire. Ne pas me taire c’est de faire constater les problèmes et d’alerter pour que l’autorité puisse être avisée », a précisé Nicaise Fagnon. Selon lui, après deux mois de gestion du pouvoir d’Etat, les populations ne sentent pas encore les retombés de leur choix à la base. « Il va falloir que le ministre du Cadre de vie prenne ses responsabilités car, le cadre de vie à Dassa est accidenté. Ce n’est pas normal. » En dehors des ouvrages d’assainissement, le maire s’est aussi préoccupé de la santé de sa population. « L’hôpital de zone ne dispose pas de personnel en nombre suffisant. Il n’y a même pas d’ambulance pour ses évacuations sanitaires ni d’appareil d’échographie. C’est dramatique ! », s’est indigné l’élu local. Ce constat est général. « Cette situation n’est pas spécifique à Dassa-Zoumè. Mes autres collègues se plaignent aussi. Si l’on doit lutter contre la pauvreté, il faut changer la donne en s’appuyant sur la base », a-t-il recommandé. Par ailleurs, il a dénoncé le retard qu’accusent les subventions de l’Etat aux Communes. « Les mairies n’ont reçu aucun franc du pouvoir central depuis janvier ni pour le fonctionnement ni pour l’investissement. Ce que nous appelons généralement Fadec affecté ou non affecté. Nos communes ne peuvent pas continuer à être dans cette situation », a-t-il martelé.

Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou-Collines)

Actu Bénin

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2 COMMENTAIRES

  1. Il vient de faire 60 jours..vous voulez qu’il agisse dans la précipitation. non mr le maire prenez votre mal en patience. tout se fera dans les temps et dans les normes Courage à tous

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