A propos du débat sur les compétences:Et si l’opinion revoyait son jugement

A propos du débat sur les compétences:Et si l’opinion revoyait son jugement

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L’opinion publique béninoise est en train de changer à l’égard du chef de l’Etat dont les propos tenus sur les compétences au Bénin lors de sa rencontre avec François Hollande, le mardi 26 avril à l’Elysée, avaient suscité diverses réactions. Très tôt accueillis avec indignation, ses propos sont de plus en plus compris dans plusieurs milieux.

Le discours de Patrice Talon, à son eretour, a été déterminent.
Parler du Bénin et de son peuple vaillant n’est jamais chose aisée. Après les années Yayi au cours desquelles la promotion de la médiocrité a primé la chasse aux valeurs, le pays devrait reprendre son latin sous le régime de la Rupture. Dès sa prise de service, le chantre de la Rupture et du Nouveau départ a déclaré qu’il fera de la chasse aux compétences, sa politique au niveau de l’Administration. Tout le monde l’a applaudi en disant voilà ce qu’on attendait depuis des années. Une clameur s’est répandue partout et donnait lieu à une lueur d’espoir. De l’intérieur à l’étranger, les valeurs du pays ont reçu ce discours comme étant un appel auquel elles seront appelées à répondre. Patrice Talon savait où il allait et ce qu’il doit entreprendre pour faire décoller ce pays. Si son discours a fait surgir des jugements favorables, ceux-ci se sont soudainement retournés contre lui lorsqu’il a déclaré « Notre administration manque de compétences de façon criarde. Nous voudrions pouvoir compter sur la France pour nous accorder de la compétences tout de suite parce que le Bénin est aujourd’hui comme un désert de compétences ». Ces propos ont été suivis de jugements sévères et de virulentes critiques. D’abord à propos de la rencontre d’Abidjan, Patrice Talon a été traité dans l’opinion publique sans aucun ménagement, ni précaution. Des leaders d’opinion et une certaine élite ont eu un regard sévère sur une histoire de réconciliation qui n’en est pas vraiment une, entre Patrice Talon et son prédécesseur Yayi Boni. Leurs diverses opinions laissaient croire qu’il y a une sorte de compromission entre les deux anciens amis. Des figures de proue de la politique et de la société civile ont suggéré au nouveau chef de l’Etat d’éviter la compagnie de Yayi Boni qui n’a pas encore rengainé dans sa lutte contre sa personne. Ensuite, il y a eu la visite à l’Elysée, au cours de laquelle, Patrice Talon, devant François Hollande, a lâché que le Bénin est un désert de compétences. Beaucoup y ont vu de l’injure et du mépris à l’intelligentsia béninoise. Mais loin s’en faut. Telle n’est pas l’idée de l’homme connu pour son éloquence et la maîtrise de ses flots verbaux. Au détour d’un point de presse sur ses voyages, il a expliqué sa pensée, qui n’est que vérité. Il a touché en réalité la source de nos errances depuis les indépendances en passant par la révolution jusqu’à la démocratie. Bien que regorgeant d’intellectuels, bien que rempli de talents, revendiquant parfois d’être le quartier latin de l’Afrique, le Bénin n’a pas toutes les compétences qu’il faut pour tenir le pari du développement. Les compétences sont rares et la plupart sont déjà à la retraite, il faut en former d’autres. Voilà qui est clair. Chaque pays offre au monde ses mérites, et il y a longtemps que le Bénin ne figure plus parmi les meilleurs. Si ceux qui se sont jetés sur le président ne veulent pas l’admettre, c’est alors refuser de voir les choses avec objectivité et clairvoyance. Il faut qu’on se désillusionne.

F. N.

Actu Bénin

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