A propos de l’utilisation des anciennes cartes d’électeur:Théodore Holo ouvre la voie...

A propos de l’utilisation des anciennes cartes d’électeur:Théodore Holo ouvre la voie au désordre

0
PARTAGER

Coutumier des déclarations et prises de positions à polémique, Théodore Holo ne sait plus se tenir à distance de ses frasques, comme il vient de le démontrer au sujet des anciennes cartes d’électeur. Le président de la Cour constitutionnelle a confirmé sa décision Ep16-019 du 11 février 2016, autorisant l’utilisation de ces pièces pour la présidentielle du 06 mars prochain. Il a reconnu que les cartes ayant servi pour les élections communales et législatives de 2015 ont une validité de 10 ans. Pourquoi c’est aujourd’hui qu’il le dit après avoir laissé le Cos-Lépi gaspiller des milliards pour la fabrication de nouvelles cartes que tous les électeurs n’utiliseront pas pour voter ? Il y a lieu de conclure à des complicités évidentes pour des fins malsaines.

Le Président de la Cour constitutionnelle persiste et signe en disant que l’utilisation des anciennes cartes d’électeur est permise pour la présidentielle du 06 mars. Il a déclaré que, selon l’article 184 du code électoral, la carte d’électeur délivrée en 2015 a une validité de 10 ans. Théodore Holo reconnaît donc que les anciennes cartes sont valables mais a laissé le Cos-Lépi et le Cnt produire de nouvelles cartes. Il a laissé faire alors qu’il aurait dû, au début, empêcher la délivrance de ces cartes à ceux qui le possédaient et confiner le Cos-Lépi à concentrer ses efforts sur la situation de ceux qui n’en possèdent pas, en l’occurrence les Béninois vivant à l’étranger et les nouveaux majeurs. Ces deux catégories d’électeurs réunis, cela fait environ 400.000 électeurs. Théodore Holo estime que c’est une quantité négligeable par rapport aux 4.500.000 électeurs sur la liste électorale. Dans son argumentaire, il laisse croire qu’on ne peut pas reporter la date des élec-tions en cherchant à satisfaire 400.000 électeurs. Au mieux, on peut laisser de côté ces électeurs, pourvu que la date du 06 avril soit respectée. C’est son droit de faire respecter les délais constitutionnels. Mais beaucoup auraient préféré le voir faire injonction au Cos-Lépi, soit pour qu’il fabrique uniquement les cartes à ceux qui n’en n’avaient pas eues et ceux qui ont aujourd’hui l’âge de voter. Où était-il quand le Cos-Lépi décidait, avec le soutien du gouvernement, de reprendre les cartes qui ont servi aux législatives de 2015 que son institution a validées de même que la Cour suprême pour ce qui concerne les communales ? La fabrication de ces cartes qui avait fait couler beaucoup d’encre et de salive, faisant réagir le chef de l’Etat pour expliquer sans convaincre les diffi-cultés à financer les opérations conduites par l’équipe de Sacca Lafia, a absorbé les ressources publiques. Si le même gouvernement qu’hier, ne voulait pas donner les moyens accepte de financer la production de nouvelles cartes, alors que les anciennes sont toujours valides comme l’a reconnu le président de la Cour constitutionnelle, cela inquiète l’opinion publique et éveille des soupçons d’un complot au sommet. Le but poursuivi sera atteint si le cafouillage et la confusion planifiés jalonnent le processus. Tel est le constat aujourd’hui. Tout ceci au nez et à la barbe de la Cour constitutionnelle qui a du mal à mettre en con-fiance le peuple. Le Cos-Lépi de Augustin Ahouanvoèbla était de passage pour préparer ce cafouillage et cette confusion. Donnant suite à une requête de Joseph Gnonlonfoun alors président de la Céna, aux ordres de Yayi Boni, la Cour constitutionnelle dans une décision citée plus haut a prétendu des défaillances du Cos pour le décharger au profit du Cnt, dissout plus tôt. Cet organe prend le relais pour jouer les sapeurs-pompiers. Tout cela participe au complot. On a tout compris et les Béninois ne sont pas dupes. La Cour constitutionnelle joue pleinement sa partition et ouvre la voie au désordre. Sa décision va plus créer de problèmes qu’elle de-vrait en résoudre. Car, la difficulté est que dans la même aire opéra-tionnelle, des électeurs seront amenés à utiliser deux types de cartes. Dans l’Atlantique-Littoral par exemple, on autorisera ceux qui n’ont pas retrouvé leurs nouvelles cartes à utiliser les anciennes. Ce qui est curieux dans la déclaration du Président de la Cour constitutionnelle est que, dans le même temps où il rend valable l’usage des anciennes cartes, il laisse le Cnt continuer la production de nouvelles cartes. La difficulté est que le Cnt produira encore abondamment des cartes dans les aires où les électeurs ont déjà leurs anciennes cartes. Ce qui renforcera la possibilité d’utilisation de deux cartes, et donc la possibilité de fraudes massives. La Cour est dans un jeu flou. Comme on l’a souligné plus haut. Autre chose qui surprend dans la décision de Théodore Holo est qu’il banalise le suffrage des moins de 18 ans. « On ne va pas, pour moins de 1% du corps électoral, me semble-t-il, violer la constitu-tion pour qu’on aille au-delà du 6 mars ». Pour le Président de la Cour, 400.000 voix, correspond à moins d’1% du corps électoral. Mais, au lieu d’organiser ce cafouillage, la Cour aurait tout simplement demandé au Cnt de produire uniquement la Carte des moins de 18 ans et autoriser tous les autres à utiliser leurs anciennes cartes d’électeur. Cela aurait été plus rationnel. Ce qui est fait encourage la fraude massive.

Abdourhamane Touré

Actu Bénin

Commentaires

commentaires

Commentaires

commentaires

LAISSER UN COMMENTAIRE